Sondage Ifop Elyon incompétences des vendeurs en magasin : Cadremploi
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Sondage Ifop Elyon incompétences des vendeurs en magasin

Il faut sauver le soldat commercial


On a tous eu affaire à lui. Ce vendeur qui nous affirme, sans rire, « Vous voulez savoir ce que je pense de cette cafetière bizone collimatée à dépression overboostée ? C'est simple, j'ai acheté la même. » On connaît par cœur ce bagout bas de gamme, mais visiblement, on n'en peut plus. C'est l'Ifop qui le dit dans une étude sur « La culture du service en France ».

Sollicité par Elyon Services, une entreprise spécialisée dans le matériel destiné aux commerçants, l'institut s'en est allé sonder nos âmes d'acheteurs. Et elles sont pleines d'ire et d'irrespect pour les vendeurs de fringues, de bagnoles, d'électroménager, de chaussures, de tables de ping-pong, de perceuses à percussion ou de cafetières collimatées. On serait 76 % à ne pas apprécier leur aide et 86 % à se débrouiller sans eux, ou à ne les solliciter que rarement. Une courte majorité (56 %) des consommateurs que nous sommes ont même renoncé à acheter un article qu'on voulait s'offrir, à cause d'un vendeur.

L'affaire est grave, donc, et mérite réflexion, réunion, concertation et digression. Alors, pour suivre le courant du moment, l'équipe de Cadremploi a décidé d'organiser en urgence le premier Grenelle de la vente et de graver en lettres de feu dans le marbre de Carrare, les 4 commandements du commerce. Leur non respect entraînera immédiatement la lapidation du vendeur à coups de cartes de fidélité, de contrats de confiance, de paiement en trois fois sans frais et autres instruments destinés à assouplir le cuir tanné de l'acheteur.

Il fallait agir vite, avant que la haine du vendeur en magasin ne rejaillisse sur l'ensemble des commerciaux. Qui vole un œuf vole un bœuf. Et qui vend des yaourtières orange sera un jour amené à vendre des Airbus A380. L'un ou l'autre de ces fleurons de la technologie française étant difficile à caser.

1er commandement : le XXe siècle tu quitteras.

Avant, le client ne savait pas. L'Internet n'existait pas et il comptait sur toi. Aujourd'hui, il t'a rattrapé, car tu es toujours formé comme au siècle dernier. Deux jours de formation chrono, ça ne suffit pas à te transformer en expert. Et c'est précisément ce que recherche le client. Qu'il soit particulier au supermarché, ou acheteur dans l'industrie.

2e commandement : le harcèlement tu oublieras

Dans la vente, la motivation remplace la technique de vente. Ça, c'est ce qu'on te dit. Car de technique tu n'as pas, ce qui permet de te payer au minima. Alors tu compenses, tu surjoues, tu encombres et tu fais fuir le client. Plutôt que de te laisser solliciter et de l'écouter. Que tu vendes des parapluies ou des centrales nucléaires, oublie un peu le bagout.

3e commandement : les vieilles ficelles tu éviteras

Dégommer la concurrence, argumenter sur les qualités du produit quand on te demande un prix, et répéter à la dame, hyper boudinée dans sa robe, que cette saison elle se porte comme ça, très très près du corps. Toutes ces techniques qui n'en sont pas, sont à oublier pour éviter la cata.

4e commandement : technico-commercial tu deviendras, sinon tu disparaitras

On l'a déjà dit, expert tu deviendras. Mais pas un expert Google. Le client l'est autant que toi. Une formation technique tu auras et commercial par vocation tu seras. Sinon, tu disparaitras et l'e-commerce te remplacera. Le client t'encouragera, car il l'a dit aux enquêteurs de l'Ifop : il tient à toi. 85 % des interrogés ne veulent pas avoir affaire à des robots. Mais à des vrais gens. Des professionnels, tout simplement.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 12 juillet 2010

Et vous ? Que vous inspire cette étude ? Pensez-vous qu'on nait commercial ou qu'on le devient ? Les vendeurs sont-ils inutiles mais rassurants ?Réagissez sur notre forum ci-dessous (cf règles d'utilisation)

