Bénévolat et accès à l'emploi
Bénévolat, une arme à double tranchant sur un CV

Vos déboires autour de la fameuse rubrique « loisirs » du CV, nous les évoquions ici il y a une petite quinzaine. Vous avez réagi, commenté, approuvé ou rejeté. Certains d'entre vous ont témoigné plus directement, pour nous expliquer que pour faire fuir un recruteur, il y a pire que le classique triptyque « cinéma, lecture, voyage ». Il y a le bénévolat.
A vous croire, ce temps offert sans but lucratif n'a pas la même valeur selon que l'on est candidat ou recruteur.
Mais quelques expériences ne font pas une tendance. Alors on a cherché, vérifié et trouvé. Sept centres de recherche en économie et sociologie, regroupés sous le drapeau de la Fédération TEPP (Travail, emploi et politiques publiques), se sont penchés sur cette question au début de cette année. Les chercheurs ont réalisé de faux dossiers de candidature de jeunes diplômés de l'informatique et des métiers de la banque assurance. Certains de ces chercheurs d'emploi pour de rire avaient inscrit sur leur CV des activités bénévoles, d'autres non. Devinez quel groupe a recueilli le plus d'entretiens ? Les non-bénévoles.
Conclusion des chercheurs ?« Il est possible que l'employeur anticipe une plus faible disponibilité du fait de l'engagement bénévole. » Certains pros des RH considéreraient donc cet investissement chronophage et susceptible d'empiéter sur le job pour lequel le candidat postule et veut être payé. Certes, de tels débordements existent. Un amateur d'ornithologie peut passer ses nuits à observer le bruant des plaines en pleine ponte, et revenir lessivé au boulot le lendemain.
Mais cet a priori ne date-t-il pas d'un autre siècle ? Du temps où l'on se donnait corps et âmes à l'entreprise, une et unique, de sa sortie d'école jusqu'à la retraite ? C'est fini, messieurs dames, les générations montantes ne veulent plus de ces diktats. 29 % des 15-24 ans pratiquent une activité bénévole. Et pour 80 % d'entre eux, ce type d'action est même « un atout dans leur CV », qui « permet d'acquérir des compétences » pour 72% de ces jeunes, selon une autre étude signée France bénévolat. Leurs aînés, les 25-34 ans, ne sont pas en reste puisque 25% de cette tranche d'âge pratique toujours l'action désintéressée. Et ce sont rarement les plus fainéants. Pour eux, avoir une passion autre que le bureau, et même deux jobs, n'est plus tabou. En avoir un seul, augmenté d'activités sans but lucratif encore moins. Sport, solidarité, culture, peu importe la thématique qui les emballe. Ils y sont (forcément) sensibilisés au collectif et à l'intérêt général. Autant de choses que les DRH recherchent, allant jusqu'à nourrir (grassement) des agences événementielles pour concocter des team buildings (de folie), pour retrouver un peu de ce spirit (perdu).
Participer à des actions collectives peut être bénéfique, et pas seulement à titre personnel. On le sait, certaines activités sportives servent de réseaux, y compris professionnels. Et pas seulement le golf. Certaines activités politiques également. Et peu importent leurs couleurs. Et il y a toutes les associations professionnelles. Il est d'ailleurs tout à fait possible que, parmi les DRH qui se méfient des bénévoles, l'on trouve des membres de l'ANDRH (Association nationale des directeurs des ressources humaines). Des bénévoles, donc.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 14 novembre 2011
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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr

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Les auteurs n'ont en effet pas testé
• des candidates féminines
• des activités bénévoles directement en lien avec la profession (par exemple engagement bénévole avec des tâches d'informatique pour les professions informatiques)
• des expériences bénévoles à l'étranger
• des candidats prétendant à des postes d'encadrement. Tous les candidats sont des jeunes diplômés qui prétendent à des postes « juniors » (d'après ce qu'on peut déduire du document proposé).
Les écarts sont par ailleurs petits, voire minimes et les auteurs constatent eux-mêmes que là où le bénévolat intéresse, les recruteurs se montrent plus insistant dans les invitations à un entretien, autrement dit qu'on les relance plus souvent.
Quant aux raisons des employeurs évoqués : elles reposent uniquement sur les suppositions des auteurs. Les recruteurs n'ont pas été interrogé par la suite sur leurs motivations.
On n'apprend rien n'ont plus sur le profil des employeurs potentiels et d'éventuels différences. Il ne serait par exemple pas étonnant à mon avis, si les grandes sociétés, dont les recruteurs sont potentiellement mieux formés et spécialisés dans la lecture de CV, donneraient davantage de poids aux qualifications extra-professionnelles, tandis que les recruteurs de PME/PMI qui sont plus rarement des spécialistes du recrutement s'arrêtent davantage sur des réflexions du genre « s'il est bénévole, il sera moins disponible ».
Frank Seidel
http://www.projects-abroad.fr
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Au syndicat des cabinets de recrutement, SYNTEC CONSEIL EN RECRUTEMENT nous avons pris clairement partie pour la valorisation de ces engagements en assurant la promotion du "CV Citoyen".
L'idée est d'inciter les candidats à créer leur cv citoyen ou à développer de manière plus importante dans leur cv les compétences acquises dans des engagements bénévoles.
