Quand Joey De Franscesco quitte sa boîte en fanfare
Extrême démission

Pas de petit chat mignon, ni de gros gag dans cette vidéo où un jeune homme est filmé à l'arrache par un copain, accompagné par d'autres copains musiciens, pour remettre sa démission en fanfare. Pas d'esclandre, pas de bagarre, juste un geste fort, visionné par près de 3 millions d'internautes. Un geste simple et jubilatoire, que Joey De Francesco a réalisé devant son boss, dans l'hôtel où il travaillait, dans sa ville de Providence, sur la côte Est des Etats-Unis. Un geste que les millions d'internautes ont réalisé, avec lui, par procuration.
Ce n'est pas la première fois qu'un salarié quitte sa boîte de manière spectaculaire. Le Net bruisse de ces histoires, réelles ou fantasmées de démissions coup de poing. Comme celle, plus ancienne, de Steven Slater ce steward d'une compagnie aérienne américaine, décidant de quitter son job en déclenchant le toboggan d'urgence de son avion, et en s'évadant tout en glissade sur le tarmac de Kennedy Airport. Ou celle encore de cet homme, juché sur une chaise, et qui enlève sa chemise sur la musique de Bohemian Rhapsody de Queen devant la direction de sa boite, évidemment médusée. D'autant qu'une fois torse nu, le garçon dévoile ce qu'il a inscrit, au gros feutre, sur son ventre : « I quit » (je démissionne).
Si l'évasion au toboggan est avérée, aucun document n'atteste la réalité du strip-tease démissionnaire. Mais la rumeur, dans ce cas, est aussi un indice du fantasme que suscite ce type de légende : celle du tabou, du franchissement de la ligne jaune, de la démission en riant, donnée par des indignados du boulot.
Le fait que le succès de la video de Joey De Francesco se produise ces temps-ci est évidemment lié aux temps économiques qu'il fait. Et à la frilosité qu'ils produisent. Les salariés effrayés par un environnement extérieur de plus en plus hostile ont tendance à se pelotonner au chaud dans leur boîte. Même si celle-ci n'est pas la plus accueillante qui soit. Même si leur salaire, leurs conditions de travail ne sont pas celles dont ils rêvent. L'herbe est peut-être plus verte ailleurs et les offres d'emploi sont toujours aussi nombreuses (15 000 rien qu'ici). Mais le pré verdoyant est peut-être miné. Alors on ne bouge pas. Et on rêve. En regardant l'extrême démission de Joey De Francesco.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 7 novembre 2011
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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr

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