Note secrète sur le chômage des jeunes diplômés : Cadremploi
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Note secrète sur le chômage des jeunes diplômés

Chômage des jeunes : un secret bien gardé


Dans le registre des chiffres catastrophiques, vous pensiez être blindés, revenus de tout et prêts à encaisser des tombereaux de baisses en tous genres. Mais ceux qui figurent dans la note gouvernementale et confidentielle révélés cette fin de semaine par le quotidien en ligne Mediapart (1), ont de quoi filer un coup de bourdon aux pessimistologues les plus blasés. Selon la note, le chômage des jeunes issus des "zones urbaines sensibles" a progressé de 57,2 % entre janvier 2008 et janvier 2009. Résignés, on se dit que c'est une situation logique, puisque cette population, discriminée et en manque de qualification, est la première à souffrir de la crise.

Sauf que selon la note top secrète qui ne l'est plus, le chômage des jeunes les plus qualifiés, titulaires d'un niveau Bac + 3 et plus, a quant à lui totalement explosé, progressant de 104% durant la même période. Soit deux fois plus que pour les non diplômés. Exit, donc, l'explication de la sous-qualification pour justifier cette hausse. Comme la crise à elle seule, ne la justifie pas non plus, puisque celle-ci ne remonte qu'aux derniers mois de l'année passée.

Pour en rajouter dans l'effroi, la note précise également que nombre de demandeurs d'emploi issus de ces zones sensibles (750 zones officiellement recensées à travers le pays et Outre-mer), ne se donnent même plus la peine de s'inscrire au Pôle emploi, estimant que l'organisme ne peut rien pour eux et que, de toute manière, ils ne touchent, pour le moment, aucune indemnités. On n'ose même pas imaginer quels sont les chiffres effectifs du chômage dans ces quartiers.

Cette situation pose plusieurs problèmes aussi insurmontables les uns que les autres. Et on comprend pourquoi nos gouvernants n'ont pas tenu à diffuser cette note auprès des médias.

C'est que, vue l'ampleur du désastre, ces zones sensibles sont devenues des cocottes-minutes sociales qu'une simple pression supplémentaire pourrait faire exploser. Un coup de chaleur d'autant plus à redouter au moment où la France entière est à cran, ou plus de 2 millions de personnes se sont retrouvées dans la rue le 19 mars dernier, sans revendications précises mais avec un lourd sentiment d'injustice.

Et puis - et c'est tout aussi grave à long terme - de tels chiffres risquent de pulvériser l'idée même qui gouverne toutes les formes d'éducation depuis qu'elles existent. Celle, toute simple, qui veut que « si l'on travaille bien à l'école, on aura un meilleur boulot ». Une idée qui s'était transformée ces dernières années en « avec un diplôme, tu auras au moins un travail ». Et qui risque d'évoluer en « plus tu fais d'études, moins de chances tu auras de trouver un travail ».

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 23 mars 2009



Commentaires

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Vos réactions
  • lilou
    Le chômage de masse a été organisé par l'UE pour permettre aux états nouvellement intégrés de rattraper le niveau de vie des pays "locomotives". C'est la raison pour laquelle il n'y a pas d'inflation (risque d'augmentation de salaire trop élévé).L'europe se construit sur le dos des salariés et les patrons en profitent un max ! Dire qu'il faut un niveau bac+ pour l'ensemble de la jeunesse ne fait q'amplifier ce phénomène. Personne n'imagine une société où il n'y aurait que des diplômés et aucun ouvrier. Qui ferait le travail ? Ben les immmigrés ! CQFD

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  • touron
    maitrise de droit bac + 4
    si j'avais su à quel point je ramerais pour trouver un vrai travail je n aurais pas fait d'études et je n'encouragerais pas mes enfants à en faire
    je suis issu d'un milieu pauvre j'avais 300 euros de bourse universitaire par mois et je croyais qu'en faisant des études j aurais un niveau de vie meilleur que celui de mes parents c est de la foutaise
    j ai 33 ans et je n'ai toujours pas de vrai travail en rapport avec mes études j ai fait des petits boulots et actuellement cela fait plus d'un an que je suis demandeur d'emploi non rémunéré car pas assez de chomage
    si c'était à refaire je me serait arrété au brevet des collèges
    les études cela ne sert à rien si tu n'es pas issu d'un milieu favorisé

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  • Noob
    Quand bien même vous trouveriez un taf par chance, voici un exemple de vie, le mien : Après l'obtention d'un M2, je me suis bradé au smic à Paris, avec 2 h / jrs de rer bondé qui arrive à l'heure 1 /2 à voir des têtes d'enterrement pour arriver dans un 16 m² partagé avec mon frère, une ambiance naze, pas de vacances depuis le début parce que « la première tu n'as pas de vacances », des heures sup non payées, se dire que « j'ai de la chance » en sortant du boulot et voyant que d'autres avec le même statut fouillent dans les poubelles pour manger.

