Mobilité géographique des Franciliens
J'ai le régiotropisme qui me grattouille

Quel scoop. On a beau le relire dans tous les sens, ce classement des régions les plus attractives (1), on ne s'en remet pas. Trop énorme. Figurez-vous que les coins de France les plus sollicités par les cadres, pour y vivre et y travailler, sont Rhône-Alpes, la Bretagne et Paca. Du lourd, on vous dit.
Car, bien évidemment, on était persuadés que Dunkerque, Longwy et Le Creusot allaient faire mieux que Saint-Paul de Vence, Quiberon ou Avignon. On se moque, évidemment. Mais ce sondage, comme tant d'autres du même acabit, permet de mesurer le degré de fantasme que les provinces continuent d'exercer sur de nombreux salariés, mal dans leur ville, leur banlieue, leurs transports en commun surchargés, leurs périfs submergés ou leur emploi d'aliéné (cochez la case correspondante).
Un fantasme qui a conduit les organisateurs du salon Provemploi à commanditer cette enquête et à organiser un salon destiné aux Franciliens à la recherche d'un ailleurs personnel et professionnel. Un phénomène que les organisateurs du raout ont d'ailleurs baptisé d'un nom qui fleure bon sa réflexion sociologique : le régiotropisme. 60% des habitants de la région parisienne en seraient frappés. Ce qui nous fait quand même quelque 6 millions de migrants potentiels, et autant de visiteurs de salon possible. Encore mieux que le Mondial de la bagnole.
Évidemment, ils ne sont pas tous venus. Mais ceux qui ont foulé la moquette de l'Espace Champerret mardi dernier ont pu se confronter à une autre réalité. Qui n'est pas vraiment celle du mas entouré de cyprès au fin fond de la garrigue. Les emplois, nombreux (le salon en proposait 20 000) ne se nichent pas forcément dans des endroits bucoliques. En province aussi, la zone industrielle existe. Comme en région parisienne, elle est posée aux périphéries des villes. Comme en Ile-de-France, aussi, les vrais gens habitent dans d'autres périphéries, souvent dans des maisons qui se ressemblent et dans des lotissements qui se ressemblent.
Bien sûr la fermette sur la colline existe. Comme existent, en région parisienne, les jolies maisons de la vallée de Chevreuse ou les grandes demeures du Vésinet, ou de Neuilly. Evidemment, il y a encore des coins absolument ravissants, où la vieille pierre ne coûte pas grand-chose, même que la nature n'y est pas abîmée. Des coins tellement charmants qu'on n'y trouve pas la moindre zone industrielle, ni la moindre entreprise. Et donc pas le moindre emploi.
On pourra nous rétorquer que le tableau est sacrément noirci. Et c'est à dessein. Car l'univers provincial n'est pas celui d'un reportage du JT de Jean-Pierre Pernaut sur les derniers charrons du Puy-de-Dôme, avec ses mots clés : « authentiques », « proches de la nature », « terroir » et « convivialité ». La province n'est pas sur la planète Mars, mais tout autour de la région parisienne. Et même que la majorité des Français y travaillent.


* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.
Ignorez-vous que l'on peut à la fois vivre très sympathiquement en Province et aller travailler à Paris tous les jours via... LE TGV (encore un scoop d'enfer pour vous). Et la navette en TGV est autrement moins fatigante que le trajet quotidien Marne La Vallée/ La Défense. Il suffit de choisir judicieusement sa ville de province et de constater que malgré le prix de l'abonnement TGV, l'opération reste rentable en raison 1) du prix compétitif de l'immobilier local et 2) de la qualité de vie inégalable.
Mais on a le droit de préférer s'endetter sur 30 ans pour s'entasser avec les gosses dans un 70 m2 et passer une partie de sa vie dans les embouteillages...
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Ignorez-vous que l'on peut à la fois vivre très sympathiquement en Province et aller travailler à Paris tous les jours via... LE TGV (encore un scoop d'enfer pour vous). Et la navette en TGV est autrement moins fatigante que le trajet quotidien Marne La Vallée/La Défense. Il suffit de choisir judicieusement sa ville de province et de constater que malgré le prix de l'abonnement TGV, l'opération reste rentable en raison 1) du prix compétitif de l'immobilier local et 2) de la qualité de vie inégalable.
Mais on a le droit de préférer s'endetter sur 30 ans pour s'entasser avec les gosses dans un 70 m2 et passer une partie de sa vie dans les embouteillages...
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Quant à la mobilité des cadres, ce n'est qu'une illusion et j'ai pu le remarquer lors de mes nombreux entretiens (j'étais pratiquement le seul non-local). En outre, les entreprises préfèrent souvent recruter quelqu'un du terroir.
De plus les mentalités ne changent pas, la preuve, mon entourage (cadres aussi) ne comprend pas ce choix (qui n'en est pas un) de quitter le nord pour aller trouver un job en Normandie.
Pour terminer, il est faux de dire que le Nord n'attire pas les cadres. Il n'y a pas que le climat qui intéresse les cadres. Les gens sont beaucoup plus sympathiques que dans le sud, bourré de parisiens friqués en mal de soleil et les opportunités de carrières sont bien réelles.
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A croire que cette entreprise de grande distribution qui rémunérait ses salariés en deça du salaire minimum inspire les recruteurs dans le tri des candidats: le discount touche aussi les candidats.
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Vous souhaitez venir vivre en province,
commencez par vous entrainer à vivre avec la moitié de votre salaire, entretenir un véhicule par adulte de votre famille, couper du bois pour l'hiver...
Effectivement, en contre-partie les promenades du dimanche sont agréables.
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