l'institut Montaigne prône le contrat unique
Vers un CDI (flexible) pour tous ?

La politique sociale a, elle aussi, ses marronniers. Ils reviennent à intervalles plus ou moins réguliers nous rappeler que le temps passe. Ou que des élections approchent
Le "CDI pour tous" est de ceux là . Il est parfois affublé d'autres noms plus ou moins sexy comme "contrat unique" ou "CDI flexible", selon les hommes politiques, organismes ou associations qui s'y frottent, ici ou ailleurs. Cette fois, c'est l'Institut Montaigne qui récidive puisque le think tank avait déjà tenté une approche similaire l'an passé. Rien de bien nouveau dans les propositions émises hier : il faut en finir avec les CDD et instaurer le CDI pour tous. Chic.
Mais (car il y toujours un mais), ce nouveau contrat à durée indéterminée ne serait pas exactement celui que nous connaissons. Le groupe de réflexion, réunit autour de Claude Bébéar, le président d'honneur du groupe Axa, suggère de rajouter une petite clause à ce bon vieux contrat, celui de « la réalisation de l'objet initial défini ». Remplacement d'un salarié absent, contrat de projet, surcroit d'activité, tout est bon. En gros, s'il est affublé de cette clause supplémentaire, le nouveau CDI sera un CDD... sans l'obligation de verser les 10 % de prime de précarité que l'employeur doit payer à la fin du contrat. Et sans que l'employeur en question ne soit obligé de refaire un nouveau contrat à son salarié si le projet se prolonge.
Bien sûr, tous les CDI ne comporteront pas cette clause. On risque alors d'assister à la naissance de deux catégories de salariés, ceux en CDI, et ceux en sous CDI. C'est déjà ce qui se passe déjà dans les entreprises, entre les « indéterminés » et les « déterminés ».
La tentative de l'Institut - comme celle de jean-Christopne Sciberras, le président de l'association nationale des DRH, qui allait dans le même sens au micro du Club Emploi il y a quelques mois - a peu de chances d'être suivie d'effets dans l'immédiat.
En pleine tourmente, en pleine fournée de mesures d'austérité, pas sûr que les candidats de droite comme de gauche, souhaitent rajouter une crise sociale à la crise tout court.
Michel Holtz © Cadremploi.fr

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