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Futur du travail : serons-nous tous ingénieur en 2020 ?

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Publiée à l’occasion du Forum de Davos, l’étude prospective The Future of Jobs prévient que les transformations technologiques en cours vont forcer l’ensemble des métiers à gagner en compétences sur le plan technique, comme sur le plan humain.

Comme un air de déjà vu, l’économie mondiale revit un scénario vécu dans les années 1990 : l’informatisation des entreprises. Mais cette fois-ci, c’est l’acte 2, et il est question de robotisation, d’objets connectés et d’intelligence artificielle. De tout cela, le Forum Économique Mondial de Davos en a parlé fin janvier. Cette année, l’événement réunissant les puissants du globe, a voulu prendre le pas sur les idées de l’essayiste Jeremy Rifkin en parlant non pas de troisième, mais bien de quatrième révolution industrielle : celle du toujours plus d’Internet, d’automatisation ou de données. Celle aussi qui, selon l’étude The Future of Jobs publiée lors du Forum et menée auprès de 371 gros employeurs des 15 principales économies mondiales, détruira environ 7 millions d’emplois, pour n’en créer que de 2 millions d’ici 2020. D’après les DRH et dirigeants interrogés, il y aura donc bien des survivants dont les compétences humaines et professionnelles seront recherchées. Le tout est de savoir lesquelles.

Profils techniques et intelligence émotionnelle

Parmi les tendances observées, l’étude souligne que les métiers de la donnée seront les plus chassés par des employeurs tous secteurs confondus. « Ces fonctions sont déjà très recherchées depuis deux ans », souligne Pauline Ravel, responsable du développement France de Clustree, start-up qui utilise le big data pour conseiller les entreprises dans leurs politiques RH.

Ces profils ultraspécialisés devront faire un effort social et émotionnel s’ils veulent communiquer efficacement avec des métiers plus éloignés du big data. En d’autres termes, les techniciens devront se former à mieux communiquer. Un data scientist travaillant dans un grand cabinet d’avocat fera par exemple appel à sa créativité, son affect, et son sens du relationnel pour réussir à vulgariser ses résultats et capter l’attention de ses collaborateurs.

Interrogé le 26 janvier 2016 par le site d’information Business Insider, Daniel Enson, data scientist au sein de Toluna, société américaine qui propose aux internautes de mener leurs propres sondages, confirme les projections de l’étude : « Nous devons être capables de présenter l’information de manière claire et concise. Ce n’est pas juste une question de croisements de données et de graphiques. C’est plutôt réussir à trouver les tendances pertinentes qui seront utiles à nos clients ; une grande part du boulot revient à présenter nos résultats de manière efficace ».

Vers une "ingénierisation" des métiers ?

À l’inverse, la quatrième révolution industrielle étant inévitable, les profils classiques auront pour mission de se familiariser à la data. Dans les métiers ou le sens du contact humain est davantage apprécié, à l’image des fonctions commerciales, l’essor des objets connectés ou de l’Internet mobile va requérir des compétences techniques. La compréhension de l’offre par le client sera cette fois-ci fonction des compétences techniques du commercial ou du marketeur. Car un collaborateur capable de comprendre la complexité de son produit est un potentiel bon vendeur.

Pas d’"ingénierisation" des métiers pour autant : « On ne va pas demander à tout le monde de sortir de Polytechnique pour faire son boulot », ironise Pauline Ravel. Selon la spécialiste, l’adaptation se fera en douceur avec le temps, comme nous l’avons fait pour le mobile ou l’usage des réseaux sociaux par exemple : « Aujourd’hui, quand vous mettez à jours vos profils LinkedIn ou Twitter parce que vous cherchez un emploi, vous gérez déjà des données », explique la responsable du développement de Clustree. Il n’y a donc qu’un pas vers la data…

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Vellieux, Benoit, bvellieu

07/02/2016

à 14:14

J'en "remets une couche" sur ma précédente intervention : les compétences requises n'ont pas forcément besoin d'être du niveau ingénieur, car ce sont des savoir-faire opérationnels que l'on demande. D'autre part, il s'agit essentiellement de l'utilisation de systèmes/services construits autour des technologies IT, dont l'ergonomie s'est beaucoup améliorée.

Un exemple : l'utilisation basique d'un logiciel de traitement de texte, ou bien d'une boite vocale sur un téléphone mobile. Ces compétences sont implicitement supposées acquises par tout adulte en âge de travailler ; de ce fait, un demandeur d'emploi qui ne sait pas exploiter ces outils risque de se voir rapidement exclu du processus de recrutement, même s'il possède par ailleurs un bon niveau de formation académique et un savoir-faire reconnu. A l'extrême, une sténo-dactylo maîtrisant sa machine à écrire et son clavier, mais n'ayant jamais utilisé de traitement de texte, risque de se retrouver initialement désavantagée par un(e) collègue plus jeune qui pratique les outils bureautiques depuis son adolescence ; maintenant, ce désavantage peut être compensé si cette sténo-dactylo suit à mise à niveau sur traitement de texte, auquel cas ses compétences antérieures pourront lui fournir un point d'appui.

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Vellieux, Benoit, bvellieu

06/02/2016

à 18:17

Le monde du travail demande à chacun des compétences croissantes : c'est le prix à payer pour une productivité élevée, qui seule peut fournir des salaires acceptables.

Il s'agit d'une démarche cumulative, dans un sens comme dans un autre. Pour différentes raisons, les pays sous-développés ont très souvent un système de formation insuffisant, en nombre (effectif formé) et/ou en qualité (qualifications) : ces lacunes limitent le développement économique à des secteurs à faible valeur ajoutée, qui permet difficilement aux pays concernés de se développer.

Ce mécanisme a joué en sens inverse sous nos climats, favorisant notre développement. Mais pour rester dans la course, il est indispensable de continuer l'investissement en formation, faute de quoi le "cercle vertueux" pourrait rapidement se transformer en "cercle vicieux", pour notre plus grand malheur à tous.

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Chadli kamal

02/02/2016

à 20:59

Une idée fondue, à l'aide d'une réalité peux changer d'autres idées

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