Le Figaro se penche sur une tendance qui commence à s’imposer dans la population cadre, à savoir la recherche d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
52 % des jeunes cadres supérieurs considèrent en effet manquer de temps pour s’occuper de leurs enfants. Les plus volontaires, à l’instar de Vincent, 35 ans, responsable du contrôle de gestion sociale chez Suez, y parviennent. Ce dernier explique comment il procède pour quitter plus tôt son bureau : « Je compense en prenant une pause déjeuner très courte. Si besoin est je travaille à distance. A mon embauche, j’ai prévenu que je ne ferai pas une croix sur les enfants. Ma carrière n’en a pas souffert. Le profil de mon poste et ma rémunération ont évolué dans la moyenne de ce qui est pratiqué au siège ».
Selon une étude menée par le cabinet de conseil Equilibres, ces cadres soucieux de leur vie de famille ne sont pas majoritaires : ils représentent 33 % des cadres interrogés. Mais les cadres à l’ancienne, ceux pour qui les tâches parentales ne sont pas une priorité, sont encore moins nombreux (15 %) et constituent « une espèce en voie de disparition », juge Claire Beffa, auteur de l’étude. Les « équilibristes », qui tentent de jongler entre leur travail et leur famille (arriver tôt et partir tôt ou arriver tard et partir tard), sont les plus nombreux, mais « la plupart se heurtent à l’incompréhension de leurs aînés, qui vivent depuis 30 ans dans un modèle de couple traditionnel et passent peu de temps avec leurs enfants », explique Claire Beffa. D’où des frictions inévitables entre les deux populations.
En tout cas, les grandes entreprises commencent à s’adapter à cette nouvelle donne, la culture du présentéisme ayant tendance à disparaître, chez les femmes comme chez les hommes. De nombreux cadres accepteraient d’ailleurs d’avoir moins de vacances, avec comme contrepartie le loisir de quitter plus tôt le bureau, vers 17h.
Le Figaro signale pour finir qu’une charte de la parentalité sera présentée fin mars par Xavier Bertrand, ministre du Travail. L’idée forte est la non-discrimination dans l’évolution professionnelle des salariés parents et l’évolution des stéréotypes.
(Le Figaro, p. 10, Agnès Leclair, 14/02/08 ; Aujourd’hui en France, p. 14, Florence Deguen, 15/02/2008)

