Quels loisirs indiquer dans la rubrique Divers du CV : Cadremploi

Quels loisirs indiquer dans la rubrique Divers du CV

Fatals loisirs


Les candidats à un job de contremaître-fouetteur du chantier de la pyramide de Kheops se posaient déjà la question : faut-il glisser une rubrique « Loisirs » ou« Divers » à la fin de mon CV ? 4 500 ans plus tard, j'y suis allée moi aussi de ma question devant ce recruteur, habitué à voir défiler des CV comme un grand Prêtre du port d'Assouan regardait passer les felouques. Et il m'a calmée d'emblée. « La moitié des CV n'ont même plus de rubriques loisirs ».

 

Ha bon ? Pourquoi tant d'abandons ?« A cause de vous ». Pardon ? Pourquoi diable m'imputer une si grande faute ? « Des années que vous et vos confrères leur expliquez qu'il est inutile d'énumérer ses loisirs s'ils sont banals. » Et des légions de candidats se seraient donc aperçu qu'ils avaient des goûts tout à fait communs, que tout le monde tapait la balle le dimanche, que tout le monde aimait le cinéma, et que les voyages sont un grand kif pour tout le monde. Au-delà de cette profonde remise en question de l'individu en tant qu'être indépendant et pensant, cette similitude des attirances, faisait bailler les recruteurs qui, à force, ne lisaient plus cette rubrique.

 

« Mais, du coup, lorsque d'aventure la rubrique subsiste, elle contient des informations vraiment différenciantes. » Alors elle est lue avec beaucoup plus d'intérêt qu'auparavant. Car dorénavant, les candidats évoquent plutôt de vraies passions, que des loisirs qui ne servent qu'à occuper leur temps libre. Des passions qui peuvent être dévorantes, ce qui n'est pas forcément à l'avantage des postulants. « Etre président d'une grosse association, c'est a priori valorisant pour un cadre... sauf qu'une alerte s'allume : réunions fréquentes et déplacements chaque week-end me font douter de sa disponibilité. »

Sans être forcément chronophages, certaines activités sportives peuvent être jugées trop risquées, comme les sports mécaniques. Le cas extrême, fut celui de Lindsay Owen Jones, Pdg de l'Oréal et pilote automobile. Le conseil d'administration lui a donné le choix : lâcher le volant de sa voiture de course ou celui de l'entreprise. Il a évidemment préféré conserver le second.

 

Nous voilà donc bien avancé. Soit on évite de placer une rubrique « loisirs » dans son CV, soit on risque de se faire retoquer car nos passions prennent trop de temps ou risquent de nous conduire à l'hôpital. Au secours docteur CV, que doit-on faire ? « N'affichez que des loisirs compatibles et valorisants. » Du sport, oui, mais du trekking ou de l'aviron. Des responsabilités associatives, d'accord, mais uniquement lorsque ce sont des structures avec 15 adhérents maximum se préoccupant de la sauvegarde des libellules dans un périmètre restreint.

 

Alors, si on a tout bien compris, les recruteurs souhaitent des rubriques loisirs qui ne soient pas comme les autres. Mais surtout, surtout, qui ne soient pas trop différentes.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 31 octobre 2011

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Quel loisirs indiquer dans la rubrique

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr



Commentaires

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Vos réactions
  • Sandrine Delacroix-Morvan @Delmodec
    Plutôt que d'intituler cette rubrique "Loisirs", il vaut mieux employer le terme "d'expérience extra-professionnelle". Le mot "loisirs" étant parfois connoté négativement.
    Elle peut présenter des Savoirs-être qui n'apparaissent pas forcément dans l'expérience pro ou la formation et qui rendent compte de la personnalité du candidat. A mon sens, c'est dans cet esprit que cette rubrique doit être utilisé.

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  • Freddy
    J'ai été amené à faire quelques recrutements pour des postes de juniors hautement qualifiés. Puisque je recevais des CV de même niveau de compétences professionnelles, souvent ce fut le reste (divers, sports et loisirs) qui me permit de choisir. Par exemple, les deux dernières recrues ont retenue mon attention, l'une pour son engagement citoyen (conseil municipal), l'autre pour tous les petits boulots effectués durant toutes ses vacances depuis l'âge de 16 ans. Je me souviens en avoir écarté deux à cause de la pratique d'un sport qui se voulait être plus un clin d'oeil de caste qu'une passion à transmettre. Je pense que s'il ne faut pas s'inventer des loisirs activités non pratiquées (attention au recruteur qui connaît le sport ou loisir évoqué), il ne faut pas cacher celles qui sont constitutives de notre personnalité.

