Décennie numérique

Bien sûr, il y eu un attentat meurtrier (le 11 septembre), une élection métissée (Obama), une monnaie partagée (l'euro) et un climat menacé. Mais aux bouleversements de la décennie bien agitée qui s'achève, s'en ajoute un autre, pas moins important. C'est celui du numérique et des changements qu'il implique, jusque dans le recrutement. Bien sûr, les spécialistes nous enverront leurs tombereaux de chiffres estampillés afin de nous persuader que l'Internet remonte aux calendes grecques, le portable à une génération d'avant, et la photo sans pellicule à la fin du siècle dernier. Pourtant c'est bel et bien entre 2000 et 2010 que ces nouveaux outils et l'univers qu'ils charrient se sont immiscés dans nos vies de non-spécialistes et s'y sont installés pour tout chambouler dans le monde du travail, comme dans la manière d'en trouver.
Dans ce domaine, l'Internet a presque tout emporté, de la bonne vieille petite annonce imprimée à la candidature timbrée. Ouvrir un journal en papier pour y dénicher une offre d'emploi devient de plus en plus rare. Seule survivance de ces temps d'avant : le coup de fil. Celui que l'on donne pour relancer le recruteur, ou celui que l'on attend pour connaître son verdict. Sauf qu'il y a dix ans, on patientait à la maison, ou alors on prenait soin de s'équiper d'un répondeur (à cassettes). Aujourd'hui, on apprend la bonne (ou la mauvaise) nouvelle en arpentant le Mont Blanc ou les rayons du supermarché.
Le numérique ne fait que simplifier la vie et gagner du temps, penseront donc ceux qui ne font que copier-coller le mode de vie d'avant à celui d'aujourd'hui. Sauf que pas vraiment. Même le téléphone en perd son « allo ». Si les réseaux sociaux s'installent durablement, c'est aussi (et surtout) parce que les smartphones les ont accaparés. On twitte et on facebooke en attendant son train, son métro et son prochain boulot. Recruteurs et candidats s'y rencontrent. On se glisse dans les communautés. On échange, on se renseigne, on propose, on construit, on participe.
Et demain ? Demain sera encore plus interactif espère-t-on. Parce que, pour le moment, entre les candidats et les entreprises, la grande majorité des échanges gardent leur bon vieux formalisme. Le CV est toujours dans la course ; la lettre de motivation reprend du service comme outil de sélection par l'orthographe ; l'entretien n'a pas disparu, la seule révolution dans ce domaine étant qu'il est parfois mené à distance par caméra interposée. Il y a deux ans, tout le monde se jetait sur le monde virtuel de Second Life qui n'est aujourd'hui plus que l'ombre de son avatar. Les réseaux sociaux comme Viadeo et LinkedIn sont certes plébiscités par les candidats et une minorité de recruteurs technophiles. Les autres, la grande majorité, utilisent ces outils avec parcimonie, faute de temps ou de curiosité peut-être. Signe que le monde du recrutement est sacrément conservateur. Pour combien de temps encore ?
Quel que soit le cours des choses, Cadremploi vous accompagnera. Car les années 2000 ont initié un autre changement majeur pour les hommes comme pour les entreprises : l'obligatoire rapidité d'adaptation.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 4 janvier 2010
Toute l'équipe de Cadremploi vous présente ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2010.

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr


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