Travail jusqu'à 70 ans : Cadremploi
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Travail jusqu'à 70 ans

L'extension des années de boulot


Le joli tollé que voilà. Ainsi, nos vaillants députés, mus par un besoin irrépressible de voter, même par un petit matin blême de Toussaint, nous ont-ils concocté un amendement qui courrouce opposition et syndicats. Et que dit-il ? Que « les salariés qui le souhaitent pourront prolonger leur activité au-delà de 65 ans sous réserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention auprès de leur employeur et dans la limite de cinq années Â». Bref, que tout le monde pourra bosser jusqu'à 70 ans, s'il le souhaite.

Un simple amendement ajouté au projet de loi sur le financement de la Sécu et voté en première instance qui secoue le Landerneau depuis trois jours. Au point que certains, un peu dans le brouillard, ont cru que l'âge de la retraite avait tout simplement été repoussé de dix ans. Xavier Bertrand en a même interrompu son week-end chrysanthème pour s'en venir expliquer que, pas du tout. Et que tout cela restera au bon vouloir des gens. Soit, soit. On veut bien. Et c'est vrai que ceux qui râlent aujourd'hui et hurlent, courroucés, que les avantages sociaux sont foulés du pied, sont peut-être les mêmes qui hurlaient, il y a quelques années, lorsque le professeur Luc Montagné, aujourd'hui nobellisé, a été obligé de s'exiler aux Etats-Unis pour pouvoir travailler après 65 ans. On peut aussi interdire à Claude Chabrol, Charles Aznavour ou Jeanne Moreau (tous trois ont allégrement dépassé les 70 ans) de sévir. Soit. Il est vrai également, que l'argument qui voudrait que le volontariat de cette mesure ne soit qu'un leurre est légèrement fallacieux. Les cas relevés de harcèlement exercé par des patrons pour que leurs seniors restent en fonction jusqu'à 65 ans ne sont pas pléthores. Au contraire.

Mais alors, pourquoi tout le monde semble si gêné aux entournures par cet amendement ? Pourquoi le programmer en catimini dans une Assemblée quasi déserte, à l'aube d'un jour férié ? Pourquoi ne pas expliquer le texte au grand jour et au 20 heures ? Cet articulet fait peur à ceux là même qui l'ont rédigé. Pas pour ce qu'il met en branle, ni même pour ses conséquences. Mais parce que tout ce qui touche à la retraite, de près ou de loin, conduit à la même conclusion. A savoir l'effondrement inéluctable du système de répartition. Le nombre d'annuités va s'allonger et le nombre de chanceux qui toucheront leur cagnotte au complet va diminuer. La faute à qui ? Ni à la gauche et pas plus à la droite, juste à la démographie.

Quant à la privatisation du système, avec cotisations à la clé via des organismes privés qui s'en vont boursicoter, on vient de comprendre où ça pouvait mener : à des fonds de pension au bord de la faillite du côté de Wall Street. Alors, que faire ? Le débat est désormais ouvert. Une ouverture qui a été menée d'une manière super courageuse, avec une transparence inouïe. Au vu et au su de tout le monde. Lors d'un petit matin blême, à l'aube d'un jour férié, par une petite dizaine de députés, au cours d'un vote discret et furtif. Comme un vote honteux.



Commentaires

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Vos réactions
  • RM
    La faute à qui? Aux politiques en partie et aux citoyens français. Au lieu d'attendre afin de ne pas choquer les citoyens par des réformes impopulaires, il fallait réagir il y a plus de dix ans. Lorsqu'il était encore temps de faire des réformes. Le "problème" démographique est connu depuis longtemps. Les réformes actuelles arrivent trop tard.

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  • Leger
    Je ne vois pas ce qu'il y a de vraiment dérangeant dans le fait que l'on puisse choisir de partir en retraite buller ou bien continuer de travailler ? je serai très curieux de savoir quel est l'âge moyen des hommes politiques et des hauts dirigeants des entreprises publiques ou privées voire familiales. Si on devait limiter l'âge de nos députés à 60 ans, les trois quarts de l'assemblée serait déserte !!!! A méditer!

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  • JEAN CLAUDE BOCCHINI
    De votre édito, je retiendrai le fait qu'un amendement voté par une dizaine de députés au milieu de la nuit peut modifier lourdement la vie de 60 millions de Français.
    Est-ce démocratique ? certainement pas.

