Des docteurs aptes pour l'expertise, moins pour l'entreprise?
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Des docteurs aptes pour l'expertise, moins pour l'entreprise?


L'Allemagne, c'est tendance. Alors, dans ce grand vent comparatif du moment avec le cousin germain, la situation des docteurs de chez nous et des doktors de là-bas mérite d'être observée de près. Vénérés et embauchés de l'autre côté du Rhin, ils sont malmenés et délaissés de ce côté-ci. Et souvent oubliés par les entreprises qui leurs préfèrent les diplômés de Masters.

Alors, chaque année, des études tentent de faire de la pédagogie pour DRH en expliquant les multiples qualités des docteurs et doctorants. Nous nous en étions d'ailleurs fait l'écho ici-même. La dernière étude en date, baptisée Career, a été diffusée hier avec le concours de 32 organismes publics et privés. 5 000 chercheurs, recruteurs et doctorants - évidemment - s'en sont allés ausculter, discuter et noter les compétences de ces bac + 8 que les recruteurs connaîtraient si mal.

Conclusion ? « Si chaque compétence de cet ensemble, prise isolément, n'est pas particulièrement spécifique aux docteurs, c'est la réunion de toutes ces compétences chez tous les docteurs qui constitue leur spécificité. » Voilà pour l'analyse globale.

Mais lorsqu'on entre dans le détail, l'étude peine à renverser l'image que la France se fait de ses bac+8. Ainsi, l'expertise scientifique et technique des docteurs a séduit 40,4 % des scrutateurs. Mais leur pluridiscipline n'a retenu l'attention que de 3,3 % d'entre eux. Quant à leur comportement, savoir-être et talent de communication (autant de qualités plutôt indispensables pour bien naviguer dans une entreprise), c'est loin d'être un sans faute. Seuls 3,6 % des jurés leur ont reconnus des qualités d'écoute et 12,4 % des talents d'orateurs particulières. Pour la gestion du stress et la confiance en soi, c'est pire : seuls 2,9 % des docteurs seraient passés maîtres dans cet art.

Bref, si les postes d'experts leur correspondent sans problème, la grosse moyennes des docteurs français aurait encore quelques obstacles à franchir pour s'épanouir dans le management. A noter, justement : la responsable de cette vaste étude est titulaire d'un Master et ses collaborateurs sont doctorants. Qu'en pensez-vous ?

Michel Holtz © Cadremploi.fr



Commentaires

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Vos réactions
  • Vincent galand
    En France, les qualités qu'auraient les docteurs américains et allemands se retrouvent dans les grandes écoles d'ingénieurs et de managers ... Et la France a toujours cette mentalité que pluridisciplinaire+rapidité d'action+connaissance du monde de l'entreprise = apanage des ingénieurs à la française. Il est très difficile de changer le statut des docteurs en France, car cela reviendrai à concurrencer le statut qu'ont les ingénieurs !

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  • Marion
    Bonjour,

    Je ne suis pas certaine que votre article améliore un peu plus la situation des docteurs en France... et l\'on n\'a toujours pas la réponse du \"pourquoi les docteurs français ne sont pas reconnus chez eux ?\" Certes, la personne responsable de cette étude a un Master mais devrait-on nécessairement avoir un doctorat pour être responsable d\'une étude sur les compétences des docteurs ? Ce projet a été initié par le cabinet de recrutement Adoc Talent Management, créé justement par deux docteurs (preuve qu\'avec un doctorat on peux aussi faire du bon management). Les docteurs doivent aussi faire évoluer cette idée qu\'ils ne sont bons que dans la discipline de leur sujet de thèse.

    Je regrette également le titre que vous avez choisi pour votre article, comme si l\'expertise ne servait pas non plus l\'entreprise...

    Crdt,

    Marion
    Docteur en Chimie

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  • Barthélémy DURETTE, Adoc Talent Management
    Quelques précisions sur les résultats de l'enquête CAREER :

    L’enquête CAREER a pour but de comparer, en toute transparence, les compétences développées par les docteurs et les besoins exprimés par les recruteurs. Cette étude démontre une corrélation remarquable entre les compétences développées par les docteurs et les besoins exprimés par les recruteurs, c'est-à-dire que plus une compétence a été mentionnée par les docteurs, plus elle l’a été par les recruteurs et ce dans les mêmes proportions. Docteurs et recruteurs se rejoignent ainsi sur un bon nombre de terrains, notamment la communication (qui n’inclue pas seulement la communication orale mais également la communication écrite et la pédagogie) qui a été citée respectivement par 60% des docteurs et 30% des recruteurs, la gestion de projet (qui inclue le management et la planification) citée par 39% des docteurs et par 32% des recruteurs) et l’autonomie, citée par 30% des docteurs et 23% des recruteurs.

    En dehors de ces chiffres, notre enquête montre par ailleurs que les docteurs sont nombreux à se tourner vers les entreprises (48%) et qu’ils y occupent des postes clés y compris hors R&D où ils mettent à profit les compétences non techniques développées lors du doctorat. A titre d’exemple, en dehors de la R&D, 22% des docteurs pratiquent une activité de support (qui regroupe les activités d’administration, de gestion, de management et de propriété intellectuelle), et 10% se tournent vers le conseil. Vous trouverez plus d’informations sur le site de l’enquête : www.competences-docteurs.fr

    Enfin, pour ce qui est de l’aptitude des docteurs au management, il serait également important de noter que les directeurs associés du cabinet, responsables de l’étude, sont tous deux docteurs !

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