3 millions de français proches du burn out
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3 millions de français proches du burn out


Le taux est phénoménal : 12,6% de la population active française est menacée par le burn out, selon une étude mené par le cabinet Technologia, spécialisé dans la souffrance au travail. 3,2 millions de salariés et indépendants français seraient donc exposés au phénomène. Cette maladie, difficilement reconnue comme telle, conduit à un épuisement total après un travail excessif et compulsif. Pour déterminer ce taux alarmant de pré burn out, le cabinet a posé quelques questions à un échantillon représentatif de 1000 actifs*. Des questions pas toujours évidentes. « Vous sentez-vous épuisé à la fin d’une journée de travail ? », ou « vous sentez vous fatigué lorsque vous vous levez le matin et que vous avez à affronter une journée de travail ? » permettent des réponses simples. En revanche, que répondre à celle-ci ? «Vous sentez-vous émotionnellement vidé par votre travail ? ». Quoi qu’il en soit, les sondés s’y sont soumis et ont permis notamment d'observer que les catégories socioprofessionnelles les plus exposées ne sont pas toujours celles qu'on imagine.

Cadres et agriculteurs sont plus exposés

Stress, pression, objectifs inatteignables : ce sont des termes généralement accolés à la panoplie des cols blancs. Et qui sont autant d’éléments qui peuvent favoriser le burn out. Pourtant, selon l’étude Technologia, les cadres ne seraient les meilleurs candidats à cette pathologie. Les agriculteurs les devancent. 24% d’entre eux souffrent des effets (selon la définition de l'étude) d’un travail excessif et compulsif. En second, les indépendants (artisans, commerçants et chefs d’entreprise) avouent en être victimes, pour 20% d’entre eux. Les cadres arrivent en troisième position avec 19%. Devant les employés, les ouvriers, et les professions intermédiaires qui ne sont, respectivement "que" 10%, 7% et 13%, dans ce cas. Ce qui est déjà largement excessif.

  

Source : Technologia.

Reste qu’un sondage n’est pas une étude clinique. Et celui-là ne suffira pas à améliorer sa reconnaissance par les organismes publics. Mais il peut servir d’alerte et c’est le but visé.

Burn out : un appel à signature. Dans le cadre de la publication de cette étude, Technologia lance une pétition, accessible via le site appel-burnout.fr, en lien avec des professionnels de la médecine du travail, de la santé mentale, de la prévention des risques professionnels et des ressources humaines. Cette dernière demande à ce que la Sécurité sociale reconnaisse le burn out comme une maladie professionnelle selon trois niveaux de qualification : la dépression d’épuisement, l’état de stress répété conduisant à une situation traumatique et le trouble d’anxiété généralisée. Elle demande également une meilleure prise en charge des salariés touchés ainsi qu'un système de malus financier pour les entreprises les plus négligentes à l'égard de leurs salariés. M.R.

  

(1) l’étude a été réalisée en ligne du 30 juillet au 20 août 2013 auprès d'un échantillon de 1000 individus représentatifs de la population active occupée française, à partir du panel propriétaire de Survey Sampling International. Elle a été menée avec la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : genre, âge, profession et catégorie socioprofessionnelle, secteur économique, et type d’unité urbaine.

Michel Holtz © Cadremploi.fr

 



Commentaires

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Vos réactions
  • Emmalee
    Choquée par les commentaires axés sur l anglicisme ou l utilisation des termes forts comme burn out , plutôt que de parler de la souffrance au travail . C est pathetique. Peu importe. A Québec l anglais et français se mêlent en harmonie , faut sortir de votre trou....un peu mais pas trop.

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  • Marianne L.
    Est-il vraiment judicieux que les risques psycho-sociaux et leurs conséquences soient reconnus en maladie professionnelle ?
    Ne serait-ce pas, au final, une façon de se décharger sur la sécurité sociale, des conséquences parfois catastrophiques des méthodes de management ou organisationnelles employées en entreprise ?
    Cela ne revient-il pas au final à payer une taxe (le taux de charge étant annexé au nombre d'AT/MP reconnus) pour pouvoir continuer à maltraiter les salariés ?
    Il me semblerait intéressant d'un débattre...
    Après tout, la reconnaissance en MP de problèmes de santé physiques des salariés effectuant des travaux pénibles ne provoque pas toujours une prise de conscience chez l'employeur, ni forcément une volonté de prévenir les risques...
    Ainsi, la reconnaissance en MP pourra-t-elle changer la done ?

