Women's Forum 2010 for the Economy and Society
À quoi sert le Women's Forum ?

On peut s'interroger. Se demander à quoi sert le Women's Forum dont la 6e édition s'est achevée samedi. Se poser la question de l'utilité de réunir 1200 happy fewettes (des femmes d'affaires et quelques hommes) dans la happy few town (Deauville), avec quelques people plus happy few encore (Christine Lagarde, Cherie Blair, Viviane Reding ou Anne Lauvergeon).
Se demander aussi pourquoi toutes les cadrettes qui auraient ardemment voulu être du voyage n'ont pas pris le chemin de la Normandie, concernées qu'elles sont par leur avenir et celui de leurs consoeurs, mais qui n'ont même pas osé en parler à leur boss. C'est qu'on imagine bien le dialogue, surréaliste, qui aurait découlé de cette demande. « Chef, vous pouvez me signer cet ordre de mission ? ». Le N+1, bon gars, dégaine son stylo, mais jette tout de même un œil sur ce qu'il s'apprête à parapher. Et ce qu'il lit fait instantanément sécher l'encre de son Montblanc.
De quoi s'agit-il ? D'un séjour de trois jours à Deauville, dont deux jours en pleine semaine, pour participer à un colloque international sur la place des femmes dans la société et dans l'entreprise. A la limite, s'il ne fallait engager que les frais de voyage et d'hébergement, c'eût pu passer. Même si les tarifs hôteliers de Deauville ne sont pas ceux de Montluçon. Sauf que pour participer à l'affaire, il en coûte 4 500 euros par salarié d'un grand groupe, et 2 500 si l'entreprise est une PME. Chère, la bonne volonté.
On peut aussi voir dans le raout normand, une vitrine pour les entreprises en mal de féministe attitude, de la même manière qu'elles affichent une green attitude depuis plusieurs années, simple vernis de surface, pour éviter d'aller au fond des choses. Pour les Sanofi, GDF-Suez, Cartier, L'Oréal, Orange, Barclays et les autres, tous sponsors de la manif, c'est tout bon. Après ça, on ne va pas leur reprocher de ne pas booster les carrières des femmes, puisqu'elles soutiennent l'un des cinq plus importants colloques mondiaux qui leur est consacré.
On pourrait continuer de railler ainsi sur ce qu'on a vu et vécu durant ces trois jours normands. S'il n'y avait les 1200 femmes présentes, participantes impliquées et représentantes de millions d'autres. En quelques années, elles ont pris la forteresse entreprise. Bientôt, elles seront plus nombreuses à entrer dans les conseils d'administration. Evidemment, il a fallu en passer par des lois, les réticences de ces messieurs, les doubles journées, avec réunion de codir, suivie de la préparation de la soupe de légumes.
Il leur a aussi fallu aller (parfois) contre leurs mères, leurs grands-mères et 100 générations de femmes qui ne pouvaient pas, n'osaient pas, n'y pensaient même pas. Mais aujourd'hui elles sont dans la place. Et elles étaient à Deauville pour montrer à celles qui n'ont pas pu venir que c'est possible. Et que les people et les happy fews servent à quelque chose. Parfois.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 18 octobre 2010
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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr

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Pour plus d'infos: www.cartierwomensinitiative.com
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Redescendons sur terre la promotion des femmes n'est pas d'investir massivement les conseils de directions >> elles s'y comportent comme les hommes.
(*) ça profitera aussi aux hommes
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