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L' édito

Taxe emploi seniors

Qui a peur de la « taxe senior » ?

| Changer la taille du texte Augmenter la taille du texteDiminuer la taille du texteSylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - Publié le 22.09.08

À peine la taxe pique-nique enterrée, voilà qu’une autre surgit. Sauf que la nouvelle venue ne risque pas de soulever des cris d’orfraie de la gauche, du centre, ni même d’une bonne partie de la droite. Car celle qui risque très vite d’être baptisée « taxe senior » est assez peu critiquable. On a beau la retourner dans tous les sens, décortiquer le projet de loi qui devrait l’instaurer, on ne trouve pas grand-chose à lui reprocher, puisqu’elle va dans le bon sens. Celui qui consiste à sortir enfin de la sinistre situation actuelle.

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Mise en place le 1er janvier 2010, elle soulagera les entreprises de 1 % du montant total de leurs salaires, si elles n’ont pas conclu un accord ou proposé un plan d'actions en faveur de l'emploi des seniors. Un plan qui ne devrait pas se contenter d’enrober un vide sidéral avec une prose verbeuse. Car il devra être chiffré, et contenir notamment les modalités de formation des seniors présents dans l’entreprise et le nombre de quinquas qu’il convient d’embaucher.

En cas de refus, la somme à verser  n’est pas négligeable. À titre d’exemple, pour une entreprise de 1 000 salariés gagnant en moyenne 1 555 euros bruts par mois (le salaire médian français), et sans treizième mois, car on n’est pas chez Nabab & Nabab, l’amende annuelle atteindrait 187 000 euros. Soit l’équivalent de 7 recrutements aux mêmes conditions de rémunération. Si l'entreprise persiste, elle devra verser cette somme à la Caisse nationale d'assurance vieillesse.

Évidemment, tout ce bon argent en moins dans la cagnotte de l’entreprise devrait faire réfléchir quelques DRH qui, jusqu’ici, jetaient un œil plus que dédaigneux sur les CV des cadres seniors Lorsqu’ils daignaient les lire. Les soupçonnant de hurler à la traîtrise gouvernementale, à l’empêchement de recruter du jeunot en rond, et au pistolet sur la tempe, nous nous sommes empressés d’aller leur demander leur avis, histoire de vérifier nos préjugés. Et là, surprise, le discours dominant est à l’inverse de celui que l’on s’attendait à entendre.

La taxe seniors ? « Une excellente nouvelle » pour les pros du recrutement. Ebahi, on leur demande pourquoi. « Car j’aurais enfin un bâton pour faire accepter à mon boss l’embauche de seniors dont il ne veut pas entendre parler », explique cette responsable. Même son de cloche des pros des cabinets de recrutement et du travail temporaire : « C’est peut-être la fin d’un gâchis de compétences invraisemblable. Nous n’avons jamais cessé de présenter des candidats quinquas à nos clients mais nous devenions fatalistes quant à leur sort. »  

Ah d’accord, si seulement 38 % des plus de 55 ans sont au boulot, ce n’est pas de la faute des recruteurs, mais de celle de leurs patrons. Manière aisée d’ouvrir le parapluie des responsabilités. Mais ils s’en défendent. « Ça fait un bout de temps que l’on sait que les seniors ont changé. Ils ne sont pas arrogants comme on le dit trop souvent, et comme le pensent nos directions générales. Ils sont très humbles au contraire, et beaucoup ne sont pas plus chers que des cadres plus jeunes ». Voilà donc la clé de ce retour d'affection pour les cadres quinquas : la docilité et le rabais. Évidemment, on aurait préféré qu’ils les choisissent pour leurs compétences, leur expérience et leur implication. Mais entre une catastrophe nationale qui dure depuis trop longtemps et un moindre mal, nous choisirons la seconde option.

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Commentaires (50)

Yves -

04 novembre 2008

A 54 ans je suis au chômage depuis un an moi aussi. Je suis prêt à accepter des sacrifices mais rien n'y fait... je commence à désespérer...

DOMINI -

04 novembre 2008

oui scarabée, je suis confrontée à la même situation et je suis lasse d'entendre dire que je suis surqualifiée comme si c'était une tare, une mauvaise maladie. Que l'on en soit à imaginer une taxe senior parce que nos entreprises ne sont pas capables du moindre bon sens de base est à désespérer de ce pays qui pourtant ne se prive pas de donner des leçons de morale aux autres (j'ai 25 ans d'expatriation) ! Mais voilà nous ne faisons que des calculs de "bonnes femmes" et nous n'avons pas compris que trop cher, c'est trop cher même pour de la grande qualité. Heureusement qu'il y a les enquêtes de cadremploi pour nous rassurer sur nos capacités intellectuelles d'analyse de seniors pas du tout hors d'usage.

MASSAT -

04 novembre 2008

Effectivement, difficile de trouver du travail pour les gens de 45 ans et plus. Premier handicap sérieux et discriminatoire: L'âge. Alors, que faire!

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