Mondial de l'automobile 2008 : Cadremploi
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Mondial de l'automobile 2008

Le Mondial de la méthode Coué


Certes, on peut se demander quel peut bien être le point commun entre Christine Lagarde, le gouvernement qu'elle représente et le Mondial de l'automobile qui vient d'ouvrir ses portes au grand public. En dehors, bien sûr, de la visite de la ministre de l'Economie dans les allées de la Porte de Versailles samedi dernier. Leurs atomes crochus sont plutôt à chercher ailleurs, dans une certaine confiance affichée - mais toute relative - dans les capacités de la France à lutter contre la crise financière d'un côté et contre la dégringolade industrielle annoncée de l'autre. Une méthode Coué appliquée à la finance comme à l'industrie automobile.

Car il est étonnant de constater comment, au plus fort d'une crise environnementale, pétrolière et financière qui touche la bagnole plus que tout autre produit, les stands de la porte de Versailles, comme les hommes qui les dirigent, affichent un optimisme légèrement outrancier.

Selon nos envoyés spéciaux au Mondial de l'automobile, tous les constructeurs se sont mis au vert. C'est la couleur dominante de leur stand et le mot d'ordre livré en pâture aux visiteurs qui admirent leurs concept-cars. Mais c'est loin d'être la couleur de leurs comptes d'exploitation ou de leurs voitures de série. Ce qui n'empêche nullement Carlos Ghosn d'évoquer en long et en large, son prototype électrique Renault ZE Concept, dont la commercialisation pourrait éventuellement commencer vers 2011, sous une forme qui serait très vaguement celle dévoilée à Paris. Rien que du concret, du solide et de l'immédiat, donc.

Christian Streiff, Pdg de PSA fait encore plus fort en expliquant, sans rire, que dans le domaine de l'hybride, « Peugeot et Citroën ont une longueur d'avance ». Sous le seul prétexte que son prototype à lui, une berline compacte hybride, marie une turbine électrique et un moteur diesel. C'est faire peu de cas de la Toyota Prius, dont les premiers tours de roues remontent à dix ans, et de la Honda Civic Insight qui sera commercialisée au printemps. Bon sang, mais c'est bien sûr : les hybrides nippones roulent au sans-plomb, pas au diesel. Voilà qui révolutionne fondamentalement l'automobile.

Quant à la commercialisation éventuelle de la merveille sochalienne, là encore, il faudra patienter jusqu'en 2011.

Mais ces tâtonnements n'ont pas empêché Christine Lagarde, à l'issu de sa visite au Mondial (qui évitait soigneusement les fameux stands japonais), de saluer « l'effort considérable des constructeurs automobiles, français en particulier, pour nous préparer au monde de demain ». Certes, on peut, encore et toujours, tenter de se rassurer en regardant de l'autre côté de l'Atlantique. En se disant, comme pour la crise financière, que ça se passe mieux chez nous.

C'est vrai que les big three de Detroit (Ford, Chrysler et General Motors) ont connu des jours meilleurs et que les pertes d'emplois qu'ils subissent sont près de dix fois supérieures à celles de nos deux constructeurs. Les ouvriers de Ford Aquitaine, dont les emplois sont menacés, sont d'ailleurs venus le rappeler bruyamment et par centaines sur le stand Ford à Paris.

Sauf qu'à se rassurer ainsi, on risque de perdre de vue que l'automobile hexagonale pourrait bien affronter une crise tous azimuts. On l'a vu, le retard pris dans les nouvelles technologies est important. Mais il l'est également en matière de qualité de produits et de tarifs. Alors même que nos bonnes vieilles autos françaises sont garanties deux ans, certaines coréennes, sûres de leur fiabilité, offrent sept ans de couverture. Pour des prix inférieurs. Un détail ? Pas pour les parts de marché de la production française. Pas pour les 1 000 employés de l'usine de Sandouville sur le départ. Pas pour les 500 000 personnes travaillant, d'une manière ou d'une autre dans la filière automobile.



