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L' édito

Erreurs de candidats

Recruteurs au bord de la crise de nerfs

| Changer la taille du texte Augmenter la taille du texteDiminuer la taille du texteSylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - Publié le 21.09.09

Vous savez comme on est chez Cadremploi. A force de mettre en ligne des conseils pour un meilleur CV, une lettre de motivation au top et un entretien qui dépote, on se dit que tous les chercheurs d'emploi sont devenus des super pros de la candidature. Mais voilà que, depuis quelque temps, des recruteurs nous alertent, dépités par l'inflation de bourdes commises par les candidats. Intéressés, on se dit qu'on en a loupé quelques-unes, qu'il faut vous avertir d'urgence pour que vous puissiez éviter ces nouvelles bévues.

Sauf que, celles que dénoncent nos recruteurs au bord de la crise de nerfs, n'ont strictement rien de neuf : ce sont de bonnes vieilles erreurs grossières que, naïfs, on croyait enterrées aussi profondément que la croissance économique.

Prenez les fautes d'orthographe. C'est acquis : à force de le répéter, pas une candidature ne part sans être triplement relue et corrigée. Tout ça, c'est au pays où tout le monde il est grand, blond, idéalement proportionné avec un QI de 160 et pas une carie. Dans la vraie vie, ça donne un tas de mails qui « vous sollisite pour ce post », qui affirment la « polivalence » de son auteur ou « son profesionalisme ». Et qui se font retoquer sans espoir d'aller plus avant. « Faire des fautes, ce n'est pas grave. C'est ne pas se faire relire qui l'est. De nombreux candidats trouvent cette règle désuète.

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Sauf qu'elle reste un critère de professionnalisme.  Cela montre qu'un candidat n'est pas  je-m'en-foutiste par rapport à des règles », avertissent les recruteurs.

Autre sujet d'agacement : les e-mailings.  Certains candidats veulent gagner du temps en  envoyant leur CV à tout ce qu'un secteur compte de multinationales, PME, TPE et officines off-shore. Rien de plus vexant, évidemment, pour un employeur, que de s'apercevoir qu'on lui a balancé un CV avec la même attention qu'un vulgaire spam. « Ce sont des candidatures de touristes. Comment avoir envie de recruter quelqu'un qui postule par hasard ? »

Et puis, il y a les candidats qui passent ce premier obstacle et se ratatinent dès le suivant : le coup de fil du recruteur. Parfois, ce dernier tombe sur un butor qui, sans même laisser son interlocuteur lui présenter le poste, le coupe d'un fort gracieux « c'est payé combien ? ». Il y a cet autre candidat, en lice pour un poste de commercial, que le chargé de recrutement appelle à 19 heures, parce qu'il n'arrive pas à le joindre dans la journée. A cette heure avancée, le futur vendeur ne se démonte pas, lâchant à l'homme des RH « ah ben non, là je peux pas vous parler, je suis en train de laver mon chien ». Le toilettage canin est en plein essor, il est vrai.

Passons sur les gaffes accumulées au cours des entretiens. Du retard sans justification, au candidat venu en jogging (sûrement un ami du toiletteur qui en profite pour promener son chien), c'est un florilège de bourdes que les recruteurs désespèrent de voir réapparaître en si grand nombre. Des maladresses que nous signalons dans chaque article sur la meilleure façon de candidater.

Alors, forcément on s'interroge : qui suis-je, où vais-je et à quoi sers-je ? Mais en réfléchissant (un peu) et en questionnant les recruteurs (beaucoup), on s'aperçoit que ces bourdes concernent un nouveau type de candidats, poussé sur le marché du travail par la crise actuelle.

C'est un salarié en poste depuis très longtemps, qui a totalement perdu l'habitude et l'entraînement nécessaires à une recherche d'emploi efficace. Les temps qui courent et la situation de son entreprise l'entraînent à tenter sa chance et à tomber dans tous les pièges. On ne peut que l'encourager à consulter nos conseils. Quant à tous les autres, briscards du CV de la lettre de motivation et de l'entretien, qu'ils n'hésitent pas à y retourner. Et à réagir ci-dessous.

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Commentaires (77)

