Crise chômage
Les recruteurs vont-ils (enfin) recruter des chômeurs ?

Tous les spécialistes en carrière de cadres vous le diront : pour progresser, il faut bouger. Un col blanc immobile est un col blanc inutile. Alors, tous les trois à cinq ans, il fallait boucler ses valises, changer de poste et de crèmerie. Et jusque-là , à chaque fois, bingo, c'était plus 15 % sur la feuille de paie.
Les valises, vous pouvez désormais les ranger et les bouquins des conseillers en progression avec. Car deux roquettes envoyées par deux cabinets spécialisés ébrèchent sérieusement le bréviaire de la belle carrière. Elles font état d'une baisse substantielle des salaires d'embauche des cadres. Baisse qui, pour le cabinet Robert Walters atteindrait les 15 %, justement. Du jamais vu depuis 1993.
L'autre étude, en provenance du cabinet Towers Perrin celle-là , fait état du même type de baisse et s'appliquerait en plus, aux jeunes diplômés. Ces baisses, les plus fortes depuis 1993, sont bien sûr liées à la crise, ou plutôt, selon les enquêteurs, à l'anticipation de ses effets. Une classique politique de prévoyance qui voit les entreprises, et notamment les grandes, s'interroger pour savoir si la crise va aggraver leur sort. Gouverner c'est prévoir. Sauf que les boîtes du CAC appliquent plus souvent le fort sage adage à leur masse salariale qu'à leur stratégie globale.
Mais revenons à nos cadres fort dépourvus. Le mythe de la tangente s'effondre et avec lui, toutes les jolies histoires de carrière fulgurante qui vont avec. Alors quoi ? On ne bouge plus, on s'enfonce la tête dans le sable et on attend que le tsunami nous passe au dessus ?
Et si cet attentisme et ce sur-place profitaient quand même à une certaine catégorie de cols blancs : les cadres au chômage, ceux-là et, donc, en recherche d'emploi. On sait depuis des lustres que les recruteurs leur préfèrent des candidats déjà en poste. Mais si ces derniers, de peur de perdre quelques deniers, ne répondent plus à l'appel, les entreprises devront bien recruter des chômeurs qui n'en sont pas moins qualifiés pour autant. Ainsi donc la crise pourrait avoir un effet bénéfique sur l'emploi. Avec tout le surréalisme induit par cette dernière phrase.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 9 mars 2009


* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.
un cadre de l'industrie pharma qui confirme car je me suis retrouvé dans ce message.
en recherche d'emplois, viré 3 fois en 5 ans! qui fait mieux!(rachat, suppression de postes & délit de sale gueule) toutes ces multinationales et laboratoires font des profits indignes! bruno
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J'aime bien vos articles, ils me font penser, à "oui-oui fait du vélo", ou encore au : "club des cinq", nan mais sans déconner, pour nous faire des révélations de ce calibre, vous êtes candidats au prix Pulitzer.Il existe un principe absolu dans le monde du travail : dénoncer les problèmes, mais ne jamais s'attaquer aux personnes à l'origine de ces problèmes. Sauf, s'il s'agit de faire tomber la tête d'un cadre, (si possible intermédiaire) qui jouera alors le rôle du lampiste. J'ai à mon actif, plusieurs expériences, ou j'ai (parcequ'on me l'avait demandé) "pris le taureau par les cornes", ça m'à couté la porte à chaque fois, je précise qu'il s'est agit de remédier à des situations, allant de problèmatiques, à très grave.Aujour'hui, j'ai pris le parti de jouer sur mon prochain poste, aux "trois petits singes". Pour ce qui est du recrutement des chomeurs, ils bénéficient la plupart du temps, d'un statut symbolique, mélange de lépreux, d'apatride, et de cancéreu en phase transitoire de rémission. Il y a un coté glamour, à frimer en présentant le monde du recrutement comme plein de paillettes, ou tout est luxe, vitesse, facilité, technique, décision. La réalité est bien moins réjouissante, il n'est que de voir les tordus, pervers, frustrés, de tous poils, qui gravitent dans les boites pour se rendre compte dans l'instant, que le méga problème, est qu'il y a longtemps qu'il ne se recrute pas des humains, mais des "profils", autant dire, des clones. "Au royaume des anus, les sphincters sont rois". Je suis certain qu'en lisant ces quelques lignes, vous allez vous dire : "ce type est dingue, il va trop loin, il se croit au music-hall, ou quoi?, et pourtant, ce que je dis là , la quasi-totalité des actifs, le pense, bien peu, accèptent de s'offrir la liberté de le dire.
Je vous remercie de m'avoir accordé un peu d'attention, et vous souhaite un très bonne semaine.
PS : désolé, mais le politiquement correct, n'est pas ma spécialité.
Salutations cordiales.
Pierre
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