Enquête recrutements 2012 de l'APEC
Grand flou sur l'embauche des cadres en 2012

A la fin de cette année, on ne pourra pas reprocher à l'Apec de s'être trompé dans ses prévisions. Car la fourchette des intentions d'embauches de cadres en 2012 que vient de livrer l'Agence pour l’emploi des cadres est d'une inhabituelle largeur et la vérité viendra forcément se nicher quelque part entre les 164 000 et 195 000 recrutements prévus. Soit une évolution possible, par rapport à 2011 et ses 181 000 renouvellements et créations, située entre le pire et le meilleur. Puisque dans le premier cas, les embauches seraient en baisse de 10% et dans le second en hausse de 8%.
Cette valse-hésitation des prévisions n’est pas le fait de l’Apec, mais bien des 11 000 entreprises que l’agence a interrogées, tiraillées entre l’envie de remplacer des cols blancs partant à la retraite ou de créer des nouveaux postes, et la peur de l’avenir. La faute à une croissance absente ou presque, même si le marché de l’emploi cadres reste largement plus favorable que celui du reste de la population active. Surtout dans les secteurs des services. A eux seuls, ils devraient engranger près de deux tiers des embauches, avec une fourchette prévue entre 110 000 et 135 000 recrutements. Dans ces domaines, l’informatique, les télécoms, le conseil et la gestion d’entreprises sont, cette année encore, les métiers stars.
Reste les autres secteurs. Curieusement, l’industrie, que l’on donne pour agonisante, se maintient dans les mêmes proportions que l’an passé, avec des prévisions comprises entre 26 800 et 31 200 embauches. Un rythme constant qui n’est pas celui de la construction, première victime traditionnelle de tout retournement économique, qui pourrait voir ses recrutements de cadres chuter jusqu’à – 20%.
Cette nouvelle période d’incertitude qui s’est ouverte en 2011 pourrait aussi, comme ce fut le cas lors de la première crise de 2008, pousser les entreprises à délaisser les jeunes diplômés au profit des cadres disposant d’une expérience de 5 ans et plus. Selon l’Apec, la baisse des embauches des débutants pourrait atteindre de 2 à 18%. Mais là encore, la fourchette est tellement large qu’il est quasi-impossible d’en tirer une tendance claire. Si ce n’est l’incertitude dominante.
Michel Holtz © Cadremploi

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