Parentalité et égalité hommes-femmes, pratiques d'entreprises
Après le Friday wear, le jeudi papa-poule ?

On peut très bien être un homme, un vrai, un salarié, un vrai et un papa, un vrai. Mais alors pourquoi les journées « enfants malades » sont, toujours et encore, largement prises par les femmes, et pas par leurs conjoints ? Pourquoi les hommes restent-ils plus longtemps au bureau pendant que ces dames filent récupérer les enfants chez la nounou avant 19 heures ? Et pourquoi le congé parental, même si l'expression est au masculin, reste une pratique féminine ?
Dans son dernier rapport remis la semaine passée à Claude Greiff, secrétaire d'Etat chargée de la Famille, le président de l'Observatoire de la parentalité en entreprise ne s'est pas contenté d'observer l'étendue du désastre de la parentalité pas du tout partagée. Cette association a décidé de prendre le taureau par les cornes et les gros machos par la commémoration et s'est fendue de dix propositions révolutionnaires. Qu'on en juge : outre une journée nationale de « la journée de la famille en entreprise », l'association souhaite mettre en place « le jeudi des pères ». Son but ? « Inviter » les papas à quitter le bureau à 18 heures le jeudi. « Ce genre de mesure emblématique provoquerait la discussion et le débat. Elle donnerait un signal fort à l'encontre de la culture du présentéisme en France. » L'Observatoire insiste aussi sur la formation des managers pour qu'ils prennent mieux en compte cette question.
Que du lourd donc, du fondamental, du qui va bouleverser le partage des tâches entre parents qui travaillent. Et pour mieux enfoncer le clou du nouveau papa dans toutes les boites de l'Hexagone, l'Observatoire et la ministre vont faire un Tour de France de la parentalité. Prochaine étape, le 14 février prochain (jour de la Saint Valentin, gros clin d'œil). Ce jour-là , toutes les entreprises sont invitées à signer la grande charte qui rappelle ces dix commandements du nouveau papa. Une charte comme toutes les autres, sur l'environnement, le handicap ou la sécurité routière. Une charte à la française qui n'engage que le stylo qui la signe. Pas celui qui tient le stylo, puisqu'en cas de non-respect, aucune sanction n'est prévue.
Allez, foin de mauvais esprit, il convient de reconnaître que, parmi les actions proposées dans le but de chambouler quelque peu l'identité des pères au foyer, on découvre trois propositions fortes. La première, consiste à allonger à un mois le congé de paternité, fixé aujourd'hui à 11 jours. Quand à la deuxième, elle offrirait aux futurs pères un congé prénatal. La dernière, enfin, consisterait à partager le congé parental entre le père et la mère, en le raccourcissant et en le rémunérant mieux qu'il ne l'est aujourd'hui.
Mais ces idées pétries de bonnes intentions se heurtent à deux obstacles : le financement des deux premières propositions qui rendraient les entreprises plus que circonspectes. Et une nouvelle législation obligatoire pour le troisième, que ces temps électoraux risquent de repousser aux Calendes grecques. Sûr qu'un jeudi papa-poule, une journée nationale et une petite charte signée coûtent beaucoup moins cher et ne mobilisent pas la Haute assemblée.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr © 6 février 2012
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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr


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Seules les femmes donnaient un avis positif sur cette décision.
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Est-ce qu'on va arriver un jour à partager la grossesse entre le père et la mère ?
Est-ce qu'on va arriver à partager l'accouchement entre le père et la mère ?
Le jeudi papa poule me paraît être une bonne idée. Pour le reste, cela me semble stupide et ridicule.
Pour information, je suis une femme, je pense être féministe mais dans le bon sens du terme : je suis pour l'égalité entre hommes et femmes, mais seulement là où c'est possible. Pas là où il y a incontestablement une différence biologique.
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- à l'heure des grandes économies, encore une "usine à gaz" stérile et coûteuse, pour occuper des stagiaires BAC +10.
- encore un domaine où on attend bcp de l'état+l'entreprise ...comme si l'individu n'en finissait pas de se désengager de tout choix, même celui de passer 1h/jour avec ses enfants. Hessel n'a pas pénétré toutes les consciences... Et si ces chers médias examinaient en profondeur comment se vit le "work-life balance" dans toute l'Europe ?
Une française passée par l'Allemagne et la Suisse = de quoi relativiser
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Je suis Maman active, cadre, et en faveur du partage des tâches, mais je pense que les rôles sont complémentaires, non identiques, et que nous avons tendance à tout mélanger aujourd'hui...
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