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  • Sylvia Di Pasquale, auteur de cet
    Merci pour vos réactions! J'aime beaucoup l'image de la patate de Sofa, Dave. Si vous la testez sur votre CV, tenez-nous au courant :)

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  • Sylvia Di Pasquale, auteur de cet
    Merci pour vos réactions! J'aime beaucoup l'image de la patate de Sofa, Dave. Si vous la testez sur votre CV, tenez-nous au courant :)

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  • PERRIN DAMIEN
    Directeur d'une PME, je rencontre régulièrement des candidats, que ce soit pour des stages ou pour des emplois.
    Compte tenu du nombre de postulants il faut généralement faire une selection documentaire des personnes à rencontrer.

    Dans de nombreux cas les caractéristiques relationelles, la pugnacités, la rigueur, etc... sont aussi selectives que d'autre compétences.

    Si pour un séniors, la carrière et la présentation des documents suffisent souvent à sefaire une idée, par contre pour les juniors,cette rubrique loisir est utile pour mieux appréhender le profil du candidat.

    Le candidat qui ne s'en sert pas s'ampute peut être de chance d'être selectionné.

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  • Dave in Africa
    C'est comme si rien n'avait été dit sur le sujet.
    On est pas plus avancé sur le sujet.
    On penserait que les RH préfèreraient les sportifs et les responsables d'association aux loukoums. Apparemment il n'y aurait plus de honte à se changer en patate de sofa.

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  • Herv
    Ni trop, ni trop peu !
    Je comprends que des loisirs à hauts risques, chronophages ou atypiques puissent faire peur à de futurs employeurs. Cependant, une passion ne se pratique pas tout à fait par hasard. Elle est aussi l'expression d'une personnalité, d'un tempérament. Tempérament qui a des vertus professionnels : le goût de l'effort, l'envie de dépasser ses limites, le souhait d'implication ... Une passion, c'est aussi une "soupape" qui permet d'être disponible dans son activité professionnelle sans craindre la surpression "fatale". Je ne doute pas que les entreprises comprennent qu'une passion est un "moteur" de bien-être et que comme en bien des choses, il s'agit de la "consommer" avec modération.

    Pour finir, une anecdote d'un cabinet de recrutement lors d'un entretien dont je ne garde pas un grand souvenir : parlant de ma passion pour le jazz et de ma pratique détendue du saxophone ténor en amateur de 47 ans à l'école de Musique de mon village, je me suis entendu poser cette question qui m'a semblé aussi surprenante qu'idiote : ne voulez-vous pas en faire votre profession ?

    Cordialement.

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  • MPOUAL M Philippe
    Votre article est fort intéressant car il a alimenté plusieurs de mes débats avec des amis.
    Quand à moi,il y a longtemps que j'ai pris le parti de mettre tout ce que je fais.
    Mon dernier poste, j'ai été directement approché par l'entreprise parce que je suis membre d'une confrérie des vins; j'ai été refoulé à un autre parce que j'avais des activités à connotation religieuses, alors qu'une de mes amies a été embauchée à un poste très délicat où on comptait de l'argent et avait des informations très confidentielles sur les gens, parce que justement la mention de son engagement chrétien lui conférait des à-priori positifs quant à sa probité.
    Conclusion: comme je n'ai pas de boule de cristal pour deviner ce que pense le recruteur ou ses tendances philosophiques, ma rubrique "divers" est intitulée " Vie culturelle sportive et sociale: atouts liés". Elle est riche et développée. Et tant pis pour les grognons ! Merci de votre attention

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  • Del
    Trop formé, pas assez formé
    Trop d'expériences, pas assez d'expériences
    Trop cher, pas assez gourmand
    Trop vieux (mon cas), trop jeune
    Trop d'activités extra-professionnelles, pas assez de loisirs enrichissants
    Le CV comme la lettre de motivation ne sont que des amuse-gueules de recruteurs qui devraient être au chômage plutôt que d'imaginer des théories fumeuses proposées pour la rédaction de ces documents.

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  • beauvois
    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer. Les recruteurs sont vraiment pénibles. L'un veut ci mais pas ça, l'autre veut ça mais pas ci. Pour l'un c'est la photo du CV ou sans la photo du CV. Un autre c'est un CV chronologique mais l'un préfère par compétences etc. etc.

    Il y a plus de 2 700 000 chômeurs de catégorie A en France et on nous dit que les recruteurs veulent tels ou tels format de CV variant d'un recruteur à l'autre. J'entends aussi dire que les entreprises ne trouvent pas suffisamment de personnel.

    Mesdames et messieurs les recruteurs harmonisez vos critères, vos codes, vos manières de recruter. Je pense vraiment que vous trouverez des personnes capables, performantes, motivées et pleine d'énergie au service de vos entreprises et non pas des candidats dont l'énergie se sera dispersée, affaiblie voir épuisée par une recherche du ou des codes secrets qui leurs permettra de décrocher l'emploi tant convoité.

    Arrêtez de vous compliquer l'existence et celle des autres. Revenez à des critères plus simples, vous obtiendrez beaucoup plus de résultats. C'est bien ce qui est demandé dans ce monde de l'entreprise d'aujourd'hui: la culture du résultat.

    Olivier BEAUVOIS
    coach en recrutement et au retour à l'emploi

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