interim et cdi
Demain, tous intérimaires ?

Enchaîner des contrats temporaires tout en étant en CDI. C'est peut-être l'avenir de l'emploi qu'esquisse une simple idée, un projet que les dirigeants de Randstad, l'un des géants de l'intérim, tentent actuellement de promouvoir. Leur souhait ? Embaucher une partie de leurs intérimaires, les plus qualifiés, en contrat à durée indéterminée et demander pour ces derniers, la levée des verrous qui freinent le recours à l'intérim. Plus besoin d'attendre un surcroît d'activité, un remplacement ou l'un des motifs légaux de recours à l'intérim pour appeler son agence de travail temporaire. C'est quand on veut, et tant qu'on veut.
C'est donc pour présenter cette singulière idée que François Béharel et Abdel Aïssou, respectivement PDG et DG de Randstad France, s'en sont allés trouver Xavier Bertrand, ministre du Travail il y a quelques semaines. « L'heure me semble venue pour notre profession d'aller plus loin », écrivait François Béharel dans une tribune passée plutôt inaperçue le 2 février dernier. Il récidivera cette semaine.
Pourquoi cette insistance ? Car, après tout, Randstad est une entreprise comme une autre qui peut embaucher comme une autre. Et si elle veut recruter ses intérimaires, cela ne regarde qu'elle. Sauf que seul le législateur peut faire sauter les fameuses contraintes du recours à l'intérim. D'où la nécessité de convaincre le Gouvernement d'en passer par une modification de la loi. L'autre raison est financière : la profession se voyant mal financer les périodes d'inter-missions de ses intérimaires en CDI, elle souhaite recourir à des fonds publics.
Il n'en reste pas moins que dans une négociation entreprise-Etat, comme dans tout échange, chaque partie doit y retrouver ses intérêts. Dans cette négo-là , on comprend bien l'intérêt de Randstad : ses intérimaires se sentiront sécurisés et ses bons éléments ne penseront plus à fuir l'intérim vers la première boite classique venue. En plus, les verrous ayant sauté, ses clients vont se multiplier. Et en cas de manque de mission, l'Etat veillera et compensera.
Pour les entreprises clientes de Randstad, le bénéfice serait tout aussi évident. Si un tel système se généralisait, les recrutements seraient davantage externalisables. Et les « séparations » simplifiées. En ce qui concerne l'Etat, l'intérêt serait tout aussi réel. Le chômage baisserait puisque cette flexi-sécurité à la française permettrait aux entreprises d'embaucher massivement une main d'œuvre, sans craindre les lendemains.
Reste un épais mystère. Quel bénéfice les salariés vont-ils bien pouvoir tirer de ces chamboulements ? La sécurité grâce au CDI ? Mais la vie d'un « travailleur temporaire-permanent » ne restera-t-elle pas néanmoins celle d'un vagabond de bureau ? Toujours entre deux entreprises, sans jamais s'intégrer dans aucune. Et puis, cette mesure ne concernera que des professionnels hyper qualifiés et des cadres, aujourd'hui en situation de plein emploi. Pourquoi quitteraient-ils leur stabilité pour une vie de mobilité géographique et professionnelle permanente ?
Il n'en reste pas moins que l'on sent poindre une génération, plus zappeuse qu'aucune autre. Une génération de jeunes diplômés, d'expérimentés de courte durée qui pourrait être tentée. Ou même de seniors avides d'y retourner et que cette forme de contrat pourrait tenter. Etes-vous de ceux-là ? Exprimez-vous, vos réactions seront publiées ci-dessous.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 6 juin 2011
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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi
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Il est urgent de faire évoluer les mentalités de celles et ceux qui se croient propriétaires de leur contrat de travail et rendent le travail impossible, justement.
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ce s'appelle de la délégation de personnel ... et il n'y a pas besoin de modifier le cadre de l'interim.
les deux vraies révolutions c'est
* si "on" finançait les intercontrats de randstatd
* quand est-ce que la population (et surtout les recruteurs des boites classiques) changeront leur regard vis à vis de l'interim et autres contrats autre que le sacro-saint CDI
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Après 1 an d'activité, je commence à trouver une routine dans mon travail, et souhaiterait pouvoir changer d'environnement plus facilement.
aujourd'hui, au vue de la situation générale du marché, on se voit obliger de rester en poste car on est des "privilégiés", et on ne peut pas se plaindre.
Cette situation permettrait de répondre aux envies d'ailleurs de certains, tout en les rassurant sur le plan économique et stabilité (notamment accès à la propriété).
En espérant que l'idée n'en reste pas là .
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Ben voyons ! Pourquoi se gêner...?
Ils veulent privatiser les profits (périodes d'activité) et partager les pertes (périodes d'intercontrat).
Si le gouvernement accepte, c'est grave.
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