Jeunes, diplômés, chômeurs ou déclassés : des neets et des limbos
Profil de "neet" ou tête de "limbo"

À chaque époque ses petits noms. À chaque période sa manière de désigner les « jeunes », les habitants de cette lointaine planète étrange et inconnue. Avant, quand tout allait bien ou mieux que maintenant, on les traitait de Tanguy, de génération X ou Y. On évoquait un trait de caractère, une façon d'être, mais toujours leur manière de se définir par rapport à leurs aînés. Terminé.
Aujourd'hui que les choses se crispent, on voit surgir de nouveaux sobriquets, qui définissent uniquement les 15-24 ans dans leur rapport au travail. Ils sont devenus « neets » ou « limbos », sont chômeurs ou déclassés. « Neets », l'acronyme de « neither in employment nor in education or training », peut se traduire gaillardement par « ni salarié, ni étudiant, ni stagiaire ». On avait repéré les premiers neets il y a quelques années déjà au Japon, mais ce n'était alors qu'un petit groupe plutôt marginal. En réaction à leur éducation, à la pression nipponne sur la compétition à l'école puis au boulot, ils avaient décidé par eux-mêmes de tout arrêter.
Sauf que les nouveaux neets, évoqué par John Martin, directeur de l'emploi à l'OCDE n'ont pas choisi leur statut. Pour cet observateur, ils seraient 22,3 millions, soit 12,6% des jeunes vivants dans les trente pays plutôt riches répertoriés par l'organisme. Pas rien.
Surtout si l'on met ce pourcentage en parallèle avec le taux de chômage des 15-24 ans dans ces même pays, où il atteint 17,3%.
Bon d'accord, tous les jeunes ne sont pas totalement désœuvrés et sans le début du moindre bagage scolaire. Il y a aussi les « limbos ». C'est le sociologue Louis Chauvel qui a détecté le phénomène et l'a décrypté pour le quotidien La Tribune. Pour lui, c'est la « génération des limbes », émergeante aux Etats-Unis. Ce qui la distingue des autres jeunes ? Leur « over-qualification » universitaire. Et leur déclassement social. « Ils ne trouvent pas d'autres jobs que celui de "bar manager" ou de "MacDo specialists". »
Alors, devant la montée de ces phénomènes, ces scrutateurs de la jeunesse exhortent les gouvernements à s'en occuper. Certes, ils ont d'autres chats à fouetter, d'autres urgences à résoudre ces temps-ci, plutôt que de se concentrer sur un faible pourcentage de la population. Mais ils devraient observer de plus près le mouvement des indignés Espagnols, comme celui de leurs cousins Israéliens. Ils devraient même étudier de plus près les récentes émeutes anglaises. Et se demander de quel bois se chauffaient les jeunes qui y ont participé.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 19 septembre 2011
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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr

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un exemple ?
www.kapstages.fr
cochez "+ 2 mois", contrat "stage" en "France " et "non rémunéré". 62 offres. exemple logica recherche un agent supply chain + 2 mois. non rémunéré. A Toulouse. Logica a mis plusieurs offres dans les mêmes conditions. Comment peut on laisser publier ces offres illégales après parution d'un décret ?
Heureusement la Bourse s'effondre. Heureuse nouvelle. "Faites des etudes longues, des concours, bossez". Finalement c'est plutôt "Diplomé ? Fuyez la France. On ne veut pas de vous pour un emploi. Que pour des stages et souvent illégaux". Tant mieux, on ne paiera pas ses impots ici.
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Très intéressant et révélateur de l'état dans lequel est notre société, qui a bien besoin d'être réenchantée.
Quand les jeunes ne se voient pas d'avenir, qu'ils ne peuvent accéder à des postes qu'après de multiples stages ou postes sous payés et qu'ils seront mis dehors à 50 ans car obsolètes, on les comprends.
Quel bel avenir. comme chantait Kent. Alors oui je pense qu'il de notre devoir de dire quel société nous voulons pour nous et nos enfants et d'arrêter d'accepter que l'on nous impose de payer pour les incompétences de ceux qui sont au pouvoir (politiques, banques, FMI, agence de notations...)
les jeunes en adoptant ces attitudes ne sont ils pas les plus sains dans cette histoire, ils ne nous renvoient qu'à ce que nous n'avons pas su faire, pas su voir, pas su leur transmettre, l'envie d'avoir envie et la possibilité de se projeter dans un futur de possibles.
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