Cadremploi.fr  > Actualités > L'édito de Sylvia Di Pasquale > Ne m’appelez plus DRH, je suis DCH

Ne m’appelez plus DRH, je suis DCH

ne-mappelez-plus-drh-je-suis-dch

La fonction ressources humaines manque trop souvent d’humour. Alors, lorsqu’on tombe sur un article des Echos aussi paradoxalement rigolo que celui-là, on partage. Voilà un texte qui tente de nous convaincre qu’il faut rebaptiser les « directeurs des ressources humaines » en  « directeur du capital humain ». Ça change quoi ? Tout, selon l’auteur. Pour lui, si l’on veut changer la manière de considérer les hommes dans l’entreprise, il faut changer le titre de celui qui s’en occupe. Fastoche. On déchire ses cartes de visites, on en imprime des nouvelles, et tout ira pour le mieux dans la boîte. Le DRH est mort, vive le DCH.

Du coup, on s’en veut de ne pas y avoir pensé plus tôt. Et franchement, on en vient à se demander à quoi peuvent bien réfléchir nos champions de la présidentielle, entourés de leurs spin doctors et de think tanks censés fourmiller d’idées. Le bon peuple place l’emploi dans ses priorités absolues et ils n’ont même pas eu cette simple bonne idée de rebaptiser les boss des ressources humaines pour apaiser la grogne.

Evidemment, on se moque. Pourtant la tribune de Didier Houth parue dans Les Echos rappelle quelques réelles bonnes idées, comme la valorisation des ressources humaines non comme un passif comptable mais comme un réel actif du compte d’exploitation. Comme l’employabilité des salariés, aujourd’hui considérée comme une manière de rebondir à l’externe, qui doit plutôt être utilisée pour rebondir en interne.

Mais pourquoi appeler à un changement de titre de la fonction RH en masquant les véritables raisons qui le rendent opportun ? Ce qui n’est pas dit dans cette tribune, c’est que le DRH est grillé, vilipendé, détesté. Rarement une fonction de l’entreprise aura attiré tant d’agressivité. Pas l’homme (ou la femme), mais bien la fonction taxée de relayer les « basses œuvres des directions générales » (lire les commentaires à cet article notamment).  Ou, selon une récente analyse de Benjamin Chaminade, accusée d’être en crise de « légitimité, de crédibilité et d’estime » à cause de ses erreurs tactiques.

Alors faut-il changer de titre pour tenter d’enrayer cette mécanique de la lapidation ? Les hommes (et les femmes) de l’art l’ont déjà fait par le passé. De chefs du personnel, ils sont devenus directeurs des ressources humaines, avant de se transformer, peut-être, en directeurs du capital humain. Pourquoi pas. Après tout, il est légitime de vouloir se débarrasser d’un titre devenu péjoratif.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr – 10 avril 2012

Une réaction ? Un témoignage ? Le forum ci-dessous vous est ouvert.

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr

13

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

ulysse2010

23/04/2012

à 00:02

Il est vrai que la parole structure la pensée, et que bien nommer les choses est un premier pas pour bien les gérer.
Mais le vrai problème de la gestion de l'élément humain commence quand on se met à le considérer comme une charge, et plus comme une ressource (ou un capital). Et cela va bien plus loin qu'un simple point de vocabulaire.
Je propose donc aux entreprises dont c'est le cas - c'est à dire quasiment toutes, passé une certaine taille critique - d'adopter l'acronyme DCP, Directeur des Charges de Personnel. Ca aura au moins le mérite de la sincérité.
Quant aux autres entreprises, elles ont des préoccupations plus importantes et plus productives que ces ratiocinations stériles.

