Rhône-Alpes : les entreprises restent prudentes
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Rhône-Alpes : les entreprises restent prudentes


Les entreprises de cette grande région industrielle qui veulent embaucher ont du mal à trouver du personnel. Mais plusieurs secteurs qui travaillent à l’international et les sociétés de services informatique recrutent.

Caroline Delabre,

Michael Page

Marie-Françoise Doyat,

Hays

Sophie Aeschliman,

Experts Rhône-Alpes

Les chefs d’entreprise de Rhône-Alpes restent prudents. La reprise n’est pas encore au rendez-vous. « Les signaux étaient extrêmement positifs avant l’été. Beaucoup de projets étaient affichés. Mais ils ne sont pas encore lancés pour des raisons budgétaires et de frilosité», déplore Caroline Delabre, manager senior chez Michael Page.

De leur côté, les entreprises qui recrutent ont du mal à trouver les profils qu’elles recherchent. « Les candidats sont frileux, les entreprises prudentes. De plus, le saut salarial n’est pas suffisamment attractif pour inciter les salariés à bouger. Il y a également pénurie de candidats », résume Marie-Françoise Doyat, directeur régional chez Hays.

Si quelques recrutements s’effectuent dans l’urgence, le processus d’embauche implique 3 à 4 interlocuteurs et demande du temps. Il prend entre 3 semaines et plusieurs mois. Il arrive que la mission soit purement et simplement annulée par l’entreprise qui fait finalement évoluer un collaborateur en interne. Des candidats déclarent ne plus être intéressés après les premiers contacts. « Les candidats sont très attentifs aux perspectives offertes et veulent un vrai projet de carrière », observe Caroline Delabre.

Les salariés sont aussi de plus en plus souvent retenus par leur entreprise. « Leur employeur peut leur proposer une évolution de carrière. Beaucoup de sociétés travaillent le sentiment d’appartenance. Ce qui peut faire pencher la balance », confie Sophie Aeschliman, directrice du bureau IT et Ingénierie pour Experts Rhône-Alpes.

Les différences s’accentuent entre les PME et les grands groupes. Les premières restent très réactives et continuent à recruter. Les seconds font le dos rond. « Les groupes peuvent se restructurer en interne, alors que les PME travaillent en flux tendu », explique Marie-Françoise Doyat.

« Des PMI de 100-150 personnes, travaillant dans l’automobile pour des marques étrangères, s’en sortent très bien. Et leur capacité à proposer de la multicompétence ainsi qu'une dimension humaine dans les relations de travail peuvent attirer des candidats issus de grands groupes », souligne Sophie Aeschliman.

Plusieurs secteurs recrutent : le conseil, l’industrie possédant une forte expertise qui a des débouchés à l’international , la mécanique (machines spéciales), les biotechnologies. Les PME de l’agroalimentaire, le commerce de gros et la distribution également.

Les sociétés de services informatiques (SSII) et les entreprises présentes dans les technologies de l’information recherchent des candidats pour tous les postes. Cela va des techniciens aux directeurs des systèmes d’information. « Dès lors que le projet a été validé en amont, il y a attractivité sur la rémunération », affirme Sophie Aeschliman.

Dans le bâtiment, les profils opérationnels restent demandés. Les fonctions études ont été gelées. Les promoteurs peinent à trouver des terrains disponibles. « En revanche les groupes poursuivent leur politique d’embauche de jeunes diplômés », assure Marie-Françoise Doyat.

Sans surprise, les commerciaux forment les gros des bataillons de la demande. « Dans les cabinets d’audit et expertise comptable, le marché reste actif mais confronté à une pénurie de candidats », constate Caroline Delabre.

Recherche de rentabilité oblige, dans l’industrie ce sont les fonctions process et méthodes qui sont les plus demandées.

Travailler dans cette région qui attire les investisseurs étrangers exige de maîtriser l’anglais. L’idéal est de parler une troisième langue. Malheureusement, les cabinets de recrutement constatent que les candidats véritablement bilingues sont rares. « Entre le niveau attendu par l’entreprise et celui du candidat, l’anglais n’est bien souvent pas suffisamment opérationnel », affirme Caroline Delabre. Le constat est le même pour les fonctions commerciales.

Malgré le ralentissement économique, Rhône-Alpes dispose toujours de solides atouts. Elle continue d’attirer les cadres franciliens et étrangers. Ceux-ci apprécient tellement la région au bout de quelques années que leurs employeurs ont du mal à leur proposer un nouveau poste.

Christine Piedalu © Cadremploi.fr



Commentaires

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Vos réactions
  • danbo
    Ah! Qu'il est bon de lire cela !
    Bien qu'ayant une expérience solide en industrie je postule depuis longtemps (longtemps ?, non, très longtemps) dans cette région, je n'ai jamais eu de retour pour les postes qui m'intéressaient.
    Certains consultants disent avoir du mal à trouver des profils de responsables de terrain (directeur, responsable de prod, etc), et en plus des bilingues, voire 3 langues.
    J'ai fait tout ça, même appris l'italien, tiens, pendant de j'y étais, et toujours pas de réponses !
    Je pilote une machine ou écris un AMDEC, voire un cahier des charges et forme ou manage des centaines de personnes, mais toujours rien !

    Alors, je m'y prends comme un manche ou bien vraiment je suis un déclassé par la NSA ?
    Persévérant, mais dure-dure la recherche en Rhône Alpes...!
    Tests AC confirmant mes aspirations et satisfaisant l'entreprise... fallait me prouver que je n'étais pas trop décalé !

    ..prêt même à bosser pour rien...
    Alors, qui tente sa chance ????

    Eh bien, je trouve que souvent, il y a un décalage entre mon ressenti et la réalité du terrain, en regard à ces articles. Quelle est donc cette langueur qui pénètre mon coeur, tout suffocant et blême, je me souviens des jours anciens...et j'en ris !

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