Pour l'heure les entreprises maintiennent leurs prévisions
Les plans des recruteurs déjoués par la crise ?
On était reparti la fleur au fusil. 2011, on nous l'avait promis, serait l'année des embellies. Mais voilà que depuis juillet la crise de dettes souveraines, l'effondrement de la Grèce et l'abaissement de la note de l'Italie, entre autres, font yoyoter les marchés. Les plans de recrutement massifs qu'on nous avait annoncés sont-ils maintenus ? Tour d'horizon de trois secteurs porteurs.
Dans l'industrie, « l'optimisme réaliste »
20 000 cadres par an embauchés dans l'industrie d'ici à 2015... Avant l'été, les perspectives du GFI (le groupement des fédérations industrielles qui regroupe 85% de l'industrie française et pèse 3,2 millions d'emplois) étaient radieuses. « Pour l'heure, nous maintenons ces prévisions, affirme son président Pierre Gattaz. Avec le nécessaire rééquilibrage de la pyramide des âges, il va y avoir des gens à remplacer dans un délai qui pourra éventuellement être plus long si la crise s'aggrave. Même si on redoute un coup de frein sur les marchés, je ne crains pas un scénario de récession façon 2008. »
« Un optimisme réaliste », que l'homme souhaite communicatif : « Le meilleur moyen de contrer n'importe quelle crise, c'est l'innovation, la création et la qualité. Pour cela il faut garder confiance en l'avenir et embaucher. » Pour l'heure, les postes à pourvoir se trouvent tant sur les fonctions R&D que marketing, contrôle de gestion, RH et commerciales. « J'espère que nous recruterons aussi des ingénieurs et des techniciens de process industriels », avance Pierre Gattaz.
Dans les SSII, un contexte très différent de 2008
« Pour l'heure, aucune de nos 1100 entreprises adhérentes n'a perçu un arrêt des commandes ou une quelconque difficulté. Le business ne semble pas encore affecté par ce qu'on lit dans la presse. » Philippe Tavernier, vice-président du Syntec Numérique est catégorique : « Le contexte est très différent de la crise de 2008 où dès la rentrée, touchés par des problème de confiance ou de solvabilité, nos clients avaient dû stopper ou différer leurs projets. Aujourd'hui, les entreprises savent qu'elles ne peuvent sans cesse avancer sur du court terme et que l'innovation est leur meilleur vecteur de développement. »
Résultat : des plans de recrutement qui se maintiennent à un niveau important. « Nous restons sur nos 40 000 nouveaux entrants prévus pour l'année 2011. Parmi eux, 31 000 de ces postes sont à pourvoir par des cadres. » Sécurité, logiciel embarqué, architecture ou nouvelles technologies, les besoins sont variés. Avec un seul bémol : « Tout le monde reste très à l'écoute de la conjoncture et réagira avec plus de rapidité et d'acuité aux incidences des marchés. »
La banque-assurance se veut sûre de son avenir
L'Association française des banques promet des embauches proches du niveau de 2010, soit 30 000 personnes supplémentaires. Les spécialistes du recrutement dans la banque-assurance, tel que Robert Half, ne voit pour l'heure aucune raison de s'affoler sur ces perspectives. Un fait que confirme le Crédit Agricole : « En 2011, le groupe a recruté 5000 personnes. En 2012, nous prévoyons de rester sur le même volume. » Sans surprise, c'est dans le secteur du détail, qui représente déjà près de 70% des emplois bancaires en France, que le Crédit Agricole prévoit majoritairement d'embaucher. Chargé de clientèle, conseiller en patrimoine, marketing, ressources humaines ou responsable d'unité, les débouchés sont nombreux. La priorité est faite aux jeunes dip' avec 70% des postes proposés à des bac+3 et bac+5. Des prévisions dues, là encore, aux contraintes de la pyramide des âges.
Pour les banques d'investissement, en revanche, mieux vaut rester prudent. Plus impliquée dans la spirale de l'endettement de la Grèce, ces dernières restent plus fébriles.
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr


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