HervéM -

29 octobre 2010

l'article s'appelle "erreurs de candidats", alors voici quelques "erreurs de recruteurs" --------------------------- Allez, un exemple croustillant pour alimenter le débat -combat devrais-je dire- entre le "professionnalisme" des candidats et le professionnalisme des recruteurs. 1er entretien pour un poste de middle manager très très bien payé dans une société de distribution ou la présentation au client est importante, de 2000 personnes. La personne recevant le candidat est membre du comité de direction et recrute l'un de ses collaborateurs directs. Le directeur reçoit le candidat en jean délavé, baskets converse et chemisette écossaise des années 70 à manches courtes... 1ere question : pourquoi êtes vous venu en cravate ? Le candidat brillant passe le filtre, 2eme entretien avec un autre directeur membre du comité de direction et DG d'une filiale du groupe. Le candidat a remis sa cravate ... le directeur son pull camionneur, son jean bleu trop grand et ses baskets cyrillus. 1ere phrase : "je n'ai pas trop le temps, je vous propose de répondre à un questionnaire de 15 mn, faites des réponses courtes svp". Le brillant candidat encore passe le filtre, il est en finale, en short list... le candidat préfère ne plus y aller. --------------------------------------------- Un autre exemple ? Alleeeeez !! un candidat est chassé par un cabinet "spécialisé en chasse de haut potentiel", il a un poste en or pour le candidat, d'ailleurs il en a même 10 pour créer complètement une "dream team" pour son client, grande entreprise européenne de 4500 personnes, pour exploser la concurrence sur un métier très en retard dans le groupe. Les salaires vont avec évidemment, il faut faire vite !!! Le recruteur se déplace en province une journée seulement, le rdv doit être fait dans 2 jours absolument et ne doit pas durer plus d'une heure. Le candidat précise que dans la liste des 10 postes, il n'y en a qu'un seul qui pourrait être susceptible de l'intéresser et précise sa rem actuelle. "Viens quand même, tu vas voir c'est géniaaaal !". Le candidat se renseigne, épluche les 10 postes dispo également sur internet, connait déjà très bien l'entreprise par ailleurs. Le candidat y va, est reçu rapidos, le recruteur lui tend 2 formats A4 : la description sommaire de l'entreprise et la fiche de poste sur lequel il voit le candidat parfaitement. Le chasseur de tête s'absente 5mn le temps que le candidat lise les documents qu'il connait déjà par coeur, précisant également qu'il est très pressé car les rdv candidats s'enchainent. Le poste proposé ? un des postes refusés explicitement par téléphone, avec une rem 25% inférieure à celle actuellement perçue par le candidat... Le recruteur revient, "ca vous plait ?" "qu'en pensez-vous ?" le candidat : "C'est une caméra cachée ? Au revoir monsieur, vous allez pouvoir gagner une heure de votre temps... et moi perdre une demi journée de RTT" -------------------------------------------- Encore un autre ? Après une candidature spontanée, le directeur de département de ce géant international reçoit le candidat pour un entretien, sans préciser le poste qu'il perçoit pour le candidat. Le candidat se déplace, le directeur explique l'organisation du groupe pendant une heure et demie, puis étudie le parcours du candidat qu'il trouve excellent. S'en suivent de nombreuses questions très pointues sur l'un des domaines de compétence du candidat, qui y répond brillament. A la fin de l'entretien, le directeur précise "je n'ai pas de poste à pourvoir pour le moment, je ne vous rappellerai pas". Le candidat "alors quel était l'objectif de cet entretien ?".... "nous lançons une activité proche de vos compétences et nous voulions avoir des informations de la part d'un expert". Le candidat : "c'est bête, j'aurais dû vous envoyer un bon de commande pour une prestation de consulting !" -------------------------------------------- Un autre ? toujours plus fort le recruteur Candidature spontanée, puis entretien mi figue mi raisin pour le candidat. Il sait que cela ne marchera pas dans ce géant européen de la distribution, l'un des plus gros employeurs francais. la semaine suivante, email reçu "suite à votre entretien..."... L'entreprise a la politesse d'écarter le candidat par email, ce qu'il faut souligner car cela dépasse largement le traditionnel robot "sans réponse de notre part sous 3 semaines, veuillez considérer blabla blabla blabla". Le problème ? Madame "la stagiaire ressources humaines" ne connait pas le champ caché d'outlook... le candidat est content d'apprendre qu'il y a eu 73 personnes ayant échoué au 1er filtre RH et que sa collègue du même étage avait postulé également...La remerciant pour l'information et la réponse, même négative, la stagiaire ressources humaines n'a jamais répondu... peut être ne faisait-elle plus partie des effectifs ? -------------------------------------------- Une dernière pour la route ! Le chasseur de tête appelle le candidat pour un poste fort intéressant au sein de ce géant mondial. Le candidat est emballé, le recruteur aussi. l'entretien dure plus d'une heure, "voyons nous rapidement !" Le candidat se déplace, après 3 mn, le recruteur pense que le candidat est trop fort et trop expérimenté pour le poste, il ressemble trop a son prédecesseur qui est parti trop rapidement. Le candidat se défend, explique sa maitrise du sujet, jure qu'il vient si une proposition lui est faite, que c'est son rêve d'évolution professionnelle. Le recruteur semble changer d'avis au fil des minutes, l'entretien dure 2 heures, et la conclusion ? "vous êtes un candidat excellent, mais je pense que vous êtes trop fort, dommage !"

JT -

03 octobre 2010

A trop vouloir rechercher le mouton à cinq pattes, on fini par ce retrouver le bec dans l'eau ou tout simplement à décourager les futurs candidats. Ce petit jeux cynique ne débouche à fortiori sur rien. On n'est loin d'avoir universellement les 160 de QI mentionné dans l'article, et faire une faute d'orthographe dans une candidature ne devrait pas ulcérer nos chers recruteurs. A la fin du chemin du désespoir et de la non reprise économique, il y aura une triste réalité : les grands donneurs de leçon de morale et de conseils en tout genre se retrouveront eux aussi dans des situations inconfortables. Pour justifier une fonction de DRH ou de recruteur, il faudra que l'emploi perdure. N'oubliez pas qu'en méprisant de plus en plus les candidats ou les employés, vous alimentez la bulle du chômage. Alors pourquoi garder de tels poste si une société n'embauche plus ou embauche ailleurs... Votre fonction pourrait, elle aussi, se retrouver en délocalisation vers les pays de l'est ou Asiatiques. Faudra faire preuve d'intelligence et développer un QI bien supérieur à 160 pour apprendre le mandarin.

Iris -

17 mars 2010

C'est tellement VRAI ! Ils portent leur part de la croix du recrutement. Et puis franchement, ces méthodes vieillottes de cv/lm de recrutement, personne ne les trouve désuètes ??? Sincèrement, il serait temps de changer un peu tout ça non !

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