Nouriel Roubini et crise financière 2008
Nous sommes tous des Nouriel Roubini

La scène se passe le 7 septembre 2006, au siège du FMI à Washington. Comme souvent, le Fonds monétaire international organise ce jour-là une table ronde au cours de laquelle d'éminents profs s'expriment sur le temps économique qu'il fera demain. Parmi eux, un certain Nouriel Roubini, enseignant à l'université de New York, prend la parole.
Et de lancer à ses collègues, pliés de rire, que dans les années à venir, l'Amérique allait connaître la récession, notamment en raison d'une crise immobilière augmentée d'un choc pétrolier. Mais comme les autres participants à la table ronde se tapent sur les cuisses, il rentre dans les détails, et prédit la faillite de plusieurs banques d'affaires ainsi que la chute de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux mastodontes du crédit immobilier américain. Mais la salle rigole tellement que l'animateur interrompt la séance pour inviter les spectateurs à boire un verre pour oublier ce qu'ils viennent d'entendre.
Depuis quelques jours, évidemment, plus personne ne se marre et Nouriel est surbooké. De la Maison Blanche au Congrès en passant par les vénérables maisons de Wall Street, tout le monde s'arrache les prédictions de l'oracle. Et le prof se lâche. Il vient d'annoncer que les prochaines enseignes en faillite devraient être Morgan Stanley et Goldman Sachs. Citygroup et JP Morgan les suivraient de près. Bref, comme il dit, on pourrait aboutir « à une crise massive et systémique ». De quoi avoir les chocottes sur l'avenir, bien sûr. Mais de quoi aussi, se poser des questions sur l'importance, ou l'insuffisance, que les dirigeants de pays ou d'entreprises accordent à la parole ou aux travaux d'autrui.
Que ces derniers soient des experts totalement externes à la marche de leur nation ou de leur boîte. Ou qu'ils soient des collaborateurs en interne. Combien de cadres ont compris bien avant que leur entreprise soit en danger que leurs dirigeants se fourvoyaient. À l'instar des ingénieurs d'EADS, qui, bien avant que la crise n'éclate au grand jour, savaient que le programme A380 accumulait les retards. Combien d'autres cadres, chez Renault, cette fois, savaient que le lancement d'une berline classique, comme la Laguna était une erreur, dans un marché ou ce type d'auto était en chute libre et qu'elle allait conduire aux suppressions d'emploi que l'on sait ?
Il existe une loi, importée des US et appelée là -bas whistleblowing. Elle oblige les salariés à dénoncer les malversations et les indélicatesses dont ils seraient témoins au sein même de leur entreprise. Il serait évidemment illusoire, voire dangereux, de promulguer un nouveau texte obligeant les cadres et employés à dénoncer les errements stratégiques de leurs boss. Nous sommes le pays champion du monde des lois inappliquées. Et il n'est nul besoin d'en rajouter.
Pour autant, il serait sain pour tout dirigeant, surtout si l'entreprise fonctionne sur des lignes hiérarchiques longues, d'écouter un peu plus ses collaborateurs experts et proches du terrain. Pas besoin pour cela d'en passer par un utopique système d'autogestion coopératif où tout le monde décide pour tout le monde. Un tout petit peu de bon sens suffirait amplement.


* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.
Pourquoi, n'admet-on pas que l'être humain est tout simplement imparfait et donc que l'erreur est humaine. L'utopie d'éradiquer l'erreur grâce aux bons sens de bons petits soldats si brillants me fait aussi me taper sur les cuisses.
Ce qui est surtout très français, c'est que de nombreux petits soldats se croient en cachette plus futés que leurs dirigeants.
On est tous tellement intelligents après coup !!!
Un peu d'humilité ne fait pas de mal. Les catastrophes arrivent, même si un ou deux êtres s'avèrent après coup avoir eu la chance de décrire ce qui allait se passer.
Sur X milliers d'experts, il y en a forcément qui ont prédi la crise, c'est simplement statistique.