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  • Black Jack
    Oui il faudra travailler plus longtemps pour bénéficier d'une retraite décente... mais de grâce, ne prenez pas nos très chers députés et sénateurs comme (mauvais) exemples. Les politiques n'ont jamais voulu mettre les mains dans le "cambouis" du système des retraites car ils ne voient pas plus loin que les prochaines échéances électorales.
    Mme Di Pasquale
    Encore un billet plein de bon sens. C'est ce qui manque à nos politiques semble-t-il.

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  • clahude
    Bonjours
    Si ce ballon d'essai lancé en catimini, (peut-être pour voir) pouvait au moins faire comprendre à tous ceux qui exercent une quelconque influence sur le recrutement ( employeurs, cabinet plus ou moins experts etc) que l'on peut travailler longtemps et pourquoi pas jusqu'à 70 ans (en fonction des métiers). La vie ne s'arrête pas à 50 ans. Probablement qu'une perspective de carrière de 20 ans, voire 25 ans (les mises à l'écart commencent à 45 ans) changerait fondamentalement la donne en matière d'emploi des séniors, et notamment la perception qu'ont les entreprises de leurs salariés. Il reste néanmoins à changer les mentalités. Il faudrait une bonne fois pour toutes que les employeurs restent cohérents en matière d'emploi. Nous citerons de manière non exhaustive les contradictions du genre : allongement de la durée du travail mais licenciement à 50 ans, fidélité à l'entreprise mais possibilité de licencier comme on veut, formation tout au long de la vie mais formation quasi inexistante après 45 ans etc, etc.
    Reste la méthode utilisée pour annoncer de telle modification du code du travail...
    Cordialement

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  • Jouvence
    Peut-être même que ces députés n'ont pensé qu'aux PDG devant partir à l'âge de 65 ans.

    Qu'ils cherchent d'abord à trouver les solutions pour que les gens aient au moins du travail à temps plein jusqu'à 60 ans, et commencent par diminuer leurs retraites de députés, s'ils veulent montrer l'exemple de faire des économies...

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  • FAURE JEAN - PAUL
    EN CE QUI ME CONCERNE JE SUIS TITULAIRE D'UN DEA EN DROIT IMMOBILIER AINSI QUE DU CAPA ; j' ai eu une carrière en dents de scie très certainement pour des motifs de conjoncture, dont la rémunération n'avait rien de florissant, aujourd'hui je suis contractuel dans l'enseignement supérieur. Je considère que j'ai encore une forte résistance pour poursuivre l'activité professionnelle à 60 ans et plus. J' ai cherché des voies pour avoir plus de stabilité et un travail susceptible de m'intéresser, dans mon domaine j'ai rencontré des difficultés tenant aux lieux d'exercice (nord de la FRANCE )etc..... . Aujourd'hui j'essaie de conforter mon parcours professionnel . UN JURISTE C'EST UN BOSSEUR ! J'essaie de combler les hachures : désolé c'est mon droit ! JPF

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  • le bihan
    Un vote honteux? certainement, mais qu'est-ce-qui se cache derrière cette mesure? Réfléchissez un peu braves gens, ouvrez les yeux. C'est encore un cadeau au medef: la possibilité pour les grands patrons (vous savez ceux licencient à tour de bras en ce moment) de conserver le pouvoir jusqu'à 70 ans avec tous les avantages qui vont avec la fonction. Cette mesure n'est pas innocente loin de là. En prime c'est aussi un premier pas vers la suppression des retraites. Pas de travail au-delà de 40 ans mais pas de retraite avant 70. Ce gouvernement nous promet un avenir magnifique: le retour au moyen âge avec ses seigneurs féodaux et ses serfs taillables et corvéables à volonté. Il faut mettre les français à poil.

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  • DESNEIGES
    Le vrai problème pour ceux qui veulent travailler au-delà de 60, ou 65 ans c'est de partir avec une retraite pleine, alors il faut obliger les entreprises à garder leurs seniors qui le veulent et surtout les obliger à les embaucher! N'y a t-il pas des pistes à explorer pour développer le tutorat et l'administration ne pourrait elle pas - pour une fois - donner l'exemple?

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  • G
    Bravo !
    Il ne fallait pas plus en dire et ce que vous en avez dit est gigantesque, car cela nous ouvre les yeux sur la lâcheté de certains, qui sont censés nous représenter.

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