650 000 créations nettes d'emplois dans les 5 ans : Cadremploi

650 000 créations nettes d'emplois dans les 5 ans

Déni de crise


D'ici 2015, 650 000 emplois vont être créés. Ce qui nous ramène quasiment au niveau d'avant 2008. C'est le CAS (Centre d'analyse stratégique) qui le dit. Les économistes, qui conseillent le Premier ministre, ont livré leurs nouvelles prévisions la semaine passée*. Par quel savant calcul, par quel algorithme complexe, quelle compilation de données, nos chercheurs en sont-ils passés pour parvenir à ce stupéfiant résultat ? Par un vieux truc très simple : le déni.

La crise ? Où ça ? Escamotée, disparue sans laisser de traces. Evidemment, ces éminents prévisionnistes ont entendu parler de Lehman Brothers et du chaos mondial évité de justesse. Ils connaissent leur géographie, savent situer la Grèce et l'Irlande sur une carte. La notation AAA, ça leur cause aussi. Pourtant, ils font comme si de rien n'était. Dans cinq ans, la plus grosse débâcle du siècle sera totalement enrayée. Mieux : on en sera revenu aux bons temps de la super croissance. Mieux encore : la période difficile que nous traversons, entre 2008 et 2015, n'aura modifié en rien les comportements des Etats, des consommateurs, des marchés et des entreprises.

Car non seulement, selon le CAS, l'emploi sera revenu au même niveau, mais en plus, les secteurs qui ont flanché pendant cette période, comme la construction, vont se refaire une santé. Les emplois verts aussi, qui seront bien aidés par le Grenelle de l'environnement. Les reculades écolos qui l'on suivi ? Elles n'ont pas droit de cité. Les dettes publiques, l'Euro qui vacille ? Un souvenir de livre d'histoire. Elle va de plus en plus vite, l'histoire.

Même les fameux services à la personne que l'on annonçait, avant la crise, comme le futur secteur en plein boom, continuera, selon l'étude, de créer des emplois. Pas moins de 91 000. Comme si la rigueur budgétaire de l'Etat, pourtant annoncée par Fillon 1 et son clone Fillon 2, ne rognerait pas les largesses fiscales, moteur absolu de ces fameux services à la personne.

Bien sûr, on se moque des économistes du CAS avec un chouïa de mauvaise foi. Mais rendons-leur hommage : ils prédisent dans leur rapport la dégringolade de l'industrie et des emplois qui vont avec. Même punition, mais dans une moindre mesure, pour la recherche & développement qui arrive seulement en 11e position des activités qui vont créer des emplois. La R&D européenne, américaine et japonaise serait diablement concurrencée, selon un rapport de l'Unesco, par la Chine et l'Inde.

L'industrie en capilotade et la recherche qui s'en va ailleurs : nos pythies ont donc tout bon sur ses deux points. Sauf que la désindustrialisation française est bien antérieure à 2008. Sauf que la fuite des cerveaux et le transfert de technologie n'ont rien à voir avec la crise.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 29 novembre 2010

D'accord ? Pas d'accord ? Réagissez à cet éditorial sur le forum ci-dessous.

Déni de crise - Prévisions de créations d'emploi d'ici 2015 par le CAS

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr



Commentaires

* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.




Vos réactions
  • Catalan
    le mal, aujourd'hui mes amis, c'est que la bêtise pense....(Cocteau)... et que... les experts affirment !

    Répondre

  • PAul
    Dormez bien braves gens, le gouvernants veillent sur nous (et notre argent).

    Répondre

  • elp
    Je rejoins bab2 sur la solution. Malheureusement, ça n'arrange pas les affaires des actionnaires au pouvoir de fiscaliser les importations. Les prévisonnistes, quant à eux, ont un rôle de salubrité publique pour la nation: "Regardez-moi dans les yeux et dormez, je le veux." autrement dit, "Ne faites rien, nous nous occupons de tout, ça va s'arranger tout seul"et aux autres de continuer le pillage et l'appauvrissement de la France...

    Répondre

  • coco16
    Deni de crise c'est parfaitement cela,nos dirigeants expliquent que ça ira mieux demain hors nous voyons bien que tout est fait pour les gens du CAC40 ils ont une telle soif de fric que la machine n'est prète à repartir.Pour les travailleurs il n'y a plus que précarité ,bas salaire il faudrait m'expliquer comment ça va aller miex demain.