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Mais non rien à faire, chut gardons le silence. Les cadres des entreprises eux-mêmes jouent le jeu...Ils préfèrent se taire, sinon ils savent qu'ils seront mis sur la touche. Il y a bien parfois des "allumés" qui prennent le risque de parler. Honte à eux, les vilains, ils n'ont rien compris. Rendez-vous compte, ils osent remettre en cause le pouvoir établi. Ils se mettent dans tout leurs états et pourquoi faire ? Se brûler les ailes.
Il faut garder le contrôle de vos émotions, ne pas faire de vague ! Ce sont les conseils des conseils et les collègues cadres ne manquent pas de relayer le message à ceux d'entre eux qui voudraient jouer les troublions. En lui tapant sur l'épaule amicalement, ils lui glissent à l'oreille, allez ça ne sert à rien, ne prend pas de risque, crois-moi ! Soit fort en te taisant !
La boucle est ainsi bouclée...Trinquons à la mauvaise santé du monde !!!
Une autre proposition ou on garde encore le silence jusqu'Ã l'explosion finale ?
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Alan GREENSPAN, le gourou, aujourd'hui tant décrié et montré du doigt par tous ces opérateurs peu scrupuleux qui ont tiré "la quintessence" des dérives du marché, ceux la même qui n'ont jamais voulu prendre en compte ses avertissements de surchauffe économique, sera sacrifié sur l'autel des "bien pensant" pour ne pas avoir désobéi au pouvoir politique que seule la croissance "vertueuse" et ininterrompue préoccupe. Rappelez vous le vieil adage: "les arbres ne montent jamais jusqu'au ciel" et tout système économico-politique est fait de ce bois là !
Esope ou La Fontaine se gausseraient bien devant ce triste spectacle offert par nos hommes & femmes de pouvoir, Illuminés pour les uns, technocrates pour les autres, et ils actualiseraient sans vergogne le fabliau "la cigale et la fourmi" afin de rappeler à tous les acteurs de la gouvernance mondiale qu'il n'est jamais bon de consommer tous les fruits des périodes fastes de croissance mais qu'au contraire, l'apogée d'un cycle doit nous permettre de préparer sereinement la phase suivante, id est, les années noires de la disette "récessionniste"(!!néologisme!!).
Au diable la crise financière actuelle, chantre absolu de ce capitalisme dont KEYNES et ses pairs ne voulaient pas et redoutaient tant les effets pervers; attendons nous au pire par optimisme - une révolution - et craignons le meilleur - une accalmie - qui ne fera que différer l'échéance et amplifier les conséquences, savoir la mutation de notre système de valeurs, un cataclysme sociétal dont nous ignorons tout des lendemains...
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Et ca continue sur le site internet de cet organisme, finance par des cotisations de cadres, des offres de stage (vous êtes salaries, vos cotisations serviront aussi a proposer des stages quand vous cherchez un vrai boulot).
Parmi ces offres surprise désagréable déjà 2 offres d'emploi auxquelles j'ai répondu, sans recevoir de réponse: exactement le même contenu (des services a la personne mais aussi de l'événementiel). Il y a quelques mois cette société recrutait, désormais elle profite du système stagiaire et de la tribune offerte par un organisme censé lutter contre le chômage des cadres.
Encore un tour d'illusionniste, faire croire que ces organismes payés par des salaries servent a quelque chose.
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Ce n'est pas lui qui a deviné la crise avant qu'elle ne déboule. S'il a présenté son sujet à une conférence en septembre 2006, il avait pourtant été devancé par quelqu'un d'autre.
Ainsi, le 15 février 2006 dans son second numéro du Global Europe Anticipation Bulletin, le LEAP (Laboratoire Européen d'Anticipation Politique) annonçait l'arrivée d'une "crise systémique globale" prenant sa source dans les subprimes et se développant à partir de la fin 2006.
