Egalité salariale
Egalité salariale hommes-femmes : encore une loi pour rien ?

L'égalité salariale entre les hommes et les femmes, c'est un peu l'Arlésienne. Le législateur a beau en avoir fixé le principe dès 1972, presque quarante ans plus tard, on est toujours au point mort. Le débat revient sur le devant de la scène régulièrement, mais rien n'y fait. A travail égal, les femmes sont payées entre 10 % et 15 % de moins que les hommes. Pire encore, l'écart bondit à 30, 8 % chez les cadres d'après une toute nouvelle étude de l'Observatoire Français des Conjonctures économiques (OFCE).
Mais pas de panique, le gouvernement nous annonce une nouvelle loi d'ici la fin de l'année pour enfin résoudre ce véritable serpent de mer. Foi de Fillon. « Les inégalités entre les sexes constituent une priorité », répète avec force le Premier ministre. Nous devrions donc être rassurés.
L'intention est louable, pourtant, permettez-nous d'avoir quelques doutes au vu des lois en vigueur qui ne sont toujours pas appliquées. Quel intérêt de pondre de nouveaux textes si les précédents ont jusqu'ici été superbement ignorés par les entreprises ?
Regardez plutôt. Depuis la loi Génisson votée en 2001, le code du travail oblige les entreprises à réaliser un rapport annuel comparé sur la situation professionnelle des hommes et des femmes. Résultat, seule une poignée d'entres elles s'y conforment. Autre illustration, avec une loi de 2006 qui prévoit l'obligation pour les employeurs d'engager, avant la fin de cette année, des négociations pour mettre fin aux écarts de salaires entre les sexes. A cinq mois de l'échéance, à peine 10% des entreprises ont joué le jeu.
Des chiffres qui n'étonnent même pas l'ancien ministre du travail, Xavier Darcos. « On est face à des dispositifs qui sont souvent illisibles et peu contraignants » et « tout ceci restera lettre morte s'il n'y a pas de contraintes », expliquait-il peu avant son départ forcé du gouvernement, après la déroute des élections régionales. Enfin une analyse pleine de lucidité sur la nature humaine. Sans la peur du gendarme, une nouvelle loi est vouée à l'échec.
Malheureusement, c'est bien ce qui se profile. Il y a fort à parier que l'égalité salariale entre les hommes et les femmes ne soit pas pour demain.
Chantal Brunel, le nouveau rapporteur général de l'Observatoire de la parité, l'instance chargée de faire des propositions au gouvernement pour cette future loi sur l'égalité des salaires, se dit opposée à toutes sanctions financières. « Je suis contre. A trop vouloir protéger la gent féminine, le risque est d'enfermer les employeurs dans des contraintes réglementaires et, au final, les dissuader de recruter des femmes », a expliqué la députée UMP de Seine-et-Marne, début juillet à nos confrères de Capital.
L'Arlésienne a encore de beaux jours devant elle.

* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.
C'est comme beaucoup de choses, faire taire le mécontentement, mais en réalité on ne fait rien (lobbying avec les entreprises ?)
Jean
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Alors moi qui n\'ai pas d\'enfant, je vais pouvoir réclamer le même salaire que mes homologues masculins, et je vais doubler mes revenus des 20 dernières années. ;))
Et par ailleurs, tant que les femmes resteront mariées à des hommes qui ne font rien dans la maison, tant que les mères n\'apprendront pas à leurs fils à tenir une maison, eh bien il n\'y aura pas d\'évolution...
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En effet il y a deux aspects : un aspect domestique qui fait qu\'elles sont moins épaulées et donc se consacre moins à leur carrière. Et un aspect de temps: lorsqu\'on prend un congé maternité, et même un peu avant et après le congé, la progression dans la carrière est, dans le meilleure des cas, en pause. Tout cela alimente un apriori diffus, dont les femmes elle même ne sont pas exempt.
Montrez du doigt les entreprises c\'est se tromper de cible. On doit évoluer dans nos comportements.
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Le fond du problème réside à mon sens dans le fait que les femmes se consacrent effectivement généralement plus à leur progéniture au détriment de leur carrière professionnelle car sinon, elles savent bien que ce n\'est pas leur mari qui le ferait. Alternative : une nounou à domicile présente de 7h du matin à 20h30 pour aller chercher les enfants, leur faire faire leurs devoirs, préparer à manger, les faire manger, les laver et les coucher ? Il est aussi plus aisé pour un homme de suivre une formation car il est bien souvent dégagé des corvées ménagères et des soins aux enfants.
Certains hommes préfèrent rester tard au bureau quitte à ne pas y faire grand chose (ça fait professionnel et ça plait aux patrons) plutôt que de s\'occuper de leurs enfants à la maison. Je pense que si les hommes étaient disposés à le faire un peu plus, les femmes consacreraient de fait plus de temps à leur carrière...
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Peut-être que si cette dame faisait un petit tour par la case chômage, elle aurait le temps de cogiter et de trouver des idées...
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