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Emploi automobile

Enfin regroupés, les pôles de compétitivité automobile recherchent des hommes orchestres


Initiée par l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, la politique des pôles de compétitivité associe savoir-faire des entreprises, matière grise des universités et subventions d'Etat. Une association au service de l'innovation de plus en plus en quête d'hommes orchestres.

A priori, l'idée est bonne. En 2005, le gouvernement décide de créer des pôles de compétitivité destinés à fédérer les recherches en y associant les entreprises, les universités et les pouvoirs publics. Les subventions sont versées et 71 pôles sont ainsi créés à travers le pays. Chaque région hérite du sien, dans des domaines aussi variés que la céramique (à Angoulême), les céréales (en Auvergne) ou les médicaments bio (à Nantes). L'automobile ne pouvait évidemment passer à côté d'une telle aubaine.

Fini le chacun dans son coin

Sauf que la France de la voiture est quelque peu dispersée, avec des centres de production installés dans l'Est, dans l'Ouest et le Nord. Pas moins de quatre pôles sont donc créés, où chacun est censé penser, chercher et développer des systèmes, des motorisations ou carrément des autos entières qui pourraient, après demain se retrouver sur le marché. Tout le monde travaille dans son coin, sans réelle coordination, avec les errements inévitables des francs tireurs. Jusqu'à ce que ce petit monde décide, au début de l'an passé de signer une charte de coopération.

Développement concerté

Et dès lors, l'affaire prend une autre tournure. Pas moins de 25 projets communs sont en cours, dont plusieurs en voie de finalisation. « Les quatre pôles ne travaillent pas systématiquement ensemble » modère Gérard Duchêne, chef de projets « systèmes embarqués » au pôle Automobiles haut de gamme de Nantes. « Mais dans la plupart des cas, deux pôles au moins travaillent main dans la main ». Et permettent aux projets d'avancer, comme celui qui occupe l'ingénieur breton : un standard international de l'informatique embarqué à bord de nos autos. « C'est une sorte de Windows de l'automobile qui doit permettre à très court terme d'améliorer la fiabilité électronique des voitures ». C'est le cauchemar absolu de nombreuses grandes marques. Pas étonnant, donc, que la plupart des constructeurs mondiaux se soient ralliés au projet. D'autant que, comme la plupart des travaux entrepris par les pôles, il est pris en charge à 50% par des fonds publics.

Recherche ingénieurs homme orchestre

Autre exemple de ce développement concerté, les recherches sur la baisse de pollution des moteurs du programme « Rednox », doivent eux aussi aboutir d'ici moins de trois ans. Et c'est là encore un projet qui fait tendre l'oreille à tous les professionnels de la planète automobile. Evidemment, ce type de développement au long cours (un projet mobilise les chercheurs durant six ans en moyenne) nécessite des moyens financiers, et surtout, humains. « Les entreprises engagés dans les pôles recherchent toujours des scientifiques compétents » reconnaît Edmond Duff. Il est lui aussi chercheur à Nantes et travaille particulièrement sur les problèmes d'excellence industrielle et de développement durable. « En tant que chef de projet, je travaille principalement avec des thésards, mais les gens recherchés dans les pôles sont surtout des ingénieurs chefs d'orchestre, capables de mettre en place des programmes complexes, de manager leurs équipes et même de posséder des compétences commerciales pour défendre leur travail auprès des entreprises ». Dans les pôles de compétitivité comme ailleurs, les recruteurs sont à la recherche de moutons à cinq pattes.

photo DR

 

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