Pas de reprise pour les salaires 2010-2011 selon Hewitt
Austérité salariale en vue, faut-il sortir les pipeaux ?

Bon, on vous prévient tout de go. L'an prochain, les augmentations de salaires seront du niveau de cette année : infinitésimales pour les plus veinards, et totalement inexistantes pour tous les autres. Alors, heureux(ses) ? Motivés pour la rentrée ? Prêts à gagner du client ? Parés pour pulvériser les objectifs ?
Le cabinet conseil en rémunérations, à qui l'on doit cette étude déprimante sur le front des révisions salariales 2010-2011*, a vu ses précédents présages se réaliser. C'est donc avec assurance qu'après avoir prédit 2,6 petits pour cent de hausse pour cette année, Hewitt Associates France en conclut que le cru 2011 ne dépassera pas 2,7 %. On est loin des 3,3 à 3,5 % observés en moyenne ces trente dernières années.
Je sais, vous l'avez saumâtre. Mais l'oiseau de mauvais augure, qui vous explique qu'il va falloir poser un mouchoir sur le supplément de pouvoir d'achat tant espéré, a tout prévu. Et même huit solutions pour éviter les mutineries dans les open spaces.
Parmi elles, la com-mu-ni-ca-tion. Charge aux managers intermédiaires, ceux qui s'exposent directement au champ de bataille de la grogne, d'expliquer aux mutins la politique RH de l'entreprise. Dans quel but ? C'est le cabinet qui le dit, « une politique RH connue, comprise et adoptée par tous pour faire de vos salariés vos premiers alliés ».
C'est bien compris ? Il faut certes dire au salarié qu'il peut s'asseoir sur son augmentation pour la troisième année consécutive en s'assurant qu'il adhère à la chouette politique de l'entreprise. Mais il faut le dire avec des fleurs. Et c'est qui le fleuriste ? Celui qui va apprendre aux cadres à composer des bouquets ? C'est le cabinet Hewitt, bien sûr, dont le cœur de métier n'est pas seulement de réaliser des enquêtes, mais aussi de vendre des formations. Celle-ci coûte 850 euros pour une journée. Hors taxes, s'entend.
Une solution certes tentante mais limitée par un détail : les salariés ne vivent pas dans un caisson étanche.Ils reçoivent eux aussi des signaux de reprise. Forcément, ça leur donne des idées. Pas bégueules,ils les partagent volontiers avec les cadres intermédiaires réticents à se faire lyncher par leurs troupes. Et ils leur suggèrent d'en faire passer une aux DRH que la tentation de les inscrire à ce stage démange.
Le message est simple : dites-leur de zapper ces formations et de répartir le budget ainsi libéré entre les salariés. Bien sûr, ce ne sera qu'un tout petit supplément à la très maigre augmentation prévue. Mais il sera certainement mieux perçu que la multi-rediffusion de cet nième épisode de la série « Cap'taine Pipeau vous mène en bateau ».
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 6 septembre 2010
* Etude réalisée auprès de 153 entreprises privées représentant 604 987 salariés entre les mois de juillet et août 2010.
D'accord ? Pas d'accord avec cet édito ? D'autres idées à suggérer ? Notre forum vous est ouvert (ci-dessous)

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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr

* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.
La rémunération variable(concept par ailleurs intéressant) ne résoud pas nécessairement le problème : des objectifs mal définis, plus un zeste de mauvaise foi dans l'évaluation du résultat atteint, et ça fait une belle économie réalisée sur la masse salariale ! Une couche de frustration supplémentaire pour le collaborateur.
La moins mauvaise justification serait de faire valoir les alternatives : OK je t'augmente mais 1) je vire 2 personnes dans le service, tu vas faire leur boulot et ta vie va devenir un enfer 2)d'ailleurs c'est peut être toi qui sera viré à ce petit jeu là 3)finalement, on va délocaliser la boite au Sud-Tailandistan ; les autochtones seront ravis de gagner 10% de ton salaire.
Vu sous cet angle, peut-être qu'on peut trouver tolérable de se contenter provisoirement d'un des pouvoirs d'achat les plus élevés de la planète sans lui voir prendre une croissance à deux chiffres ?
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Bien à vous.
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Comique.
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A qui profite le crime! la morosité ambiante dans laquelle on maintien les salariés, le stress omni présent à tous les niveaux et les messages subliminaux ou scandaleusement assumés en entreprises et dans les médias c'est: "fermez là vous ne connaissez pas votre bonheur"; "ils sont légion sur les rangs du Pôle Emploi qui aimeraient vous remplacer"...etc. Bref c'est le fameux "travaillez plus pour gagner moins" qui plane depuis quelques temps déjà ...mais les profits ils vont ou?.
Ce que le cabinet machin chose ne prévoit pas, c'est le retournement de situation qui va s'opérer d'ici quelques temps, car si le CDI est en quelques sortes un mariage avec une entreprise, lorsque l'équilibre est rompu cela amène au divorce. vous rigolerez tous beaucoup moins lorsque votre chef des ventes ira se vendre ailleurs, vos responsables d'ateliers iront fabriquer chez le voisin, et vos ouvriers qualifiés et techniciens iront faire les yeux doux à vos concurrents moins radins! C'est le concept de l'entreprise mal compris, qui oublie que les non augmentations se chiffreront en milliers d'euros de pertes (temps, productivité, compétitivité, savoirs faire, clients...) au départ du moindre salarié. Et le cabinet qui nous dresse ce pronostic à la noix n'oubliera pas de vous facturer grassements ses services pour remplacer votre Directeur Administratif et financier parti faché pour la concurrence (faute d'augmentation), et vous vendra en plus de la GPEC, un audit et de la merde en boîte pour que vous appreniez à garder vos salariés: Trop drôle!
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Il me semble que l'entreprise a une obligation de financement de la formation professionnelle. L'argent n'ira donc pas obligatoirement dans la poche du salarié mais peut-être vers un OPCA.
Néanmoins le DRH serait bien inspiré de pousser un peu davantage son analyse de besoin en formation...
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