Commentaires

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Vos réactions
  • Andr
    De nombreux journalistes et politiques ne disent pas tout. les voitures électriques existent depuis longtemps, mais les lobbies pétroliers, entre autres, bloquent leur développement, voire retirent du marché les modèle efficaces depuis des années. Comment les états se financeraient sans les taxes sur les produits énergétiques, et ce n'est que fraction de la réalité.

    La crise boursière était programmée depuis longtemps. N'est ce pas une volonté d'un nouvel ordre mondial.

    J'ai le défaut d'observer et de comparer, d'où plusieurs diplomes bac +5 et plus. Les entreprises ont peur des gens qui peuvent comprendre les dessous d'organisations, de fonctionnement, de financement. Il y a une telle différence entre l'annonce et la réalité...

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  • R
    J'AI BONNE OPINION DE MOI Â…

    Cela fait plusieurs années que j'ai des difficultés à trouver une activité professionnelle rémunérée.
    Cela ne m'étonne pas. Dans l'agriculture, dans l'industrie, dans les services, des emplois ont disparus pour être implantés ailleurs. Or je n'ai pas bougé.

    Le problème n'est plus de faire tourner des usines pour maximiser les profits en biens de consommation, fussent-ils des automobiles 6 roues motrices à 4 sources d'énergie !

    L'enjeu est que l'économie mondiale progresse dans un monde où certains ont des appétits voraces alors que d'autres n'ont rien à se mettre sous la dent. Cela ne date pas d'hier mais cela commence à devenir une gêne même pour ceux qui n'en ont cure !

    Il existe des sélections de culture, des choix de production, des options de progrès qui conditionnent le devenir de nos sociétés, de nos pays, de notre planète.

    Nous commençons à être durablement sensibilisés par cet équilibre environnemental. Pour l'instant, nous continuons à jouer avec des vases communicants ; mais peuvent-ils longtemps encore nous permettre d'éviter les raz-de marées ?

    Â… MAIS PAS DU TOUT DES AUTRES

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  • Jo
    Typiquement français, on mélange tout. Mais c'est tellement plus facile de critiquer que de faire.
    Pendant 20 ans, j'ai travaillé dans l'industrie automobile et j'ai connu la première guerre du Golf, la grève des transporteurs, les jupettes, les baladurettes...etc et j'avais toujours dans mon bureau affiché au mur cette maxime :
    - Celui qui dirige ou qui fait quelque chose à contre lui :
    1. Ceux qui veulent faire précisément la même chose
    2. Ceux qui veulent faire exactement le contraire
    et 3. Et la majorité beaucoup plus sévère qui ne fait rien.
    Arrêtons de tout mélanger !!
    Ce n'est pas une crise bancaire. C'est une crise boursière. Plaçons le sujet où il doit être. Si les banques sont aux abois c'est parce qu'elles ont spéculés. Donc inexorablement elles vont bloquer donc nous allons rentrer dans une crise économique, et là ce sera plus grave.Et là on verra si ce sont les biens pensants de ce pays qui vont participer à l'effort pour relancer la machine. Ce pays est soi disant intelligent parce qu'une une génération à fait des études, semble-t-il... Et on manque de techniciens, être ouvrier est déshonorant et en France il est reconnu qu'on travaille dans de très mauvaises conditions. On travaille beaucoup trop. Je crois qu'il est temps d'arrêter de flatter papa et surtout maman parce que le fiston ou la fifille à une liste de diplômes aussi longue que le bras, qu'il est plus que temps de travailler et d'arrêter de regarder les autres pays acheter la France, et que si les syndicats sont comme les journalistes en manque de sensationnel je leur conseille d'aller voir dans les pays étrangers où il y a beaucoup de choses à faire. On respirera mieux et on sortira la tête de l'eau.

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  • Breathe
    gardons le sourire, le prix Nobel a été décerné a 2 français.
    Petit détail, on les a tellement reconnus et encouragés en France qu'ils sont fui aux États Unis

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