Afin de corriger le faible taux d’emploi des seniors, Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’Emploi, et le ministre du Travail, Xavier Bertrand, ont élaboré une série de bonnes pratiques destinées aux entreprises. Seuls 38 % des plus de 55 ans travaillent encore en France, un taux qui figure parmi les plus bas de l’Union européenne. Dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale, une disposition prévoit d’instaurer d’ici à 2010 une pénalité pour les entreprises qui n’auront pas de politique active en faveur de l’emploi des seniors. Le gouvernement va guider les entreprises en recensant les meilleurs pratiques dans dix sociétés. Leur action sera auditée par le cabinet Vigeo, présidé par Nicole Notat. Les syndicats sont sceptiques quant à l’efficacité de ce dispositif, estimant qu’en cas de difficultés, les entreprises chercheront quoi qu’il arrive à faire partir –discrètement– leurs salariés les plus âgés. Les dix entreprises qui ont accepté d’être prises comme modèles de référence sont Adecco, Areva, AXA, Cofidis, EADS, L’Oréal, La Poste, O2, Siemens et Vinci. Ces entreprises doivent gérer des situations de départs variées, avec des taux soit forts, soit faibles de salariés de plus de 50 ans en leur sein. Les Échos expliquent dans un encadré que les mises à la retraite d’office ont été longtemps défendues fermement par l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM). La Fédération avait notamment obtenu un amendement de dernière minute, en 2006, reportant à 2013 la suppression de cette disposition. Le gouvernement de Dominique de Villepin avait alors voulu mettre fin aux accords de branches autorisant des départs en retraite précoces, liés à des indemnités exonérées de charges. En 2007, François Fillon était revenu sur ce report, profitant, selon Les Échos, de l’affaiblissement de l’UIMM suite à l’affaire des retraits suspects. Au Medef également, le report à 70 ans de la mise à la retraite d’office suscite des inquiétudes. Laurence Parisot est restée discrète mais les membres du bureau ont manifesté leur farouche opposition au projet. Les personnalités présentes à la réunion du bureau du Medef sur le sujet auraient été particulièrement surprises, dans la foulée, de lire un communiqué de Laurence Parisot déclarant que le projet gouvernemental représentait « un premier pas historique, une occasion de faire changer le regard de tout le monde sur le travail des seniors ».
(Les Échos, p1-4, Vincent Collen, Etienne Lefebvre et C.F., 05/10/2008)