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  • Albert
    Comment se porte la crise, notre gouvernement et nos dirigeants de grandes entreprises??
    Très bien Merci!! Crise et gouvernement se gavent sur le dos des jeunes et moins jeunes. Seul le patronat et le gouvernement en profitent pour ramasser un maximum d'argent facile et récupérer de la main d'œuvre de haut niveau pour le prix de jeunes salariés. Cela ne durera pas. Les jeunes diplômés, ou non, quittent la France et légèrement moins l'Europe.
    A qui profite le crime ??
    1)A ceux qui sont nommés dans les lignes précédentes
    2)Le pays qui récupère de la main d'œuvre sur évaluée et prête à rester dans leur nouveau pays d'accueil.
    Nos dirigeants de France, ou d'entreprise font un mauvais calcul à court terme.
    « Je gagne un fric fou et advienne que pourra pour l'avenir, et les salariés ».

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  • dairnw
    C'est l'histoire d'un troupeau de mouton menée par un berger aveugle au bord d'une falaise. Arrivent derrière quelques loups affamés. Parmi le troupeau quelques brebis égarées conscientes du danger essayent de faire marche arrière. Mais soit elles sont reprises par le troupeau, soit elles sont mangées par les loups. Seulement, un beau jour tout ce beau monde arrive au bord du gouffre. Et seuls quelques malins ont un parachute...

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  • hauy-breelle
    "Et qui risque d'évoluer en « plus tu fais d'études, moins de chances tu auras de trouver un travail". Nous y sommes déjà, pour habiter un logement social, avec des relations de classes sociales basses à moyennes, j'ai ce genre de réponse lorsque je discute des études que mes enfants veulent entreprendre. Le monde étudiant est élitiste, mais il se forme en son sein un noyau royaliste. La prostitution de quelque nature soit-elle n'est pas une solution lorsque l'on a encore des illusions. Mais ne les perdons pas, car ce sont elles qui feront bouger ce monde.

    Peter PAN

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  • Caron Patrick
    Pauvre France! Quand enfin les employeurs et recruteurs comprendront qu'ils faut embaucher des compétences et des motivations, on aura tout gagné! Mais pour l'heure, on a trop ou pas assez de diplôme, trop ou pas assez d'expérience (si, si, situation vécue!)les recruteurs sont incapables de déceler le potentiel des candidats (à tout vouloir trier via des logiciels...), et de nombreux employeurs peinent à trouver les candidats qui leur conviennent! A trop chercher la perle rare, on ne trouve personne!

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  • CONGAR

    J\'ai 36 ans, et ai été débarqué en janvier cette année. J\'ai de l\'expérience et ai atteint un poste de directeur de centre de profit...mais je n\'ai qu\'un bac+2, là où normalement je devrais avoir bac+5...!Donc réponses systématiques des annonceurs (quand ils répondent...): pas assez diplomé, ou plus insidieux, \"vous ne répondez pas à tous les critères\". Donc, out l\'expérience, out le coût (bac+2 moins cher qu\'un bac + 5, n\'est-ce pas) ! J\'en viens à me demander qui est recrutable aujourd\'hui???
    Le problème du chomage vient en grande partie de cette sinistrose entretenue par les médias, et relayée par les \"partis politiques à l\'affut d\'un retour inespéré\" sur l\'échiquier politique!
    Allons, réveillez vous!

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  • V
    104% quand même...
    De toute façon, ce n'est pas une réelle surprise vu le peu d'offres d'emploi. Et même quand il y en a, parfois les entreprises te rappellent après l'entretien pour te dire que le poste est gelé pour raison économique.
    Dans la communication, d'habitude il n'y a pas grand chose mais en ce moment c'est carrément le vide sidéral. J'aurais dû faire contrôle de gestion...en temps de crise, les entreprises sont plus intéressées par ceux qui cherchent le moyen de faire économiser plutôt que ceux qui font dépenser.

    Pour la dernière phrase : "plus tu fais d'études, moins de chances tu auras de trouver un travail", oui peut-être mais bon les jeunes diplômés sont malléables et vont sûrement être amenés à se brader pour décrocher un job. Ou alors à faire des stages encore et toujours...

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  • BARRIER Herv

    Actuellement demandeur d\'emploi, j\'en ai assez de tous ces commentaires qui attisent les braises et qui n\'apportent strictement rien.
    Tout ceci n\'est que du vent. En période de crise nous attendons des informations qui indiquent les meilleures pistes pour retrouver un emploi et non qu\'il rejoigne le choeur des pleureuses.
    Bien à l\'abri au sein du fromage, il est facile de se défouler de jouer sur l\'émotionnel et de se donner bonne conscience à la place des personnes concernées.
    Comme toujours il y a ceux qui rament et ceux qui regardent les autres ramer.

    Au fait ma fille qui vient de terminer ses études en négociation internationale a trouvé un emploi sur Rennes en deux mois, grâce au travail fourni et au diplôme obtenu.
    Il aurait sans doute mieux valu qu\'elle ne fasse pas d\'études.

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