Journée internationale de la femme 2009 : Cadremploi
Accueil  > Actualités > L'édito de Sylvia Di Pasquale > La Journée internationale de la femme est l'avenir de peu de chose

Journée internationale de la femme 2009

La Journée internationale de la femme est l'avenir de peu de chose


Comme à chaque fois, on va y avoir droit. D'ici dimanche prochain tout le monde va se la jouer féministe. Pour la Journée mondiale de la femme 2009, chacun va se lever comme un seul homme pour expliquer « que la disparité des salaires c'est vachement pas bien », que « c'est vraiment super trop injuste que les filles aient deux boulots : le premier au bureau et le second à la maison ». Que « c'est vraiment total la loose que les femmes soient obligées de trier le linge pendant que les hommes suivent le tournoi des 6 Nations ». Et c'est comme ça depuis 27 ans, depuis que le gouvernement français de l'époque a rallié les pays célébrant la  Journée de la femme le 8 mars.

Alors, étant donné que près de trois décennies après, on ressasse toujours les mêmes clichés, les mêmes indignations et revendications, on peut poser deux petites questions : l'affaire a-t-elle fait avancer le schmilblick (comme on disait à l'époque) ? Les lignes ont-elles bougé (comme on dit maintenant) ? La réponse est évidemment contenue dans l'histoire récente. Même si la disparité salariale existe toujours et que les filles sont plus souvent à la cuisine que sur le canapé du salon, Rachida Dati est ministre de la République, Pat Russo et Anne Lauvergeon sont intraitables dans leur business et Ségolène Royal s'est retrouvée au second tour d'une Présidentielle. Une étape, au moins symbolique (comme on disait avant) ou médiatique (comme on dit maintenant) a été franchie.

Sauf que la Journée internationale de la femme n'a pas changé. Le slogan de cette année, « égalité-parité-réalité » pour efficacement  troussé qu'il soit, semble tourner à vide dans une sorte de lamento à l'ancienne. Dire que les revendications féministes sont totalement prises en compte dans l'entreprise ou dans la vie politique relève évidemment d'une consternante naïveté. Les filles sont toujours aussi clairsemées dans les centres de décisions. Mais la distance parcourue est réelle. Et pour parcourir celle qui nous sépare du but, il n'est plus temps d'en confier la maîtrise à quelques militants de l'indignation. Les derniers mètres sont les plus difficiles et seul un acte fort et législatif permettra d'y parvenir, secondé par un travail pédagogique conséquent. Une tâche de tous les jours, pas d'un seul jour. Fût-il celui de la Journée internationale de la femme.



Commentaires

* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.




Vos réactions
  • Toma
    Bonjour,
    Le livre d'E Badinter est TRES controversé et ne constitue pas (et de loin)une référence pour le "féminisme" ni les féministes au sens le plus noble du mot. C'est bien de trouver 120 étudiantes femmes pour 100 étudiants hommes : réjouissons-nous sincèrement. Ce chiffre n'est pas un indicateur parlant. La vraie question est pour l'après : qui a le pouvoir dans l'entreprise, les organisations, les syndicats, les gouvernements après l'obtention du diplôme ? Les hommes. Ce qui compte c'est qui a le pouvoir. A ce niveau, la parité n'existe pas, c'est une intention qui le reste dans les faits (parité=nombre égal et non pas égalité professionnelle qui est autre chose).
    Cela est vrai que les hommes aident un peu plus à la maison, personne ne peut le nier. La question est : sur la quantité totale des tâches, quelle est la part réelle assumée et remplie par les hommes ? De récentes enquêtes ont parlé : les femmes remplissent majoritairement et de très loin lesdites tâches (pour une fois qu'elles sont majoritaires).
    En 2009, je trouve déplacé d'argumenter sur les tâches ménagères remplies de plus en plus par les hommes : faut-il les remercier pour cela. Nous, nous le faisons depuis toujours.
    C'est ainsi que l' on vit ensemble:on travaille, on participe ensemble, on partage si on veut vivre mieux ensemble, point c'est tout. Le débat n'est pas (plus) là.
    Ne nous opposons pas, femmes et hommes. Il y a eu quelques avancées. Elles restent insuffisantes. La parité n'existe pas. Peu de femmes dans les postes de pouvoir. L'égalité professionnelle n'existe pas, et les conséquences de cette inégalité sont vastes en termes de salaires, de responsabilités au travail, de retraite, etc. La journée de la femme devrait être supprimée au nom du principe d'égalité homme femme.

    Répondre

  • midipy
    Bonjour,
    je vous suggère de lire "fausse route" de Elisabeth Badinter (qu'on ne peut pas taxer d'antiféminisme), elle brosse un tableau qui vous surprendra. S'il est vrai qu'il existe toujours des disparités par exemple au niveau des salaires , il y a maintenant de nombreux domaines ou les femmes sont en position dominante.
    Dans l'enseignement, la santé ou la justice on trouve beaucoup plus de femmes que d'hommes.
    Dans l'enseignement supérieur, on compte 120 étudiantes pour 100 étudiants ... Les filles sont encouragées (par des bourses) à investir les filières où elles sont peu présentes mais il n'y a pas d'équivalent pour les garçons.
    Oui à l'égalité des chances, mais prenons garde que certain(e)s ne soient pas plus égaux que d'autres.
    Quant aux taches ménagères, ce que vous décrivez est un vieux cliché qui n'a plus cours dans les "jeunes" couples , dans tous les couples de quadra que je connais l'homme s'occupe des tâches ménagères (cuisine, repassage, ménage de la maison, courses etc ...) et des enfants.
    Mais lisez donc ce livre et faites vous une opinion.

    Répondre

  • gaelle
    salut chers femmes
    je suis une jeune femme camerounaise, sensible a la journée de la femme

    en effet,au Cameroun, cette journée est très prise au sérieux par toute la communauté féminine, plus qu'une journée, c'est un jour de foire et d'attractions, car des pagnes a l'effigie de cette journée sont mis sur pied. N'est considérée comme femme celle qui aura arborer son pagne de la journée de la femme.

    Mais ce qui est déplorable est l'absence de la transmission essentielle du message véhiculé par cette journée, mais plutôt un jour ou les femmes camerounaises ont le dessus sur leurs hommes.
    Néammoins , BONNE FETE A TOUTES LES FEMMES !

    Répondre


Vous devez renseigner tous les champs :