Certes, il y a Paris. Mais tous les postes décisionnaires ne sont plus réservés à la capitale. Pour une carrière aux manettes d'une société japonaise ou pour développer les services commerciaux d'un grand groupe français, Rhônes-Alpes et Auvergne sont les nouveaux eldorados des cadres.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La région Rhône-Alpes comptent 1488 sièges sociaux d'entreprises régionales de plus de 100 salariés. Parmi elles, 222 dépassent les 500 salariés. Côté Auvergnat, c'est plus de 30 000 personnes qui travaillent pour l'une des 40 entreprises ayant son siège social dans la région.
Des atouts régionaux
Car nos régions ne manquent pas d'attraits. « C'est moins cher pour une entreprise de louer ou d'acheter des bureaux en région qu'à Paris, observe Jacques de Chilly, directeur exécutif de l'Aderly (Agence pour le Développement Economique de la Région Lyonnaise).
Publicité :
D'autre part la qualité de vie des salariés rentre désormais en compte : quand vos collaborateurs n'ont pas deux heures de transport en commun le matin, ils sont souvent plus disponibles et compétitifs. » Un bien être du salarié également revendiqué en Auvergne, où 50 % des actifs sont basés à moins de 9 km de leur lieu de travail.
Certaines fonctions de siège uniquement
Mais bien au delà du simple aspect qualitatif, la région offre aussi de véritables possibilités d'évolution. « Avec un bassin d'emploi de 2,5 millions d'habitants entre Lyon et Grenoble, les cadres hésitent moins à travailler en Rhône-Alpes : ils savent qu'ils pourront évoluer vers d'autres entreprises », reprend Jacques de Chilly. De Renault trucks à Capgemini, des laboratoires Vichy à Dunlop, d'EDF à la SNCF, tous les secteurs d'activité sont représentés en Rhône-Alpes comme en Auvergne. « Néanmoins, la région attire avant tout des « fonctions » de siège et non le siège entier, tempère le directeur exécutif de l'Aderly. Généralement, les pools de commandement, de communication et de marketing reste près du pouvoir et des médias, en Ile-de-France. Et ce sont les DRH, les services informatiques et commerciaux qui migrent en région. »
Tissus industriel important
Quoi qu'il en soit, quelques milliers d'emplois sont chaque année générés par l'activité des sièges sociaux. Chez Michelin, par exemple, l'entreprise auvergnate emblématique, on a continué à embaucher même pendant la crise. Et 330 cadres devraient à nouveau être recrutés en 2010. Pour la plupart à Clermont-Ferrand. « L'objectif est de réaffirmer le poids de notre navire amiral auvergnat, explique-t-on chez Michelin. Il est hors de question pour nous d'envisager un déménagement. »
Principal intérêt pour le spécialiste du pneumatique : l'implantation de ses sites industriels à proximité. « D'une manière général, beaucoup d'entreprises choisissent de se rapprocher de leurs unités de fabrication dans la région, remarque également Jacques de Chilly à Lyon. D'autant plus que nous bénéficions d'un tissu de PMI/PME et de sous-traitants qui ne déplait pas aux grandes sociétés. » En Rhône-Alpes, 150 000 entreprises ont été créées entre 2002 et 2006.
2 500 entreprises étrangères en Rhône Alpes
Un dynamisme qui plait d'autant plus aux entreprises étrangères. « Paradoxalement, il est plus facile de convaincre une société américaine ou japonaise de s'implanter à Lyon qu'une société française, note Jacques de Chilly. Sans doute parce qu'elles n'ont pas cette mentalité très française de rester près de la capitale. » Sans doute aussi parce que l'Europe a brouillé les repères. Aujourd'hui, la région Rhône-Alpes se situent au carrefour de l'Europe du Nord et de l'Axe méditerranéen. Le développement des réseaux autoroutiers, ferroviaires et aéronautiques ont également ouvert les perspectives tant en Auvergne qu'en Rhône-Alpes. Résultat : 2500 entreprises à capitaux étrangers sont présentes en Rhône-Alpes et pas moins de 13,3 % des salariés français travaillant pour des sociétés internationales vivent dans la région.
Attraction métropolitaine
Reste que cette attractivité est encore et avant tout concentrée dans les zones métropolitaines. Près de la moitié des sièges sociaux auvergnats sont concentrés à Clermont Ferrand. En Rhône-Alpes, c'est 68 % des grandes entreprises qui sont répartis entre Lyon, Grenoble et Saint-Etienne. La décentralisation avance, mais à son rythme.

S'informer sur son marché