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Comment les entreprises du numérique chouchoutent les femmes

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Les entreprises du numérique se plient en quatre pour attirer les femmes. Entre compensations de salaire et programmes de mentoring, voici quelques bonnes raisons de se tourner vers ce secteur qui ne connaît (presque) pas la crise.

Mesdames, et si vous boostiez votre recherche d’emploi en misant sur le digital ? Entre les entreprises de services du numérique, les éditeurs de logiciels et les sociétés de conseil en technologies, le secteur recrute. Plus de 35 000 cadres ont été embauchés en 2015, et le Syntec Numérique prévoit encore une hausse pour l’année à venir. En plus, ces postes sont stables avec 93,7 % de CDI. Mais surtout, les femmes y sont si rares que les entreprises les chouchoutent. Elles ne représentent que 27,3 % des salariés en France ! « Les entreprises cherchent  à recruter des femmes et n’y arrivent pas. Alors, elles font tout pour les attirer », affirme Véronique Di Benedetto, présidente de la commission Femmes du Numérique du Syntec Numérique. Cela passe par une attention particulière au moment du recrutement, qui aurait presque des allures de discrimination positive ; par des opérations spéciales pour casser les stéréotypes ; mais aussi par  des mesures destinées au bien-être des femmes.

Une vie quotidienne facilitée, des salaires lissés

« Les entreprises se focalisent sur des problèmes qui touchent plus les femmes, comme l’équilibre entre vie privée et professionnelle », développe Véronique Di Benedetto. Par exemple, au sein de l’entreprise Econocom dont elle est la directrice générale, a été développé le programme "Share" : télétravail favorisé, places en crèche mises à disposition, création d’une conciergerie. Les salariés ont accès directement sur leur lieu de travail à un pressing et des services administratifs ou de réparation. « Beaucoup d’autres entreprises du numérique, comme Accenture, Capgemini ou IBM, ont développé le même type de programme, précise Véronique Di Benedetto. C’est encore plus facile de mettre en place de tels services grâce aux outils numériques que ces entreprises maîtrisent. »

« Capgemini donne beaucoup d’importance à l’équilibre des temps de vie, grâce à deux accords signés sur l’égalité hommes-femmes, confirme Géraldine Plenier, directrice de la responsabilité sociale et environnementale France de l’entreprise. Par exemple, une plateforme permet aux collaborateurs parents de trouver des solutions de garde d’urgence et le télétravail est mis en place depuis plus de trois ans. » Et comme les femmes sont souvent moins bien payées, notamment à cause de leurs carrières moins linéaires, l’entreprise rattrape le coup. « On a une vigilance particulière sur l’égalité salariale, avec des enveloppes de rattrapage distribuées chaque année pour lisser les salaires. Ça s’adresse à tout le monde, mais de fait, ce sont les femmes qui en profitent le plus. »

Les femmes encouragées à gravir les échelons

L’entreprise va plus loin, avec l’initiative "Women@Capgemini" lancée en 2012. « Notre objectif est que les femmes trouvent leur juste place, explique Hélène Chinal, responsable du programme et numéro deux de l'entité la plus importante de Capgemini en France. Elles devraient être présentes à toutes les fonctions et à tous les niveaux. » Même dans les hautes sphères. C’est pourquoi deux formations sur le leadership au féminin ont été développées, ayant pour base une étude sur les stéréotypes de genre en entreprise. En 2015, 150 femmes ont été formées. Il existe aussi un programme de mentoring. Chaque directeur associé parraine une personne du sexe opposé. Ce n’est en théorie pas discriminant, mais dans les faits, ce sont majoritairement des femmes qui sont coachées. « Elle sont accompagnées, conseillées, et ça leur ouvre des portes. »

Véronique Di Benedetto explique que les entreprises du numérique mettent beaucoup les femmes en avant. Elles occupent des postes à responsabilité, sont invitées à participer à des conférences. « C’est important pour deux raisons : pour qu’elles servent de "role models" pour les autres femmes, qui voudraient nous rejoindre, et parce qu’il y a presque une gêne à présenter aux clients des équipes pas assez mixtes. »

La diversité, une nécessité pour les entreprises du numérique

Dernier élément pour finir de vous convaincre : l’évolution des politiques de recrutement. « Les métiers ont évolué avec le digital, qui concerne tous les domaines de la vie. On a de plus en plus besoin de compétences transverses », explique Hélène Chinal. Du coup, l’entreprise recherche des profils moins traditionnels : moins de diplômés d’écoles d’ingénieurs, plus de personnes issues de cursus universitaires. Tant mieux pour les femmes, qui représentent à peine plus de 25 % des étudiants en école d’ingénieurs.

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Anne

23/12/2015

à 14:53

Voila bien un bon exemple des raisons du déséquilibre hommes-femmes dans les métiers scientifiques. Depuis quand les femmes seraient "moins douées en science" et donc comme vous dites "plus douées pour d'autres matières".
Voici un des préjugés qui font que les femmes choisissent moins les études scientifiques, car on leur fait penser que c'est pour les hommes, depuis leur naissance. En quoi est-ce plus masculin d'écrire du code par exemple??
Et OUI pourquoi pas des quotas pour les hommes infirmiers, qui apportent leurs atouts à ce métier!!

C'est sans doute un gros discours marketing de la part de ces entreprises. N'empêche que si elles s'y attellent c'est qu'elles voient bien l'apport des femmes dans ce domaine qui peuvent apporter leur pierre à l'édifice, tout comme les hommes!

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Genefou

23/12/2015

à 07:33

La discrimination envers les hommes est donc autorisée ?
Il y a moins de femmes en sciences, on y peut quoi si les femmes sont plus douées pour d'autres matières ? A quand des quotas pour les hommes infirmiers ?

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Domima38

22/12/2015

à 11:28

J'aimerais tellement vous croire.... à moins que cela soit la faute de mon prénom épicène, vous écrit une professionnelle du digital qui recherche un nouveau challenge dans le secteur des éditeurs de logiciels.

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