Cette idée vient à l'origine de l'association Odissée (www.odissee.fr) qui a pour vocation de promouvoir le dialogue dans la société français et qui est notre partenaire sur ce projet.
Les bénéficiaires de ce programme sont multiples:
- les candidats qui en réfléchissant à ce que le bénévolat leur a apporté peuvent mettre en lumière des compétences supplémentaires par rapport à celles acquises dans leur parcours strictement professionnel;
- les recruteurs (d'entreprise et de cabinets) qui peuvent découvrir chez les candidats des compétences qui ne seraient pas apparues si les candidats n'avaient pas parlés de leurs engagements bénévoles/citoyens,
- les gestionnaires de carrières d'entreprises qui peuvent valoriser leurs programmes de développement des ressources humaines et promouvoir le sens du collectif avec l'outil "cv citoyen",
- la société française en général qui a bien besoin en ce moment de développer et promouvoir le sens de l'intéret général.
Ce programme CV Citoyen rencontre un vif succès depuis que nous l'avons lançé:
- tous les adhérents de Syntec Conseil en recrutement militent pour ce projet qui revalorise l'entretien d'embauche,
- nous sommes intervenus au CESE (Conseil Economique Social et Environnemental)le 13 octobre lors d'une journée consacrée à la reconnaissance du bénévolat,
- les organisations professionnelles MEDEF, Fédération SYNTEC ...) et salariées (CFDT ..., les associations (AFEV, Croix Rouge, Scouts de France, AFIJ ...)encouragent ce projet.
Enfin, même si du chemin à parcourir reste important, il y a déjà beaucoup de militants sur ce sujet, l'étude citée par votre article, que nous connaissont, ne concerne que deux secteurs d'activité et le laboratoire de recherche en sciences humaines de l'Université de Créteil (LARGOTEC) a menée une étude qualitative en 2010 dont les résultats sont très encourangeant et sont inverses par rapport à l'étude citée.
Je reste donc très optimiste sur notre capacité à faire évoler les mentalités à grande échelle sur ce sujet.
François Humblot
Administrateur de Syntec Conseil en Recrutement et Président de Syntec Etudes et Conseil.
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Moi, j'ai laissé tomber cette évolution de l'entreprise (un vrai champ politique, de performance purement individuelle et de coups bas sans limite) depuis 9 ans, et dés 2003, les Quatre années totalement bénévole 24h sur 24h 365 j/an que j'ai par choix enchainées sans compter, auront été révélatrices à mes yeux de mon plus bel intérêt de fond en accomplissement d'un projet (comme un projet industriel), mais tourné sur l'humain, plus exactement sur l'aide à la perte d'autonomie avec l'âge, simplement finalement un acteur parmi les 3 à 4 millions de bénévoles composant et oui l'entreprise en effectifs la plus importante en France, et qui, par leur action, permette de soutenir ou/et d'aider à faciliter voire prolonger la vie et un petit bonheur à ceux/celles qui pourraient en avoir besoin. En outre, les fameux 3-4 millions de ces bénévoles, auront chaque année permis de contribuer à 7 % du PIB, et oui, car en aidant les autres à vivre, tout en étant bénévole, l'on fait fonctionner au travers de ces autres aidés l'économie.
Bref, le plus beau projet que j'ai piloté dans ma carrière, mais bénévole, et sans "piaf....fer", "je ne regrette rien", comme dirait la chanson, en outre de rajouter en m'appuyant sur Saint-Exupéry, "l'essentiel est invisible au yeux des autres", (je rajouterai en complément dans le sens de faire le bien sans le montrer). Alors, sur ce, bon courage à ceux celles qui bénévole hors de leurs heures de travail, seraient amené à trancher pour citer ou pas sur un CV une rubrique attenant au bénévolat. Pour ma part, depuis 2003, bien que pas en retraite, et sachant que je ne ratrapperai pas cette période en terme de cotisation, je me serais mis en situation de changement de cap "professionnel" ou plutôt de "vie", qui m'autorise aujourd'hui la liberté de ne plus avoir à rédiger un CV, et de devoir avec ou sans bénévolat, de le justifier. Petite remarque : pour en arriver là , il faut cependant quelques capacités de "prévision en tendance lourde d'évolution de l'avenir", et pas seulement à 2-3 ans, mais plutôt à 20-30 ans pour se préparer à ....., sinon, sans perception ni anticipation à X années de l'avenir, ce prix de la liberté peut s'averrer inacessible. Sur ce, Mon âme et ma conscience sont en paix. Cordialement. JC.
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Et oui mais il faut être réalistes, encore beaucoup de décideurs ont été moulés au siècle dernier et il faudra bien... 30 ans (au même poste pour certains) pour qu'ils s'éteignent comme leurs prédécesseurs les dinosaures... et que les idées avancent dans beaucoup d'entreprises que je ne nommerai pas...
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J'ai été candidat et recruteur en fonctions ventes, ai fait du bénévolat et ai toujours privilégié mon job lucratif par rapport au bénévolat. La question n'est donc pas tant de savoir ce que le candidat fait, mais "pourquoi" et "pour...quoi".
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En fait tout dépend où l'on inscrit cette action dans le CV. Par exemple un trésorier d'association pourra l'indiquée dans le champ "expériences" ce qui sur un profil technique ou commercial permet de maîtriser le professionnel ET le financier (conduite de projet). Sans toutefois que cela soit redondant avec d'autres éléments du CV.
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