Un audit souligne la hausse de la charge de travail des cadres de l'institution
Sciences Po, à l'école du stress
Faire Sciences Po Paris, c'est dur ; y travailler c'est encore pire ! Selon un audit mené par le cabinet Technologia et qui vient d'être rendu public par le site Mediapart, 31% des collaborateurs considèrent que leurs conditions de travail se sont dégradées ces dernières années. 35% disent subir un stress fréquent. Et la moitié estime avoir une surcharge de travail. Principales fonctions concernées par cette surchauffe : les bibliothécaires, les assistantes de gestion, les informaticiens, les techniciens, les secrétaires et les chargés de mission.
Ces tensions s'expliquent par le nombre de chantiers menés ces dernières années rue Saint Guillaume : création de six campus en province (Angers, Dijon, Menton, Nancy, Poitiers, Reims), transformation des deux masters en écoles autonomes (journalisme, affaires internationales) et boom du nombre d'étudiants, passés de 4 500 à 10 000, mais aussi du nombre d'enseignants, de 550 à près de 900. "Ce modèle risque aujourd'hui de s'épuiser. Il est nécessaire que l'institution ponctue son développement d'une respiration pour prendre le temps de renforcer et de rationaliser sa structure et ses cadres organisationnels", insiste Technologia dans son rapport.
Si les conclusions de l'enquête sont assez sévères, Sciences Po Paris fait tout de même figure de précurseur en s'engageant dans une telle démarche d'audit sur le stress, encore très rare dans les établissements d'enseignement supérieur. D'autant que la procédure a été transparente, puisque les salariés ont reçu l'intégralité du rapport. Du coup, le très médiatique directeur de l'école, Richard Descoings, sait qu'il sera attendu au tournant : fin juillet, il rencontrera les syndicats pour bâtir un plan d'actions afin de le mettre en œuvre l'année prochaine.
Arnaud Normand @ Cadremploi.fr


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