Réticences à l'embauche des mère de famille en 2011
Les DRH n'aiment pas les mamans

Le vingt-et-unième siècle sera-t-il celui de la régression ? La question se pose à la lecture de l'enquête du cabinet britannique Regus. Le spécialiste de l'aménagement des espaces de travail a interrogé 10 000 entreprises à travers le monde en leur demandant si, en 2011, elles souhaitaient embaucher des femmes qui ont des enfants. Leurs réponses nous renvoient directement cinquante bonnes années en arrière, à une époque où le poste de travail d'une bonne mère de famille, c'était sa cuisine. Éventuellement sa buanderie.
C'est que, parmi les entreprises en mesure de recruter cette année, 36 % seulement envisagent d'embaucher ces mères de famille. Pourquoi ? Parce qu'elles s'investissent moins au boulot, pardi. C'est ce que prétendent 37 % des interrogés à travers la planète. Mais la France n'est pas seulement championne du monde de handball. Elle est aussi experte en machisme. Nos recruteurs hexagonaux sont 41 % à nourrir cette saine pensée concernant le manque d'investissement des mamans.
Et ils n'enfilent pas cette seule perle de la misogynie simplette. Car 29 % de nos joyeux recruteurs estiment aussi que si ces dames ont déjà des enfants, c'est qu'elles voudront en avoir d'autres. Et que ces profiteuses quitteront leur poste dès que leur formation sera achevée, pour entamer un nouveau congé de maternité. Enfin, 24 % des sondés estiment que leurs compétences sont dépassées. Et nos recruteurs bien de chez nous pensent, pour 41% d'entre eux, que les mamans manquent de flexibilité.
Bon, on se fait une raison. Il y a encore quelques Néanderthaliens dans les entreprises, qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur virilité d'un autre âge. Mais heureusement, il y a les autres. Les pros qui embauchent des mères de familles, qui les considèrent comme des salariés comme les autres. Pas tout à fait. Les raisons qui poussent ces derniers à recruter les mamans n'ont rien à voir avec les qualités qu'elles ont acquises au cours de leur carrière, ou même le sens de l'organisation qu'elles ont développées en s'occupant de leurs bambins. Que nenni.
Ce que ces messieurs (car on n'ose même pas imaginer que des filles puissent répondre ainsi, quoique) apprécient par dessus tout et à 72 %, c'est « que les entreprises qui ignorent les mères revenant à temps partiel passent à côté d'une composante importante et précieuse de leur personnel. » Traduisons en français la novlangue de nos pudiques sondés : les mères de familles acceptent plus facilement que les autres candidats le temps partiel subi, et il faut en profiter un max. Comme il faut profiter d'une autre de leur caractéristique : elles offrent leur expérience et leurs compétences sans pour autant demander des salaires élevés. C'est ce que pensent 57 % des entreprises interrogées.
Alors ? Alors on peut réagir en fourguant tous les machos et les myso dans le premier avion vers Djeddah façon Ben Ali. Ou alors on pragmatise, on real-entreprise, on rationnalise. Acquérir de bonnes compétences pour pas cher ? C'est le but d'une boîte et de son DRH. Disposer de salariés disponibles et flexibles ? Itou. Eviter qu'ils ne s'absentent pour le premier rhume du gamin ? Aussi. Puisque leurs conjoints ne le font pas...
On peut toujours s'en plaindre et se lamenter. Se plaindre d'une époque en crise. Se lamenter de la régression qu'elle entraîne. Et rire jaune de la loi définitivement adoptée le 13 janvier dernier, imposant 40 % de femmes dans les conseils d'administration des entreprises cotées. Des dames sans enfants ?
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 31 janvier 2011
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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr

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Avant d'être des "mamans", nous sommes des femmes, des candidates et des professionnelles.
Professionnelles, avec des diplômes (si prisés par les recruteurs en France) et souvent plus élevés ou en plus grand nombre que chez les hommes.
Professionnelles avec des compétences, des expériences, des domaines d'expertise, des qualités relationnelles, des facultés d'adaptation … que la majorité des hommes est loin de posséder.
Professionnelles et ORGANISEES, car les femmes et pas seulement les « mamans », ont cette très grande force: elles sont capables de mener de front simultanément vie professionnelle et personnelle, vie sociale, culturelle, sportive..., sans compter les aspects logistiques que peu d'hommes assument encore pleinement !
Professionnelles par leur engagement, leur implication dans leur travail, car les femmes se réalisent plus pour l'intérêt, le contenu, l'obtention des résultats et l'épanouissement dans le poste que pour la recherche de pouvoir ou de statut, aspirations souvent préférées des hommes.
Quand aux femmes dégagées des contraintes familiales (enfants majeurs ou étudiants), les recruteurs et les hommes préfèrent écarter leur candidature, de peur que ces professionnelles, compétentes, dynamiques et motivées viendraient CONCURRENCER la gent masculine !
STOP à cette REGRESSION MACHISTE, Relevez vous et Réagissez SVP Femmes jeunes et moins jeunes, juniors, confirmées, séniors... et Recrutez des femmes !
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Ahhhh ... pas facile d'être DRH ...
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La vrai question est alors : pourquoi tant de femmes "machistes" (je n'ose écrire "machos") dans leur approche de recrutement ? Réussite de super Businesswomen ayant copié jusqu'à l'absurde les codes du pouvoir masculin, craintes et/ou remords diffus et quasi inconscients de recruteuses face à leurs propres envies (Non, je n'écrirait pas "démons" !) passées ou futures de maternité ? Il y a là un champ exploratoire sociologique très vaste ;-)
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