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Formations anti-crise

La crise, c'est formateur


Lorsqu'il pleut, les marchands de parapluie gagnent bien leur vie. Et en ces temps troublés, certaines entreprises entendent changer le plomb en or, ou du moins, tentent de transformer la crise en business. Il en va ainsi de certains organismes de formation pour les cadres. Les plus astucieux proposent depuis quelques jours des modules spécialement dédiés à la bonne manière d'être efficace par temps de crise. Une centaine de sessions de formation différentes sont proposées à des tarifs variant de 750 à 1600 euros. Ces stages d'un à trois jours permettent aux managers de manager (en temps de crise), aux commerciaux de commercer (en temps de crise), aux financiers de financer (en temps de crise). Des sessions chorales sont également au programme. Elles permettent à tous de « comprendre la crise », et d' « être à l'aise en situation de stress ». 

Sans se cacher derrière les rideaux des salles de cours de ces institutions, on imagine assez bien à quoi peuvent servir ces formations épouvantail. Avec un doigt de psychologie, un rien d'émulation, et un zest de positivisme, elles ne doivent pas être très éloignées des formations habituelles, de celles que les cadres ont suivi en d'autres temps, de croissance ceux là. Le stress, ou les clients difficiles à convaincre, sont autant de soucis qui n'ont pas attendu les subprimes pour émerger. Les formations pour les contrecarrer non plus.

Du coup, face à un marché si réactif, on peut imaginer les sessions de sortie de crise que les formateurs les plus prévoyants devraient être en train de nous concocter. Dès les premières lueurs d'éclaircies venues, dès les gros indicateurs au vert, ils pourront ainsi offrir à leurs clients les modules ad hoc. D'éminents spécialistes viendront apprendre aux cadres « comment manager quand tout va mieux, sauf la mine des collaborateurs ». Les commerciaux seront avides de savoir comment « vendre plus quand l'économie marche du feu de dieu, mais que l'acheteur est radin ». Quant aux DRH, il faudra bien qu'ils suivent le stage de « gestion du personnel qui n'a pas reçu d'augmentation alors que les bénefs s'envolent.»

De quoi ces formations seront-elles faites ? D'un doigt de psychologie, d'un rien d'émulation, et d'un zest de positivisme. On ne change pas une recette qui gagne.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 23 février 2009

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Commentaires

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Vos réactions
  • JUIN
    C'est une lettre claire et intéressante. Ce ci dit, dommage que la personne commence de manière très "Scolaire", je trouve que justement, les jeunes qui sont à la recherche doivent mettre en avant les compétences, mais pas de démarrer la lettre pas son cursus, l'employeur le sait déjà par le CV. La fin du 1° paragraphe est très bien, car décrit les résultats obtenu par le candidat.
    Le 2° paragraphe est parfait, car la personnes parle de l'entreprise, des changements de cette dernières que le candidat est parfaitement informé. Ceci est important pour le recruteur, car en plus il fait le lien entre son expérience et la mission proposée.

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  • charline
    Qu'est-ce que ça fait du bien, ces articles! cette plume alerte, maligne,
    pour un peu, je me remettrai à lire, tiens

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  • Charles B
    Article très drôle... bravo !!

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  • MACQUET Jean-Pierre
    Bonjour,

    Oui, il y a des opportunités spécifiques à la crise. De bonnes et de moins bonnes comme toujours.

    Que penserait-on des cabinets de formations qui ne sauraient même pas s'adapter aux temps de crise ?

    Vous avez raison de dire que les recettes sont essentiellement les mêmes que celles que l'ont connaît par tous temps !

    Ayant adapté mon offre de conseil pour épauler les chefs d'entreprise en ces temps difficiles, je peux vous livrer quelques constats :
    - certains secteurs ne souffrent pas de la crise (ou extrêmement peu)
    - dans des secteurs touchés, certaines entreprises font +10% de CA : hasard ? et +30% de CA en janvier et février : triple hasard ?
    - parmi les dizaines de recettes que nous avons tous apprises, certaines sont effectivement mieux adaptées actuellement.

    A nous de les trouver et de les mettre en oeuvre.

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