Emploi des séniors
Plan-plan séniors

On est admiratif comme tout le monde mais on s'offusque comme chacun.
Quand un ministre se mobilise pour l'emploi des seniors, on est tout prêt à lui offrir une panoplie de Robin des Bois. Mais quand le même se la joue justicier sans se donner les moyens de punir les méchants, on se sent quelque peu floués.
Notre héros sans arc ni flèches ne se cache pas dans la forêt de Sherwood, mais au ministère du Travail.
Xavier Darcos (aujourd'hui remplacé par Eric Woerth) a eu une sacrée bonne idée : tancer et taxer les entreprises qui ne mettaient pas en place un plan d'action pour l'embauche et le maintien dans l'emploi des seniors.
La date limite pour éviter la foudre ? Le 31 mars dernier. En réalité, l'affaire devait être bouclée à la fin de l'an passé. Or le ministre, sévère mais juste, leur avait donné quelques mois de rab pour boucler leur petite affaire. Quelques tensions, un peu de chantage, des menaces et de nombreuses colères plus tard, 80% des boîtes de plus de 50 salariés (les seules concernées) ont finalement obtempéré. Mercredi dernier, jour butoir et jour de gloire, 26 000 pactes d'entreprises et 80 accords de branches ont atterri sur le bureau du Ministre.
On a tous applaudi à s'en faire exploser les phalanges. En se disant qu'enfin, c'en était fini du bonnet d'âne français, de la honte européenne qui nous plaçait six points derrière la moyenne de l'Union en matière d'emploi des plus de 55 ans. Terminée l'impossibilité de franchir la barre des 40% de quinquas au boulot.
Sauf qu'il va falloir déchanter. Car dans les faits, le non-respect de la parole donnée n'est absolument pas sanctionné. Si les entreprises n'appliquent pas le joli plan d'action qu'elles ont signé, elles ne risquent absolument rien. Pas le moindre fifrelin à verser, pas le premier kopeck à payer. Seule obligation inscrite dans la loi : en tenir informés les représentants du personnel. Il faut les mettre au courant, comme le dit le texte « des indicateurs en matière d'emploi des plus de 55 ans ».
On peut d'ores et déjà prédire ce qui va se passer lors des prochaines réunions de CE. Les indicateurs en question resteront extraordinairement stables. Comme avant la loi. Comme s'il n'y avait jamais eu de loi.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 5 avril 2010

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr


* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.
- on n\'aime que les gens jeunes et beaux ;
- les gens des ressources humaines (interne et cabinets de recrutement) ne savent pas identifier les compétences et placer les gens là où ils sont utiles et efficaces (donc pas à des postes au dessus de leurs capacités, ...) et ont la flemme de dépenser de l\'argent pour former le personnel alors que des gens plus jeunes sont disponibles et n\'ont pas besoin d\'une mise à jour de formation.
Et c\'est pas une loi contraignante ou pas qui va résoudre ce problème de mauvaise mentalité française.
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Puisque des coûts de masses salariales concernant des catégories d'employés semblent insupportables, pourquoi ne pas alléger les charges patronales des fiches de paies correspondantes ?
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L\'objectif de toute entreprise est de tendre vers ce but.
Qu\'est-ce qui coûte le plus cher dans une entreprise? La masse salariale. Donc, inévitablement, l'entreprise tend à la réduire.
Dans la masse salariale, qu\'est-ce qui coûte le plus cher? Ce sont les vieux (comme nous!) donc on les vire, et surtout, on ne va pas les réembaucher...
Si, au lieu de considérer seulement le coût, on considérait aussi l\'apport, le résultat serait sans doute différent.
J\'ai la prétention de croire qu\'une personne de plus de 50 ans, avec son expérience, apporte plus à une entreprise que simplement sa force de son travail.
On constate de plus en plus que ce qui est important pour l\'entreprise, c\'est de vendre, quelle que soit la qualité, (ou plutôt son absence). Notre problème à nous, les séniors, c\'est qu\'on a plutôt tendance à vouloir produire de la qualité (donc niveau d\'exigence plus élevé, donc plus de travail, donc plus long, donc moins rentable).
Tant que des mesures coercitives ne seront pas prises pour les forcer à nous embaucher, ce sera le statu quo.
Le changement ne viendra pas des politiques. Ils sont figés sur leurs certitudes, incapable de se remettre en question. Á moins qu'ils n'aient des intérêts à agir ainsi, et que leurs interventions ne soient que de la poudre aux yeux pour calmer une éventuelle mauvaise humeur de la plèbe. Je crains fort que le changement ne doive venir d'une grosse pression de la rue (euphémisme).
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Il était évident avant même de communiquer toute direction d\'intention que ce dossier sénior allait aboutir à un échec: car l\'axiome politique de départ était faussé :
(Quick + dirty)x showbizz =sheat at the end
Que va t\'on faire des dossiers déposés?
- une statistique roborative pour des fonctionnaires de cabinet ministériel ou pour des consultants.
- ou nommer une commission d\'examen avec experts à forte valeur ajoutée pour eux mêmes.
-ou finalement un outil d\'étude pour une nouvelle taxe en 2011.
- ou comble de fortune les trois à la fois.
Dans tous les cas, affaire à suivre car les caisses se vident à vue d\'oeil et quelques miettes reprises aux pigeons de Marianne au passage ne déplairaient pas à Bercy.
Par ailleurs je ne suis pas d\'accord avec Mme Di Pasquale,rédactrice de l\'article,car l\'objectif EST et RESTE l\'action pour relancer l\'emploi des séniors et même une taxe si elle avait été instaurée et perçue par la suite, n\'assurait pas de moyens supplémentaires fiables et concrets pour aider les séniors.
Souvenons nous du passé de certaines taxes, car la parole du politique est à effet de serre, elle crée des trous dans les caisses de l\'état pour une soi disant relance des entreprises françaises: aide à l\'investissement, à la recherche et au développement,et autre lobbying hérité de notre capitalisme bien fêteur ou bienfaiteur : au choix !
Rassurez vous la décimation telle que le pratiquait les Romains en cas de défaite et dont Darcos a fait l\'objet, n\'a pas tué l\'empire,ni stoppé les jeux du cirque.
( message à consommer sans modération).
Dominique Piskorowski-Malaquin
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