Travail à l'étranger : seuls 3% des cadres dirigeants prêts à quitter la France : Cadremploi
Accueil  > Actualités > L'édito de Sylvia Di Pasquale > Cerveaux français : une fuite ? Quelle fuite ?

Travail à l'étranger : seuls 3% des cadres dirigeants prêts à quitter la France

Cerveaux français : une fuite ? Quelle fuite ?


C'est une grande peur savamment entretenue. Sauf qu'elle ne repose que sur un fantasme monté en une douteuse mayonnaise par quelques exemples isolés. La frousse en question voudrait que nos cerveaux forts en thème, nos managers forts en kilos euros et nos dirigeants forts en jetons de présence n'aient qu'une chose en tête : fuir à l'étranger pour éviter le fisc, et toutes les entourloupes d'un Etat français qui ne chercherait, ce vilain, qu'à les empêcher de travailler et d'accumuler leur argent tant mérité. Alors qu'ailleurs ne serait que paradis de la fructification financière.

Manque de chance, une étude du cabinet Experteer vient nous dire exactement le contraire. Seuls 3 % de ces super-cadres de l'entreprise se sentiraient une âme d'expat. Et parmi cette infinitésimale minorité, la majorité opterait, en cas de départ, pour un pays francophone (sans doute un rapport avec le faible niveau des Français en anglais). Les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, havres de la liberté de gagner de l'argent sans honte ? Ils n'attireraient que 8 % des partants. Et 8 % de 3 %, ça ne vous fait pas une tendance lourde. Ni une bonne raison de fermer les frontières. Ni un motif suffisant pour se lancer dans un dumping social, histoire de concurrencer ces pays de la vraie liberté qui attireraient tant nos cerveaux.

Mais au fait, quelle est la crédibilité de ce cabinet Experteer en matière de têtes bien faites et de comptes en banques bien remplis ? Justement, cette officine européenne du recrutement haut de gamme est plutôt bien placée pour connaître ces super-cadres, puisqu'elle se charge à longueur d'année de leur dénicher des jobs, dans toute l'Europe comme en Amérique du Nord. Il lui a donc suffit de puiser dans son vivier de candidats pour savoir de quoi il en retourne.

Évidemment, cette enquête ne vise que les cols blancs. Pas les chercheurs du CNRS ou d'autres organismes d'Etat qui, équipés de leur Bac + 8, touchent le salaire d'un plombier en 4/5e. Ils ont peut-être - sûrement - plus de rêves d'évasion que leurs homologues du privé. Sauf qu'eux ne dénoncent pas l'interventionnisme forcené de l'Etat. Mais juste l'inverse.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 18 avril 2011

Une réaction ? Un témoignage ? Le forum ci-dessous vous est ouvert.

Les cerveaux français majoritairement casaniers

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr



Commentaires

* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.




Vos réactions
  • George
    Je reste sur ma faim concernant l'article, qui ni fournit que deux chiffres et pas d'informations de tendance.

    La fuite des cerveaux, chercheurs et doctorants, est bien décrit par un article du Figaro à propos d'un rapport de l'institut Montaigne. Un extrait:

    "Quant aux post-doctorants ayant obtenu leur doctorat en France, ils sont 50 à 55% à partir à l'étranger, dont un tiers aux États-Unis."

    Répondre

  • Arnaud
    Il me semble un peu reducteur (mais assez demonstratrice du sentiment "vie a l'etranger=riche=ennemi" que l'on percoit encore souvent en Gaule) de ramener la fuite des cerveaux a une tentative d'echapper au fisc...

    Ayant ete jeune diplome il n'y a pas de ca tres longtemps et maintenant dans mon deuxieme pays etranger (non-francophone) en 7 ans, c'est davantage l'attrait d'une carriere moins politisee, plus orientee vers le resultat et guidee par l'implication personnelle et surtout le cadre de vie (desole mais les ~2h de bouchons quotidiens je n'en pouvais plus quand ce n'est pas les trains deja limites en frequence qui etaient en retard) qui ont guide mon choix. A aujourd'hui 30 ans, au dela de la situation financiere, je n'ai surtout qu'a regarder mes amis de promos restes en France et ceux partis a l'etranger. L'evolution de carriere n'a pas ete la meme et, aujourd'hui, les responsabilites non plus.

    Maintenant, tout n'est pas parfait mais si l'on n'y trouve pas son compte on rentre. Et c'est la qu'il faudrait regarder: combien rentre? et quelle implication pour l'avenir du pays dans les 10-20 ans a venir?

    Répondre

  • George
    Je reste sur ma faim concernant l'article, qui ni fournit que deux chiffres et pas d'informations de tendance.

    La fuite des cerveaux, chercheurs et doctorants, est bien décrit par un article du Figaro à propos d'un rapport de l'institut Montaigne. Un extrait:

    "Quant aux post-doctorants ayant obtenu leur doctorat en France, ils sont 50 à 55% à partir à l'étranger, dont un tiers aux États-Unis."

    Répondre

  • Maxerem
    Bien vu ! Les malins qui ont creusé leur trou dans le fromage ne songent pas à laisser leur place, faut pas rêver.
    Mais les plus jeunes s'expatrient sans complexes: un (bon) étudiant dans un domaine technique ou scientifique trouve plus facilement un stage à l'étranger en France : un vrai stage avec une vrai sujet, une indemnité correcte et parfois même une indemnité de logement. Autour de moi, les jeunes se barrent, en masse. Beaucoup ne reviendront pas ou repartiront facilement. J'ai connu l'époque ou je pouvais attirer les "bons" stagiaires en France. Cette époque est révolue, il n'y a pas de propositions pour eux, pas d'indemnité, pas de sujet intéressants....
    Pauvre France: on a des "managers" surpayés qui font des concours de salaire et la désolation sur tout le territoire. Ca ne pourra pas durer éternellement.

    Répondre

  • Laurent
    La fuite de cerveaux est effectivement peut-être faible, mais il y a peut-être aussi une autre fuite au niveau des jeunes diplomés. De tous ceux et celles qui sont partis à l'autre bout du monde dans le cadre de leurs études ou de VSNE, il y en a qui y ont rencontré l'amour de leur vie. Mais au moment de revenir en France, ils y ont renoncé face à toutes les tracasseries administratives pour faire venir leur conjoint étranger. Un petit pourcentage, mais parmi les plus dynamiques des cadres vraissemblablement.

    Répondre

  • Eric Dumest
    cette étude sent le bidon à plein nez, il suffit d'aller à la sortie des écoles d'ingénieurs et voir où ils rèvent d'aller travailler et où ils le font dès qu'ils peuvent : A L ETRANGER !!! La fuite devant le fisc français n'en n'est pas l'unique raison mais c'est un ensemble.

    Répondre

  • Expatrie Malaisien
    Seuls 3% des super-cadres se sentent peut-etre une ame d'expat, mais le vrai probleme de la France est la generation X ou Y qui elle part a l'etranger tres tot pour ne plus revenir.

    De plus, quitter la mere patrie a un jeune age demande un gout du risque et de l'aventure qui s'associe tres bien avec l'entrepreneuriat...

    Sur ce, bonne chance pour financer votre systeme de retaite.

    Répondre


Vous devez renseigner tous les champs :