Il faut sauver le soldat commercial

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr



Commentaires

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Vos réactions
  • RAPHAEL
    Pour vendre, il faut comprendre son client, c'est à dire l'écouter, analyser son besoin et lui faire une offre et s'il le faut en s'adaptant au besoin du prospect pour ne pas le perdre si cela est possible....lui expliquer et argumenter sa proposition sans oublier d'assurer le suivi de la relation client;
    mais il faut avant toutes choses des prédispositions indispensables pour exercer ce métier passionnant, etn en plus un niveau de culture correct, quand au fait de maîtriser ses produits et marchés, cela va de soit!
    N'oublions pas que qui veut être commercial,ne le sera pas forcémment,
    Le Supercommercial: un savant mélange de qualités humaines et de connaissances techniques avec un brin de génie!

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  • SAUVIGNET
    Le commerce, c'est comme en amour, une question d'équilibre et de technicité.Ecouter et Comprendre ce que désire l'autre,ou lui suggérer, et le lui trouver tout en respectant ses propres limites.Parfois, même souvent, on vend mieux sans sourire! mais avec une bonne analyse et réflexion...

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  • Bernard
    Je suis assez d'accord avec cet article. Ca fait longtemps que je pense qu'être commercial ne se résume pas (plus) à avoir du "bagout". Ce temps là est révolu. Aujourd'hui, un commercial doit savoir écouter le client et effectivement être expert dans son domaine, d'où la formation, ce que pas mal d'entreprises négligent encore trop souvent.

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  • franc
    Les commerciaux ne sont que le fruit des politiques d'entreprise. Salaire le plus bas possible, formation minimum, maximum de profit. Cela nous donne des commerciaux pas formé n'ayant pas d'intérêt à vendre correctement et qui ne veulent pas en faire beaucoup pour leur employeur. En résumé vous voulez des bons vendeurs donner leurs les bon moyens.

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  • Daviet
    Un client cherche toujours quelque chose, c'est toujours moi qui vais le lui fournir; même s'il s'agit d'un renseignement. En commerce, je ne connais qu'une seule règle : le "non", tu l'as déjà, le "oui" va falloir aller le chercher. Et avec le sourire, s'il vous plait...

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  • BOZZARDI
    Vendeur sénior, j\'apprécie les commandements pour nous les commerciaux et chargé d\'affaires. Par contre, une formation continue devrait être proposée aux vendeurs, chacun dans leur catégorie. En ce qui me concerne, j\'évolue par moi-même. J\'essaie de le faire avec précision car vendre c\'est être précis en tout point et surtout argumenter de façon décente, respecter le client. Sans néammoins perdre de vue que les objectifs doivent être au plus près de ce que la société nous demande. Tout ceci est très technique surtout aujourd\'hui où l\'acheteur est également très technique avec google...

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  • Thierry
    Comment se fait-il que les postes de commerciaux sont généralement payés uniquement à la commission et jamais ou peu accompagnés d\'un fixe et des frais de déplacement ? C\'est pour cela que plus personne ne veut exercer ce métier formidable. C\'est un commercial qui vous parle de ces 25 ans d\'expérience.

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  • Laurent
    Et les commerciaux en B to B ?
    Dans le monde de l\'informatique d\'infrastructure reste encore pas mal de commerciaux qui sont des apporteurs d\'affaire et ont besoin du support du marketing, des consultants pour le deuxieme rendez vous quand ce n\'est pas le premier. le prétexte ? il n\'est pas possible de tout savoir et comprendre dans ce monde.
    Qu\'en pensent les clients ? ils trouvent ça normal ou la aussi une nouvelle génération doit naitre ?

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  • Bourde-Wagner
    Notre pays de tradition catholique,en général, ne respecte pas ses vendeurs et autres commerciaux (les descendants des "marchands du temple" chassés du temple par Jésus-Christ ).
    Je serais tenté d'écrire que les clients ont souvent les vendeurs qu'ils méritent.

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  • Catherine
    Et si on pouvait nous épargner la formule navrante de "l'excellente journée".........on ne se demanderait pas quelle sera le prochain superlatif ridicule.
    Ayons aussi pitié de celui ou celle qui est obligé de le dire.

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