> Répondre

Damien HAMON

13/04/2012

à 14:37

Comme ancien DRH, je ne vois pas ou cet acronyme est dévalorisant. Autant que je l'ai pu, j'ai même réussi quelques fois à faire changer le titre du DAF pour un acronyme plus équivalent : DRF ; certaines de mes DG y ont souscrit (les DAF un peu moins).
Au delà du titre dont je rappelle que dans les années 70, il pouvait signifier "Directeur des Relations Humaines "(tout espoir n'est pas perdu), il serait temps de commencer à faire usage de bon sens plutôt que de concepts ou de terminologie du siècle passé.
Ainsi, le DRH, gestionnaire de ressources (par définition rares), serait-il avisé de se donner les systèmes et les moyens simples de répondre à la question suivantes : quelles sont les compétences majeures et stratégiques dont disposent mon entreprise et à quelle hauteur ?
Ce serait une bonne manière de donner du sens au propos trop souvent fumeux des PDG : "la richesse de mon entreprise, c'est mes hommes !".

> Répondre

GSH

12/04/2012

à 22:23

Il faut changer de titre !
Et si le DRH ne devait pas redevenir tout simplement le Directeur des Relations Humaines.

> Répondre

FS

12/04/2012

à 15:17

IGNORANCE SALVATRICE
J'ai lu cet article qui comporte des points de vues intéressants
Mais je ne peux "entendre" des termes comme "politique stratégique de l’investissement humain"; de même le triangle MAGIQUE des SAVOIRS laisse augurer que tout ce qui est compétence d'un individu est "connu et controllé"...alors à quoi sert le Bilan de Compétences ?
Il y a des questions controversées qui ne sont pas posées; que vaut une compétence dans un environnement sans canaux de communications appropriés (quelle est sa motivation?peut-elle quitter l'entreprise?combien va coûter son remplacement à l'entreprise?) ?
En revoyant le film de Colline SERREAU: "La Crise", j'ai vu que rien n'avait changé et qu'on écoutait toujours celui qui avait les poches pleines. Au delà du paramètre d'employabilité, la gestion de la relation dans le cadre de l'entreprise peut amener les "DCH" a se comporter enfin comme des "médecins chinois" (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9decine_traditionnelle_chinoise)
Pour terminer sur ces quelques idées émises, je reprendrai le titre en disant que la reconnaissance partielle ou totale du "non contrôle" et de "l'ignorance" en matière humaine peut augurer de belles perspectives, comme faciliter l'adhésion par la co-construction, notamment
Ce n'est pas le costume qu'il faut changer, mais la manière d'envisager la façon d'en porter un

> Répondre

Anna

12/04/2012

à 15:05

Vos efforts pour associer (les femmes) aux zomes de l'entreprise sont louables ; mais on voit bien tout de même que ça ne va pas de soi, (les femmes) sont toujours entre parenthèses, même dans les RH ! Si quelques-uns en doutaient encore, la langue française en plus d'être imprécise est résolument sexiste.

> Répondre

ALIENRH

12/04/2012

à 12:02

ouais pas mal le titre DCH mais
cela risque de vite dériver en

DCH Directeur des Cadres Harceleurs
DCH Directeur du Capital de la Haute direction

moi je prefere simplifier de parler de DH comme du temps des carembar;
un DH c'etait une petite recompense avec une sucrerie; autnat gerer les salariés comme des enfants.

> Répondre

alancfr

12/04/2012

à 08:50

Le chef (ou directeur) du personnel a déjà changé de nom,
cela n'a pas modifié la fonction.
De toute manière je ne me suis jamais considéré comme
une "ressource"même humaine...

> Répondre

HR BUSINESS PARTNER

12/04/2012

à 08:11

Le titre des DRH a déjà changé : aujourd'hui, ils sont HR Business Partner.
C'est-à-dire n'hésitant pas à faire partie de la performance de l'entreprise.
C'est déjà le cas, allez-vous dire, comme M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir ; oui, mais quand on veut en plus faire de l'humain en pensant que ce n'est pas contradictoire, alors là les choses se gâtent pour ce pauvre RRH, devenu DRH, devenu RH Business Partner... harcèlement moral à son égard, voire licenciement !
A quand une statistique des Echos sur cet état de fait pourtant bien connu ?

