Livre de management pour les femmes
Oser être LA chef

Les femmes ne sont pas des hommes comme les autres. C'est connu, elles aiment le rose et parlent entre elles comme on écrit dans Elle. Alors lorsqu'un éditeur décide de consacrer un bouquin à l'art et la manière de devenir manageuse, il faut qu'il le repeigne en rose Barbie et qu'il soit titré « Oser être LA chef ». Vous imaginez un bouquin du même tonneau destiné aux hommes, laqué en bleu Domenech et titré « On arrête la branlette... et on montre qui c'est l'chef » ? Caricature qui ne concerne qu'un infinitésimal nombre d'hommes bien évidemment.
Mais au-delà de sa couverture un poil régressive, que sous-entend le titre de l'ouvrage de Valérie Rocoplan ? Que ça ne va toujours pas de soi de s'imaginer chef quand on ne porte pas de chromosome Y. Et que les femmes doivent avant même d'apprendre comment manager (ce qui est la recette de tout bouquin de management unisexe) lire un manuel leur donnant les arguments pour se sentir légitime. Apprendre à se donner le droit d'oser. Fichtre.
On peut déduire deux choses de ce décalage sidéral. Soit l'auteur de ce bouquin a 50 ans de retard et en est restée au temps où ces dames ne pouvaient pas travailler sans l'accord de leur mari. Soit elle a raison. Les femmes s'auto-censurent dès qu'il s'agit de prendre du galon, comme si elles grimpaient le Mont Ventoux debout sur les freins. C'est le fameux plafond de verre que l'auteur de ce petit livre rose revisite en « falaise de verre », histoire de ne pas verser dans le cliché, même si les deux expressions ont strictement la même signification (ou alors qu'on m'explique).
On peut craindre malheureusement que Valérie Rocoplan n'a pas cinquante ans de retard. Et qu'avant de rédiger un manuel de management, il faut encore convaincre les femmes de se lancer dans l'aventure. Puisque, contrairement à ces messieurs, pour qui c'est juste une évolution, le management reste, pour beaucoup de femmes, une aventure.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 2 novembre 2009

Nouveau ! la crème easy management, la solution des femmes actives.
Illustration de Charles Monnier © Cadremploi.fr
Extrait de « Oser être la chef » page 225
«Le pouvoir a un coût : on est exposé, il importe de ne pas toujours montrer ses émotions, de gérer avec attention son énergie, de savoir structurer son temps et d'accepter qu'il y ait beaucoup de gens qui vous observent. »
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il arrive un nouveau président et tout à coup, toutes les (femmes) cadres de l'équipe deviennent "nulles" "à la ramasse", sont mutées, déchargées de fonction, humiliées en réunion, démissionnent, dépriment (tiens, comme c'est bizarre!), et après avoir, en tant que chef, fait "mon boulot": expliquer les risques de la "macho-attitude", "pondu" (c'est bien connu, nous ne pouvons êtres que "pondeuses") une note sur l'état psycho-social de la collectivité (alertée entre autres par "la médecin du travail" et les SPS (dont un masculin, et le fait que les cadres supérieurs masculins commençaient à s'émouvoir de la situation (trop de femmes cadres écartées), je suis au placard, on me suggère que la retraite est la meilleure solution, (parce que "à votre âge,vous aurez du mal à retrouver un poste").
bref, le livre à rédiger d'urgence, c'est le manuel qui expliquera simplement aux imbéciles des deux sexes que le monde est constitué de gens des deux sexes et de toutes couleurs (j'oubliai: ce facteur-là aussi est encore déterminant, ici et maintenant), que ce n'est pas d'affirmer que les gens sont nuls qui les rend nuls, mais que cela les casse effectivement, même si leur carrière ne leur laisse aucun doute sur leurs capacités.
dans ces contextes, il ne reste que deux solutions: la violence (contre soi ou contre celui qui sévit de cette façon) ou la lutte: syndicale, procédurière, subversive, déconnante (eh, oui, imaginer, lorsque l'on connaît bien le milieu, des micro-actions rigolotes sert à la prise de conscience collective) ex: j'ai déniché un mug affichant le slogan "un prozac par jour, la pêche pour toujours": depuis que j'arpente régulièrement les couloirs du coin "cafet" jusqu'à mon "placard", mon placard reçoit plus de visite, on se "refait" des fous rires comme au bon vieux temps de l'ancien président et j'envisage avec une "certaine" sérénité de "pourrir" la vie du nouveau président jusqu'à la limite de tout ce à quoi m'autorise mon statut et les procédures qui en découlent.
c'est une autre façon d'être "la chef" d'une collectivité traumatisée par l'arrivée d'un président sans scrupules, qui manipule et écrabouille d'abord les femmes, mais aussi tous ceux qui osent se mettre en travers de sa volonté
ah! pour finir, ce n'est pas de Sarkozy que je parle (je n'ai aucun rapport avec cet individu qui pense présider les Français, mais ne s'intéresse qu'aux riches), mais d'un petit (tout petit, petit, petit)élu de province pour qui le pouvoir est synonyme de "je fais ce que veux"
pour moi (la chef d'avant les élections) le pouvoir, c'est une responsabilité sur le devenir d'autrui (les agents que j'encadre mais aussi le bien-être des habitants du territoire que j'ai à gérer dans un esprit de service public)
ce pouvoir me fait vivre relativement confortablement (salaire d'un cadre supérieur de la fonction publique territoriale) et j'estime que, dans le cas de figure que nous vivons, je suis dans l'obligation morale,de sortir d'une obligation de réserve dépourvue de sens.
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Isabelle
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