    Répondre

  • Geronimo
    Il est rassurant de lire des propos qui se rapprochent plus de notre ressenti quotidien et pas d'un optimiste de facade et politiquement correct. Les prévisionistes semblent s'entêter dans leurs modèles caduque. Ils nous donnent l'impression d'avoir toujours un train de retard. Comme une grande partie de nos concitoyens, ils semblent dénier des mutations profondes, probablement irréversibles de notre système économiques et par conséquence social. Travailler plus pour gagner moins,c'est la réalité et pas forcément triste; nous étions gras et embourgoisé; parlons-en avec l'agriculteur africain, le mineur chilien, le médecin thailandais. Comme nous le dit Magyb CHERFI chanteur et ecrivain, qui heurte aussi son milieu d'origine " moi j'aime ceux qui pleurent, se relèvent et disent on avancent"; il nous dit aussi de se méfier des canapés et de préférer les tabourets.

    Répondre

  • kidamdam
    Ha...
    Les journalistes français et leur(s) éditos.
    commentaire de texte (sur la forme 80%, le fond 20%). J'aurais aimé des exemples pour appuyer l'opinion "les services à la personne ne se développerons pas sans incitation fiscale" et "l'emploi ne reviendra pas au taux d'avant la crise".
    Voici deux signes en appui aux prévisions citées:
    * 12,8 millions de personnes (80% des baby-boomers)partent à la retraite dans les 4 années qui viennent alors que la génération qui en place pour occuper ces postes bientôt vacant ne sont que 11 millions et que les jeunes potentiellement actifs arrivant sur le marché du travail sont 12 millions-->la population active va se contracter d'au moins 0.8 millions quand la population cliente va croitre de 2 à 3 millions l'offre et la demande du marché de l'emploi sera largement plus en faveur de la demande (les recrutés. Ce qui n'empêchera pas 1.5 à 2 millions de chômeurs... mais notre pays est équipé pour se le permettre.
    * la société n'a plus les moyens immobiliers des familles à "trois générations" que ce soit par d'autres type de générosité/bénévolat/colocation jeune&vieux que sais-je le service à la personne se développera de fait. Les services à la personne occuperons plus de population active... forcément avec moins de valeur numéraire échangée par actif.
    Le gros des gens donnant du service à la personne risque d'être des autoentrepreneurs, des bénévoles ou des gens travaillant en économie dissimulée ("au noir").

    Répondre

  • roy
    Bravo les grands stratèges..De vrais expert et vous savez ce qu'on dit:il y à trois façons de perdre de l'argent,1) le jeu:c'est la plus rapide.2)les femmes, c'est la élégante et en 3) les experts c'est la plus sure...je laisse notre premier ministre et tous nos grands dirigeants méditer sur cette phrase...Dans un monde ou tous va si vite, ou l'économie mondiale se cherche et ou certains pays dont l'économie semblait florissante sont déclarés en faillite peux être devrions nous arrêter de dépenser l'argent des contribuables dans des études incertaines et revenir à des actions plus terre à terre..et proche de nos problèmes quotidiens....

    Répondre

  • ESTEBAN Michel
    Il y a dans cette communication du CAS quelques choses capitales
    1. La place du travail temporaire : le boum
    2. Le manque de visibilité des entreprises qui vont enregistrer une reprise et avoir recours à l'intérim.
    Je crains que les cadres n'y réchappent pas.
    Ce qu'il manque dans cette étude du CAS c'est une stratification en fonction de l'âge et des diplômes.

    Répondre

  • roussin
    Du travail il y en ... mais parle-t-on d'emplois sous-payés, sous qualifiés, dans de mauvaises conditions de travail ? Curieusement les petite mains des services à la personne sont malades de carences... avec des salaires trop bas elles ne peuvent plus se nourrir convenablement... !

    Répondre

  • dupuis
    Les prévisionnnistes sont comme les économistes ou experts : DU VENT ! Des emplois... mais s'agit-il d'emplois rémunérés... à quelle hauteur et quel type de contrat ? Cela fait un an que les hôtels de luxe sont plein... certains, voire bcp, PROFITENT de la crise sur le dos des salariés...

    Répondre


Vous devez renseigner tous les champs :