Stop aux journées mondiales du n'importe quoi
A quand la journée mondiale du Powerpoint ?

On n'en peut plus. On n'en veut plus. Des journées mondiales du n'importe quoi et des fêtes de tout ce qu'on voudra. La célébration qui a fait déborder le vase s'est déroulée samedi dernier. Le 19 novembre a été décrété « journée mondiale des toilettes ». Je suis comme vous : je n'y ai pas cru. Alors je me suis précipitée sur ce site qui répertorie toutes les journées mondiales et je suis tombée de ma chaise. Les WC sont vraiment célébrés, comme le lupus, qui a sa journée mondiale le 10 mai. Le pied y a droit lui aussi, le 18 mai.
Nos amis les gauchers, ont eux aussi tout un jour pour s'exprimer, chaque 13 août. Cette liste impeccable est un formidable catalogue de l'absurde poétique et des préoccupations que chacun pense universelles. Et en l'examinant, on s'aperçoit que le travail est plutôt abondamment célébré, sous toutes ses formes. De l'inévitable premier mai, à la journée des secrétaires (le 22 avril), en passant par la sécurité au travail (le 28 avril), l'ingénierie innovante (le 13 mai) et la procrastination (le 25 mars). On pourrait également célébrer la journée mondiale pour la destruction des armes légères (le 9 juillet) dans certaines entreprises, et celle du vent (le 15 juin) dans de nombreuses autres.
Bref, c'est l'overdose, le trop plein. Presque pas de journée sans journée. Pendant qu'on y est, pourquoi ne pas combler le vide des rares dates sans célébrations. Tiens, il reste un créneau le 9 juin. Pourquoi ne pas instaurer « la journée mondiale sans réunion ». Le 22 novembre ? Parfait pour « la journée mondiale du Powerpoint », vous ne trouvez pas ? Le 10 janvier est particulièrement bien placé pour devenir la « journée mondiale de l'évaluation annuelle ratée» suivie, dès le 11, de « la journée mondiale de la non-augmentation ». On peut même caser « la journée mondiale du pot de départ » le 12 du même mois.
Ridicule ? Pas plus que la manie qui consiste à ajouter des célébrations aux célébrations. A l'origine, ces journées devaient servir à attirer l'attention des médias et des citoyens sur des questions d'intérêt général importantes. Au final, c'est le grand n'importe quoi. De plus, faute de budgets de communication costauds, les journées organisées par de petites associations ne font pas le poids face à celles lancées par les mastodontes que sont les grosses ONG, les églises ou certains groupes de lobby. Du coup, la profusion crée l'effet inverse : trop de journées mondiales tuent les journées mondiales. Comme dans la fable Le garçon qui criait au loup : à force de lancer de fausses alertes et de crier au loup sans raison, plus personne ne réagit.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 21 novembre 2012
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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr

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en une brève au titre de "l'absurde poétique", je vous informe que le 21 Novembre 2011, jour de mon présent message à votre attention, est, de par Ma seule décision, le jour de la fidélité planétaire de ma femme de ménage (toilettes, .....). Et oui, et pour cela, je veux la célébrer pour ses 5 années jour pour jour de fidélité et d'assiduité. C'est comme cela, un point c'est tout. Ah, au fait, savez vous qui est ma femme de ménage ? Comme dans la publicité, c'est moi, mais un homme (autre absurdité selon la vindicte populaire), et pourtant.... Alors, comme pour conclure, il vaut mieux, même en tant homme, célébrer la fidélité de sa femme de ménage, que d'être déçue, sans infamie dans mes propos, par une "FMI", à savoir : une Femme de Ménage Infidèle. Cordialement. fidèle lecteur depuis 2004 de vos éditos, de temps à autres inspiré comme cette semaine ou la semaine dernière. Santé à toutes et à tous. Je retourne dans ma grotte. Jean Claude.
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Effectivement le phénoméne de la «pensée unique» conduit nos sociétés tout droit à la dérive. Comme vous l'avez si bien dit quelque part dans votre texte, l'individu ou un groupe d'individus quelque part dans la planété décide de décreter quelque chose et veut l'imposer à l'univers entier en le déclarant, je cite «journée mondiale», c'est du N'IMPORTE QUOI. Ceux la oublient que le monde est pluriel et que les pensées, les idées ou les préoccupations qui sont valables dans une contrée ne le sont pas forcément dans une autre.
La seule journée mondiale qui doit valoir c'est celle qui puisse faire en sorte que nos sociétés deviennent plus égalitaires. Tout le reste n'est que jeremiade et distraction
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Dire qu'il y a des journées mondiales de n'importe quoi, certes, mais prendre les toilettes comme exemple c'est passer à côté de quelque chose. Le problème de l'absence de traitement des déchets est un problème de santé majeur... dans le monde (on ne parle pas que de la France).
À part ça, le point levé par votre édito est correct à mon humble avis, seul l'exemple est mal choisi. Merci.
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Il n'est pas difficile de se renseigner - quittez Powerpoint pour quelques minutes et allez voir http://www.wssinfo.org/.
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Cf. le billet paru dans Les Échos la semaine dernière.
Cordialement,
Thierry
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