Voici ce que l'article disait exactement:
"Le Laboratoire Européen d'Anticipation Politique Europe 2020 (LEAP/E2020) estime désormais à plus de 80% la probabilité que la semaine du 20 au 26 Mars 2006 voit se déclencher la principale crise politique mondiale depuis la Chute du Rideau de Fer en 1989, accompagnée d'une crise économique et financière d'une ampleur comparable à celle de 1929. Cette semaine de la fin Mars 2006 marquera le point d'inflexion d'évolutions critiques, entrainant une accélération de tous les facteurs conduisant à une crise majeure, même sans intervention militaire américaine ou israélienne contre l'Iran. Dans le cas d'une telle intervention, les probabilités d'une crise majeure, selon LEAP/E2020, atteignent 100%.
Une Alerte fondée sur 2 événements vérifiables. L'annonce de cet événement résulte de l'analyse de décisions prises par les deux acteurs-clés de la crise internationale principale actuelle que sont les Etats-Unis et l'Iran :
- il s'agit d'une part de la décision iranienne d'ouvrir à Téhéran le 20 Mars 2006 la première bourse pétrolière en Euros, ouverte à tous les producteurs de pétrole de la région ;
- et d'autre part, de la décision de la Réserve Fédérale américaine d'arrêter à partir du 23 Mars 2006 de publier les chiffres de M3 (l'indicateur le plus fiable sur la quantité de dollars circulant dans le monde)"
Les subprimes qui rongeaient déjà le système au vu et au su de tous les banquiers et pourvoyeurs de crédit depuis plusieurs semestres n'attendaient plus que le facteur déclencheur. Il est tout de même assez intéressant de voir qu'un institut Européen aura été à même de prévoir l'émergence de la crise à la semaine près, plus de deux ans à l'avance.
Alors Nouriel Roubini peut bien se montrer avec sa tête de "Je vous l'avais bien dit, je suis plus fort que tout le monde", sa pose m'inspire plutôt le dédain rigolard que j'accorde aux "communicants" qui font leur le travail d'autrui. S'il est si fort que cela, il serait peut-être temps qu'il nous "devine" quand on va sortir de la crise.
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ceux ou celles qui posent des questions, cherchent à comprendre, osent argumenter ou bien des personnalités malléables, qui se coulent dans le moule.
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La culture du secret, comme dit Croco, n'est pas que l'apanage de la France, et encore moins des grosses structures quasi immobiles.
J'avais lu une récente étude sur la culture du travail en France, qui se distinguait encore aujourd'hui du reste du monde et où "travailler dur" faisait partie des premières valeurs des français transmis à leur descendance. alors oui quel gâchis.
Nous avons engendré un monstre qui est en train de manger l'humanité toute crue, si seulement ce qui se passe aujourd'hui nous donnait la force de renverser la vapeur maintenant, et non pas de pondre des mesures d'urgences pharaoniques n'offrant qu'un pis aller, dont l'objectif premier est de faire repartir Wall Street à la hausse ..
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Le management a la française est lamentable. Exemple personnel: ce recruteur américain qui repond texto "désolé, j'ai un ami qui voulait bouger. Bon, il n'a pas le profil du poste, mais il apprendra".
En France l'entreprise vous pousse a développer votre incompétence (reunionite, prérogatives du chef, décisions aberrantes, projets pharaoniens et inutiles pour laisser son empreinte...). Si vous ne vous fondez pas dans le moule (profil atypique..) vous dégagez.
Meilleur exemple: l'école qui se préoccupe des "exclus" du système scolaire et gâche chaque année des milliers de surdoués, d'enfants précoces. Seule la moyenne compte: moyen en tout, la France a sombré dans la médiocrité.
Seule solution: travailler a l'étranger ou la mentalité est plus ouverte. FUIR le pays qui vous a formé. Payer aussi ses impôts a l'étranger. Et quand un chef d'Etat demande aux expatries de revenir payer vos impôts ici: pensez aux dettes, le déficit de la sécurité sociale et au problème des retraites...
Personne ne voulait le créneau de la médiocrité. La France s'est dévouée. A tous les niveaux on a encouragé un nivellement par le bas (tous bacheliers).
Une fois cette médiocrité atteinte, une médiatisation a outrance des problèmes français permet de conditionner la population a accepter l'inacceptable.
Dernière étape: robotiser les électeurs: ne vous plaignez pas c'est pire ailleurs.
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