Emploi cadres : perso ça va, autour, bonjour les dégâts
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Emploi cadres : perso ça va, autour, bonjour les dégâts


L'enfer, c'est pour les autres, le monde qui s'écroule et l'Apocalypse qui déboule. Moi ? Perso, tout va bien. Je change de job quand je veux, et faut pas trop me stresser la tête, sinon je prends la poudre d'escampette.

Mais c'est quoi, cette vision ado du monde du travail ? Un sondage sur la génération Y ? Non, il s'agit des résultats du tout dernier baromètre Ifop Cadremploi qui, tous les 6 mois, échographie les états d'âme des cols blancs sur le marché du travail. De tous les cols blancs. Jeunes diplômés, cadres expérimentés ou seniors, ils sont tous là, parmi les 1007 homo laborius interrogés. Et ce qu'ils nous répètent, c'est que malgré l'écroulement économique – et ils sont 86% à se déclarer pessimistes en la matière - leur présent et leur avenir à eux est sur des rails.

L’entreprise où ils travaillent ? Elle ne craint pas grand chose, pour 82% d’entre eux. La stabilité de leur poste ? Ils sont indéboulonnables, selon 70% des sondés. Evidemment, ils s’aperçoivent bien que ça coince au niveau des augmentations. Trois ans qu’ils n’obtiennent rien de plus, ou quelques miettes. A l’inverse, la pression et le stress augmentent de manière inversement proportionnelle et ils s’en rendent parfaitement compte. Leur solution ? Gagner plus en bougeant plus. 42% d’entre eux se disent  « ouverts aux opportunités ». Et 38% ont déjà envisagé de franchir le pas, de partir, de quitter leur boite dans les 3 derniers mois. Sans nourrir d’excessifs scrupules par rapport à leurs propres contradictions.

Car s’ils se déclarent prêts à tenter l’aventure ailleurs, c’est que la situation globale n’est pas si mauvaise, que les autres boites s’en sortent tout aussi bien que la leur. Alors que dans le même temps, ils se disent conscients de l’énormité de la crise. Ce paradoxe n’est pas de leur fait mais de celui du marché de l’emploi lui-même. Le chômage des cadres est deux fois inférieur au taux général. Certains secteurs sont en pénurie de candidats et les cols blancs savent que la balle est toujours dans leur camp, pas dans la main des recruteurs. Ce chômage a deux vitesses, lié notamment au nombre impressionnant de départs en retraite des cadres en activité, est évidemment injuste. Mais toutes les injustices n’ont pas forcément de responsables. Et les cadres ne sont pas forcément coupables de profiter de celle-ci.

Découvrez l’intégralité des résultats du sondage ici et réagissez sur le forum ci-dessous.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr – 20 février 2012

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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr

Les cadres gardent le moral : http://www.franceinfo.fr/economie/c-est-mon-boulot/les-cadres-gardent-le-moral-529207-2012-02-15



Commentaires

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Vos réactions
  • ex-cadre
    Merci Mursa! Pcq à lire ce texte, il semble que les nouveaux bourgeois de l'avant guerre soient les cadres! Ha! Très drôle!
    Je précise un petit point, un détail insignifiant mais qui va faire trembler plus d'un col blanc qui s'imaginerait être hors d'atteinte;
    Les boss pressent et de plus en plus. Indéboulonables? Personne n'est irremplaçables. J'en ai vu plus d'un se faire dégager pour un profil moins compétent mais plus rampant et moins cher. L'herbe est plus verte ailleurs, oui, peut-être, mais la crise est une magnifique aubaine pour beaucoup de patrons peu scrupuleux qui en profitent pour embaûcher à moindre coût à compétence égale. Car en effet, un cadre au chômage, c'est un cadre un jour qui va lorgner la place d'un autre à salaire moindre. La Chine n'est pas loin, alors au lieu de se croire immunisé, qu'ils aillent faire un stage pour ouvrir les yeux et par la même occasion, que certains arrêtent de cracher sur leurs collègues parce qu'ils ont peur pour leurs fesses. Ce petit jeu de compétition entre collègues ravit certains; les patrons! Mais détruits ceux qui l'utilisent. Pour la génération Y, je rejoins les témoignages; il faut arrêter d'être naïfs, de tout donner pour de toute façon se faire cracher dessus au mieux, se faire jeter au pire. Et bien sûr que vous êtes plein de bonne volonté mais qu'on ne vous donne pas l'occasion de le montrer. Le pire, ce sont ces étiquettes stupides qu'on emploie à tort et à travers. Bon courage, ça va swinger...

