Women's Forum 2010 for the Economy and Society : Cadremploi
Accueil  > Actualités > L'édito de Sylvia Di Pasquale > Ã€ quoi sert le Women's Forum ?

Women's Forum 2010 for the Economy and Society

À quoi sert le Women's Forum ?


On peut s'interroger. Se demander à quoi sert le Women's Forum dont la 6e édition s'est achevée samedi. Se poser la question de l'utilité de réunir 1200 happy fewettes (des femmes d'affaires et quelques hommes) dans la happy few town (Deauville), avec quelques people plus happy few encore (Christine Lagarde, Cherie Blair, Viviane Reding ou Anne Lauvergeon).

Se demander aussi pourquoi toutes les cadrettes qui auraient ardemment voulu être du voyage n'ont pas pris le chemin de la Normandie, concernées qu'elles sont par leur avenir et celui de leurs consoeurs, mais qui n'ont même pas osé en parler à leur boss. C'est qu'on imagine bien le dialogue, surréaliste, qui aurait découlé de cette demande. « Chef, vous pouvez me signer cet ordre de mission ? ». Le N+1, bon gars, dégaine son stylo, mais jette tout de même un œil sur ce qu'il s'apprête à parapher. Et ce qu'il lit fait instantanément sécher l'encre de son Montblanc.

De quoi s'agit-il ? D'un séjour de trois jours à Deauville, dont deux jours en pleine semaine, pour participer à un colloque international sur la place des femmes dans la société et dans l'entreprise. A la limite, s'il ne fallait engager que les frais de voyage et d'hébergement, c'eût pu passer. Même si les tarifs hôteliers de Deauville ne sont pas ceux de Montluçon. Sauf que pour participer à l'affaire, il en coûte 4 500 euros par salarié d'un grand groupe, et 2 500 si l'entreprise est une PME. Chère, la bonne volonté.

On peut aussi voir dans le raout normand, une vitrine pour les entreprises en mal de féministe attitude, de la même manière qu'elles affichent une green attitude depuis plusieurs années, simple vernis de surface, pour éviter d'aller au fond des choses. Pour les Sanofi, GDF-Suez, Cartier, L'Oréal, Orange, Barclays et les autres, tous sponsors de la manif, c'est tout bon. Après ça, on ne va pas leur reprocher de ne pas booster les carrières des femmes, puisqu'elles soutiennent l'un des cinq plus importants colloques mondiaux qui leur est consacré.

On pourrait continuer de railler ainsi sur ce qu'on a vu et vécu durant ces trois jours normands. S'il n'y avait les 1200 femmes présentes, participantes impliquées et représentantes de millions d'autres. En quelques années, elles ont pris la forteresse entreprise. Bientôt, elles seront plus nombreuses à entrer dans les conseils d'administration. Evidemment, il a fallu en passer par des lois, les réticences de ces messieurs, les doubles journées, avec réunion de codir, suivie de la préparation de la soupe de légumes.

Il leur a aussi fallu aller (parfois) contre leurs mères, leurs grands-mères et 100 générations de femmes qui ne pouvaient pas, n'osaient pas, n'y pensaient même pas. Mais aujourd'hui elles sont dans la place. Et elles étaient à Deauville pour montrer à celles qui n'ont pas pu venir que c'est possible. Et que les people et les happy fews servent à quelque chose. Parfois.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 18 octobre 2010

Une réaction ? Un témoignage ? Le forum ci-dessous vous est ouvert.

In Women we trust

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr



Commentaires

* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.




Vos réactions
  • Julie
    A ce tarif, les effectifs ne risquent pas d'exploser ! J'ai participé à une poignée de salons dans des secteurs d'activité très "masculins", et les tarifs étaient au moins 5 fois moindres, pour les plus chers... Donc je ne vois pas l'égalité en marche ici... Il me semble plutôt qu'on reproduit de la sélection par l'argent plutôt que par le mérite.

    Répondre

  • Alix
    Au-delà du vernis de surface, il y a des projets concrets derrière le Women's Forum, dont le Cartier Women's Initiative Award qui soutient chaque année 15 femmes à la tête de jeunes entreprises dans le monde entier.
    Pour plus d'infos: www.cartierwomensinitiative.com

    Répondre

  • Ch Gauthier
    Ce qui fera réellement avancer le statut des femmes est bien mieux dans une politique volontariste de l'emploi (surtout pour des postes qui permettent aux plus démunies de sortir de la misère-dans certains pays on limite l'automatisation pour garder des emplois peu qualifiés:travailler est toujours un moyen de se socialiser) mais aussi l'amélioration des transport dans les grandes villes pour les femmes qui travaillent ne passent pas des heures improductives et fatigantes en temps de transport et aussi promouvoir des activités éducatives "pratiques" pour occuper les enfants pendant les vacances scolaires... etc(*)
    Redescendons sur terre la promotion des femmes n'est pas d'investir massivement les conseils de directions >> elles s'y comportent comme les hommes.
    (*) ça profitera aussi aux hommes

    Répondre

  • laure
    Pourquoi utiliser le terme de "cadrettes", réducteur, plutôt que celui de "femmes cadres"? Bienvenue aux journalistes dans le sexisme au quotidien.

    Répondre

  • amani byaragijohn
    je trouve que l'idée est bonne car elle prône pour l'intégration de la femme dans la société. mis aussi la plus importante suite à la promotion de la voix de la femme qui a été longtemps traumatisé par certains hommes de mauvaises volontés.

    Répondre

  • PLAIN
    Ce forum conforte l'idée de la féministe attitude à la française. Ne sommes pas au bout de nos peines.

    Répondre

  • Pascal
    C'est tout bon pour le chiffre d'affaires de l'hôtellerie de Deauville en premier lieu. Le colloque de 3 jours reste élitistement cher pour être ainsi sponsorisé par des groupes du CAC40 non ? Rolland Garros est mieux sponsorisé financièrement il me semble...Et sinon ce colloque, rien sur le fond ?

    Répondre

  • B
    Cher quand même pour faire de l'influence si tant est qu'on en fasse en sortant des poncifs et sans singer ce qui nous mène droit à la crise...

    Répondre


Vous devez renseigner tous les champs :