> Répondre

DidierHouth

12/04/2012

à 00:18

Bonsoir,

Heureux d'apprendre que je vous fais rire. Après tout, il faut de l'humour pour tous les goûts :-) Si vous voulez lire la suite :
La confiance monnaie d’échange du capital humain dans l’entreprise
http://lecercle.lesechos.fr/entrepreneur/social-rh/221145423/confiance-monnaie-echange-capital-humain-entreprise

Ne vous occupez pas trop des autres articles un peu politique, c'est juste pour m'amuser. A chacun son humour... Ha ! Il y en a un vieux aussi La fonction Ressources Humaines est-elle un humanisme de l'entreprise ?
http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/management/221130226/la-fonction-ressources-humaines-est-elle-un-humanisme-de-le
Et un auquel je tiens beaucoup
Trisomique... et alors ?
http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/social/emploi/221144980/trisomique-et-alors

Cordialement
Didier HOUTH

> Répondre

Arno

12/04/2012

à 00:12

Arrêtez de changer l'emballage, mettez y un contenu digne du titre "directeur".
Tous comme le "green washing" fait croire que le pétrole ou le nucléaire sont propres, afficher de bonnes intentions et changer l"étiquette ne peux que leurrer les jeunes diplômés.
Portez des valeurs qui ont un sens : pas de langue de bois, respect des gens et de leur différences (pas seulement la couleur ou "je viens de la cité"), soyez authentique, moins narcissique, ne voyez cherchez pas le vice partout, apprenez l'humilité, car c'est ceux que vous embaucherez qui vous feront vivre, et JAMAIS JAMAIS le contraire.
Cependant, vous avez la chance que tous le monde l'a oublié...
Comme nous sommes tous dans le besoin, nous vous faisons croire que nous accordons la plus haute importance à ce que vous dite, mais en fait, on s'en fou, bien souvent, tellement votre discours est feutré et vide de sens...

Pour finir, DCH, DRH ou chef du personnel, nous savons tous ce qu'il y a derrière, nonobstant le fait qu'il y en a qui assurent et méritent leur titre de Direction, mais si peu...

> Répondre

jfbo77

11/04/2012

à 22:48

Louable intention...

Pour ma part, je suis toujours DRH, avec une nuance : je suis Directeur des Richesses Humaines, et ma porte est toujours ouverte....

Je ne suis pas issu des Hautes Ecoles à Idiots, telles HEC et autres fabriques d'abrutis mondains, qui puisent leur savoir dans les livres et les cours des-dites écoles.

L'Humain doit être au centre de la société et de l'entreprise.

"Il n'y a de richesses que d'hommes"
Point barre.

> Répondre

Fetnat

11/04/2012

à 17:54

Et pour ceux qui se prennent refus sur refus de la part des recruteurs…(histoire de dédramatiser ;-))

Votre lettre du (date) m’est bien parvenue ce jour.
Après un examen attentif de votre réponse, j’ai le regret de vous faire savoir que je ne peux réserver une suite favorable à votre refus de présenter ma candidature.
Cette année, j’ai reçu un grand nombre de refus totalement injustifiés.
Malgré vos qualifications évidentes et votre grande expérience sur le terrain du refus des candidats, je regrette de constater que votre décision n’entre pas dans le cadre de mes besoins actuels.
Par conséquent, je suis obligée de me considérer de nouveaux comme candidat.
Je serais très heureuse de vous rencontrer bientôt et entrerai en fonction immédiatement.
En vous souhaitant plus de succès pour vos futurs rejets, veuillez accepter, Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments.

> Répondre

Tibuzz

11/04/2012

à 15:47

Très sincèrement, de "ressources humaines", la plupart des entreprises de voient que le "resssources" et oublient l'humain. Vous pensez vraiment qu'avec DCH elle ne ne focaliseront pas uniquement sur "Capital"? Je crains que "humain" passe encore à la trappe dans les faits

> Répondre

+