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  • Steph021
    J'ai subit un burnous, ou surmenage professionnel aigu, il y a moins de 6 mois. Une situation de travail devenue oppressante tous les jours, mais á laquelle je n'ai pas suffisamment portée attention, pris par la charge de mes responsabilités quotidiennes. Je vais mieux même si je suis toujours en traitement, mais á quel prix : j'en ai perdu mon travail. Ce que je récents le plus est le manque de reconnaissance de cette maladie. Même si le traitement de la dépression qui m'a anéantie et le suivi par mon excellente médecin traitant sont pris en charge, il reste à ma charge le suivi hebdomadaire par un psychologue et toutes les démarches administratives et judiciaires pour faire reconnaître l'erreur de mon ex entreprise. Et c'est un parcours lourd et épuisant, surtout dans la situation de faiblesse psychologique dans laquelle je suis plongé. J'étais un cadre dynamique, travailleur, passionné et apprécié de mes collaborateurs et subalternes. Je suis aujourd'hui démotivé et appréhende de retrouver du travail dans les mêmes conditions. C'est très dur et éprouvant, surtout lorsque tout est disponible pour faire valoir une reconnaissance comme maladie professionnelle (médecin du travail bien au courant de cette situation, malheureusement pas isolée). Alors OUI pour une reconnaissance de cette maladie comme une maladie professionnelle et OUI pour que les entreprises soient incitées á prévenir ce problème !!!

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  • fanfan975
    Où est la" langue de chez nous"
    Le vocabulaire français est pourtant riche et je suis certaine que l'on peut trouver un mot dans le Larousse ou le Robert

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  • elisarem
    Moi j'ai 3 personnes de mon entourage qui ont fait un burn out ces 3 dernières années...
    Des objectifs impossibles à atteindre, un dénigrement permanent du fait d'objectifs non atteints.....des atteintes personnelles.....des obligations de faire des horaires à rallonge pour compenser des objectifs non atteints, des demandes de plus en plus loufoques...voir illégales ou immorales...du chantage......L'épuisement physique, moral.....intellectuel....
    Une dépression est différente car elle est dû a une perturbation chimique intrinsèque ....le burn out est créé par l'entreprise, par le responsable hiérarchique....et le médecin du travail ne fait rien....quand dans une entreprise plusieurs personnes sont en arrêt maladie longue durée, il devrait y avoir une alerte....une centralisation des données....mais non chaque cas est traité de façon isolée...alors que la cause est unique....

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  • Flicka
    On pourrait peut-etre etablir un lien entre penibilite et burn-out. Ne s'agit-il pas de stress dans les deux cas?

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  • gust901
    Mais non on fait semblant, ; les suicides aussi
    c'est pourquoi nos dirigeants ne rembourse plus les médicaments et dégoutte les docteurs de pratiquer !
    Merci patron privé ou public (d'ailleurs) avec les Robots vous n'aurez plus ce genre de problèmes ...

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  • Evelyne Moissons
    Le "burn out" c'est le surmenage en français? Si oui, pourquoi utiliser un mot anglais alors qu'il en existe un en francais?

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  • Paganini voue en joue
    Un simple tour du monde de 4 ou 5 mois avec un minimum d'argent avec comme escale , Bogota , Manille , Calcuta , Mogadiscio et bien d'autres lieux encore et tu reviens ici en comprenant que tu vis au paradis et qu'ici la vie mérite d'être vécue .

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  • KAP
    Je ne comprends pas qu'on cède de plus en plus à l'anglo manie: pour un esprit logique, "burn out" ne veut rien dire... "Brulé dehors" ou "éliminé par brûlure"... C'est ridicule ! Alors qu'en français, "Déprime aiguë" ou "Accès dépressif " est beaucoup plus évocateur... Il va falloir commencer à défendre notre langue française, qui est le trésor commun des français... Nous en avons assez des disagneurs, des manageurs, des choroumes... si nous n'y mettons pas fin rapidement le français va devenir un "sabir" incompréhensible..!
    C'est le devoir de chacun d'entre nous de lutter contre ce "snobisme" anglo-maniaque ! Prenons exemple sur nos amis les québecquois qui défendent leur langue !
    KAP

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