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  • AVARE
    Je suis d'accord avec l'article et je rebondis dessus en ajoutant que la crise risque de favoriser l'hypermobilité.
    En effet, nous avons ce sentiment, nous les cadres, que quelque chose ne va plus très bien au niveau macro-économique. Par conséquent, et l'actualité sociale nous le démontre tous les jours, nous ne sommes plus en mesure d'être confiants quant à notre avenir.
    Par conséquent, cela risque de créer un climat de peur pour son emploi au point de chercher à prévenir tout risque de licenciement................. en allant voir ailleurs.
    Je pars avant d'être dégagé............ Voilà ce que l'on commence à entendre à la machine à café. Personnellement, j'ai déjà pratiqué une fois cette façon de faire.
    Ce sentiment est exacerbé par les suppressions d'augmentations dont on parle dans l'article plus haut.
    pas surs d'être augmentés, pas surs d'être gardés, il n'y a plus aucun frein au départ, la dévotion qu'un cadre peut avoir envers son employeur ayant depuis longtemps disparue.
    Les dirigeants ne devraient-ils pas plancher sur un moyen de fidéliser leurs troupes plutôt que de serrer la vis en surfant sur l'actualité sociale?

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  • Cadre
    Chère Mme Di Pasquale,

    je vous cite: "Je change de job quand je veux, et faut pas trop me stresser la tête, sinon je prends la poudre d'escampette.
    Mais c'est quoi, cette vision ado du monde du travail ? Un sondage sur la génération Y? "

    Au risque d'être passé à côté de votre second degré, vous confondez vision "ado" et vision moderne du travail.
    Il est fini le temps (provisoirement?) de la valeur-travail absolue, temps où les salariés étaient prêts à hypothéquer leurs vies personnelles et à endurer n'importe quelles conditions de travail par pure loyauté, sans garanties d'évolution, et au nom d'une illusoire "obligation morale".
    Ma génération (j'ai 32 ans) a été élevée dans une forte logique consumériste et opportuniste, logique dans laquelle tout se vend en quantité finie, pour un certain prix et dans certaines conditions définies (logique provenant précisément du monde de l'entreprise).
    L'état d'esprit que vous évoquez n'est que le juste retour de cette logique à nos vies privées. Dans ce cadre, je n'ai aucun état d'âme à quitter une entreprise qui ne me convient pas, dans laquelle je ne m'épanouis pas, ou qui ne me rémunère pas assez. Aussi, j'estime ne devoir qu'une partie proportionnée de mon temps en échange d'un salaire.

    Au nom de quoi ne devrions-nous pas profiter des opportunités du moment pour améliorer notre qualité de vie? Le monde de l'entreprise n'en mérite pas plus à mes yeux...

    Contrairement à ce que vos propos pourraient laisser penser, c'est plutôt la fin de la naïveté chez les cadres!

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  • caroleb29200
    Pourquoi cette allusion à la génération Y (dont je fais partie)? Nous sommes aussi capables que les autres de travailler, même en commençant en bas de l'échelle, diplômés et quoi qu'on en dise avec des compétences malgré notre 'inexpérience" (normal, si on ne trouve pas d'emploi, difficile d'acquérir de l'expérience et donc de trouver un emploi! Un cercle sans fin...).

    J'ai un bac+2, j'ai exercé des emplois sans rapport avec ma profession pour ne pas rester chez moi (restauration rapide, mise sous pli...) ce que l'on me reproche car j'ai fait un peu de tout par nécessité morale et financière.

    Le fait de nous stigmatiser systématiquement par des clichés dans des articles grand public ne peut qu'empirer les choses! Nous ne sommes pas des fainéants qui aspirent immédiatement à des postes à responsabilité comme je l'ai souvent lu, accros à internet et aux jeux vidéos! Nous demandons juste que l'on nous tende la main et que l'on accepte de nous faire confiance! Quant à avoir de l'ambition, peut-on vraiment nous reprocher d'avoir un projet professionnel et d'espérer évoluer dans notre carrière??

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  • Mursa92
    Bonjour, voici ma réaction : tant qu'un cadre est en poste, il se croît intouchable, il se tient au courant bien sûr puisqu'il suit l'actualité, les informations... La crise, le chômage il en a entendu parlé mais c'est pas pour lui...jusqu'au jour, où il perd son travail et là, il redescend sur terre et constate la triste réalité : c'est la crise, pour retrouver un emploi, il doit être patient, baisser ses prétentions, réajuster son train de vie (baisse d'environ 50 % de ses revenus) et peut être accepté un poste en statut assimilé, agent de maîtrise et même employé qualifié si le chômage dure trop longtemp...

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