Dans la morosité ambiante, ils pourraient peut-être nous sauver. « Ils » ? Les ingénieurs en Recherche et Développement... En période de crise, c'est sur leurs innovations que comptent les entreprises. Car ce sont eux qui peuvent inventer les marchés de demain. Les marchés et les métiers.
On vous le dit partout et tout le temps. C'est la crise. La Crise, avec un grand C. Celle qui fait se recroqueviller les entreprises sur leurs effectifs et les salariés sur leur poste. Pourtant, dans ce triste tableau, certains s'en sortent un peu mieux que d'autres. « S'il y a effectivement une spécialité qui résiste par rapport aux autres, c'est l'ingénierie en Recherche et Développement, observe Charles Maitenaz, directeur de la division Ingénieurs et Techniciens de Michael Page. Dans les secteurs fortement impactés, comme l'automobile, c'est même la seule population protégée, tant les entreprises sont persuadées que la sortie de crise passe par l'innovation et la recherche. »
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Obligés de faire autrement
Des entreprises qui y croient au point d'engager actuellement des stratégies de recrutements ou des plans de renforcement d'effectifs dans la R&D. « C'est toujours en période de crise que les managers se disent qu'il faut faire autrement, explique François Blin, délégué général du Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France (CNISF). Ils essaient de nouvelles technologies pour faire mieux et moins cher et mise complètement sur l'innovation. »
Des étudiants très prisés
Un optimisme partagé par Eric Filiol. Cet ancien militaire est désormais directeur du département Recherche et développement industriel de l'Ecole supérieure d'informatique, électronique, automatique (ESIEA). Un département devenu depuis un an et demi un des moteurs de l'établissement. « 100 % de nos étudiants trouvent du travail à la sortie de leur formation. Certains ont déjà deux à trois propositions d'embauche avant même d'avoir entamé leur dernière année. » Pour lui, pas de doute : « L'innovation est la solution à la crise. Car c'est elle qui invente les marchés de demain. Et derrière les marchés, les emplois. »
Des métiers qui n'ont pas encore de nom
Même avis pour François Blin à la CNISF : « Dans le développement durable, par exemple, l'avenir est encore dans la R&D. Et l'ensemble des métiers techniques et scientifiques va permettre le développement de nouvelles branches. Des métiers existeront dans 15 ans dont nous ne connaissons pas encore le nom. »
La crise, une poussée de fièvre nécessaire
Et si la crise était même la meilleure amie des ingénieurs R&D ? « C'est vrai que les grandes avancées ont toujours eu lieu en temps de crise, analyse Eric Filiol. Ce sont des poussées de fièvre, des impacts nécessaires pour que les choses avancent. » Jugement légèrement tempéré par Charles Maitenaz : « Les crises sont surtout des tournants importants qui permettent de passer des étapes dans l'innovation. »
Développer les start-up
Mais les étapes restent encore nombreuses. Au CNISF, où un courrier a été rédigé à l'intention de Patrick Devedjian pour formuler de nouvelles solutions à la relance, on en sait quelque chose. « La meilleure solution est encore d'encourager à l'entrepreneuriat, affirme François Blin. Car c'est aussi par là que passent les innovations. » Alors, tous à vos start-up... Et que passe la crise.

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