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L' édito

Le téléchargement illégal de biens culturels détruit des emplois

Piratage versus chômage

| Changer la taille du texte Augmenter la taille du texteDiminuer la taille du texteSylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - Publié le 17.05.10

Télécharger de la musique illégalement ? Pas grave. Après tout, si quelques vieilles gloires gagnent un million de pépètes en moins par an, ça ne va pas les contraindre à dormir dans un carton. Sauf que tout travail (y compris artistique) mérite salaire (y compris pour les vieilles gloires). En plus, c'est sans compter sur les petites mains qui entourent la star et morflent en silence.

 

Pourquoi on vous parle de ça aujourd'hui ? Pourquoi souffler les braises sur la bonne vieille polémique de la liberté du Net ? Parce qu'à l'occasion des actuelles discussions sur le renforcement de la propriété intellectuelle à Bruxelles, on a découvert de drôles de chiffres. Ils sortent tout droit d'un rapport publié ces temps-ci par deux économistes français qui ont ausculté les dégâts induits par le piratage de musique, d'images et de logiciels tout au long de l'année 2008. Accrochez-vous à votre logiciel d'émulation : selon les deux chercheurs, entre 600 000 et 1,2 million de jobs vont disparaître à l'horizon 2015.

 

C'est beaucoup. Et du coup on réalise que si Lady Gaga ne vend plus une chanson, si James Cameron ne fait plus une entrée en salle, il n'y aura pas qu'eux au Pôle emploi.

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Ils y entraîneront des techniciens, des commerciaux, des standardistes, des comptables des marketeurs et bien d'autres corps de métiers encore.

 

Pareil pour n'importe quel gros éditeur de logiciel. Sous prétexte que le boss de SAP empoche des salaires annuels indécents, on  télécharge ses produits la conscience tranquille, en oubliant que derrière le PDG, se cache une floppée de salariés qui n'a rien demandé à aucun pirate. Autant voler une Renault Laguna sur le parking derrière chez soi, sous prétexte que Carlos Ghosn et sa famille sont à l'abri du besoin pour plusieurs générations. En oubliant la centaine de milliers de personnes qui vivent grâce aux bagnoles du losange.

 

Evidemment, on nous rétorquera que le coup du chantage à l'emploi est une méthode nauséabonde. Soit. Alors envisageons les choses sous un angle purement créatif. Si le téléchargement pirate continue sur sa lancée, quelle maison de disque, quel producteur hollywoodien, quel éditeur de logiciels, prendra le risque de mettre en chantier un disque, un film ou un software ?

 

Ceux qui prônent aujourd'hui la totale liberté de téléchargement des œuvres seront touchés au premier chef et n'auront plus que quelques pauvres productions sonores et amateurs ou quelques longs métrages tournés avec un caméscope des familles. C'est un choix, mais c'est celui de la paupérisation culturelle et économique.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 17 mai 2010

Un petit clic déclenche une réaction en chaîne

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr

 

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    Commentaires (47)

    tth -

    26 août 2010

    Oui, le chantage à l'emploi est vraiment une méthode nauséabonde.

    azorni -

    17 août 2010

    voui voui c'est bien de ce texte que je parlais. Je croyais avoir mis un lien mais je ne le vois pas. De toute façon il suffit de taper '« pétition marchand chandelles Bastiat » dans tout bin moteur de recherche pour avoir le texte complet.

    Sofia -

    17 août 2010

    @ Azorni : Est-ce le texte de Bastiat dont vous parlez http://schroffenstein.free.fr/public/philo/bastiat.pdf ? Comme vous y allez... Dans son drôlissime pamphlet, Bastiat dénonce en effet les intérêts particuliers qui se cachent derrière des revendications présentées au nom de l’intérêt général. Ici, l'intérêt général, c'est la diversité culturelle. A mon sens, bien plus noble que l'appât du gain des marchands de chandelle. Mais votre comparaison était stimulante. Merci !

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