Recrutements 2009 dans l'informatique : Cadremploi
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Recrutements 2009 dans l'informatique

Informatique : ceux qui galèrent et ceux qui sont épargnés par la crise


Toute crise engendre ses gagnants et ses perdants. En 2009, mieux vaut être ingénieur avec trois à dix ans d'expérience dans le développement web que jeune diplômé candidat à l'entrée dans une SSII. Focus sur les profils que s'arrachent encore les recruteurs du secteur IT et sur ceux qui galèrent.

« 36 717 recrutements dans la catégorie ingénieurs et cadres de l'informatique (sauf technico-commerciaux). Â» Annoncé début avril, ce résultat très optimiste en cette période tourmentée est issu de l'enquête annuelle sur les besoins en main-d'oeuvre (BMO) menée par le Credoc pour le Pôle emploi. Voilà de quoi réjouir la horde grandissante des informaticiens au chômage. Sauf que... ce chiffre est désormais peu crédible. L'enquête a en effet été effectuée en novembre et décembre 2008. Elle reflète l'opinion de DRH n'ayant pas encore pleinement pris la mesure de l'ampleur de la crise. 

Croissance zéro sans création nette d'emplois

Car, on est loin du temps où les SSII rivalisaient d'imagination pour attirer de nouvelles recrues. Désormais, l'informatique est plutôt confrontée à une hausse inéluctable de l'off-shore, une pression accrue sur les prix, un gel des embauches dans certaines SSII, une baisse du turn-over et au chômage partiel qui déboule dans le secteur. Le 1er avril dernier, lors de son bilan semestriel rituel, le Syntec informatique annonçait une croissance nulle et sans création nette d'emplois en 2009 dans le secteur des logiciels et services informatiques. Cette fédération professionnelle prévoit 30 % d'embauches en moins que l'an passé.

Récession contrastée

 Â« Nous avons toutefois une marge d'incertitude très importante, de - 2 à + 2 %, a pondéré Jean Mounet, son président. L'informatique résiste à beaucoup de choses mais pas à tout. Nous avons rarement vu des contrastes aussi importants entre les métiers et les activités. Â» L'annonce est dure, après 5,5 % de croissance en 2008 et après 20 000 créations nettes d'emplois par an depuis cinq ans. Pas autant que les prévisions très sombres du Munci, qui anticipe depuis décembre dernier une récession du secteur en 2009  qu'il chiffre à -5 %.

Resserrement du marché

La note de conjoncture du 2e trimestre de l'Apec n'est guère enthousiaste elle non plus. Elle constate que l'informatique, l'un des deux secteurs qui tiraient l'emploi cadre dans la période passée, est le plus touché, avec 75 % d'entreprises qui ont moins recruté au premier trimestre contre 6 % qui ont recruté davantage.

Profils gagnants

En ces temps incertains, selon leur profil, leur niveau de formation et leurs spécialités, certains  candidats sont mieux lotis que d'autres.

  • Les confirmés

Pour vendre et appliquer leurs solutions en cette période de crise, les SSII s'appuyent plus que jamais sur des consultants seniors. Ce détournement des profils débutants pour les expérimentés est un changement de taille par rapport à 2008.

  • Les pros de l'infogérance et du logiciel

Les sociétés de services qui interviennent dans l'infogérance d'infrastructure, et dans une moindre mesure dans l'infogérance applicative, devraient croître d'environ 5 % en 2009, de même que les logiciels embarqués. A noter la percée du SaaS (Software-as-a-service), avec une croissance de 40 à 50 %, sur un marché toutefois très marginal : 5 % du secteur.

  • Les développeurs

Les architectes des systèmes d'information et autres experts en nouvelles technologies sont toujours considérés comme de véritables stars dans le milieu. Les filières métiers porteuses concernent les développeurs de langages Internet (Java, Java EE, Php...) et les chefs de programmes et de projet. Stéria a pour sa part des difficultés à recruter des experts en management de projets, en systèmes d'information, des architectes et des urbanistes.

  • Les ingénieurs

Le diplôme d'ingénieur a toujours la cote auprès des recruteurs, de même que le Master en informatique. « Il est primordial d'avoir une ouverture maximale et de ne pas de cloisonner dans une technologie, conseille Jean-Louis Bernaudin, délégué général de http://www.assopascaline.fr/index.php. Il s'agit de bien intégrer les concepts de base et les systèmes d'information. Il n'est vraiment pas judicieux d'additionner les certifications délivrées par des fournisseurs du marché. Mieux vaut un diplôme d'ingénieur qui permet de bien s'adapter, avec une vision transversale des technologies. Â»

Profils perdants

  • Candidats en SSII

Si les SSII ne veulent plus stopper net leurs recrutements comme en 2001, elles les poursuivent dans une moindre mesure. « Je suis convoqué à des entretiens dans des SSII qui attendent d'avoir des missions me correspondant pour m'embaucher Â», déplore un jeune cadre de trois ans d'expérience.

  • Les jeunes diplômés

Variable d'ajustement, les jeunes diplômés subissent de plein fouet la crise, d'autant que l'année s'annonce particulièrement difficile pour les SSII, principaux employeurs du secteur et de cette population. L'informatique emploie habituellement un tiers des jeunes diplômés issus des filières scientifiques.

  • Le conseil et l'intégration

Selon le Syntec informatique, les métiers du conseil et de l'intégration seront en régression, de l'ordre respectivement de - 5 % et - 2 %.



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