Lien entre natalité, travail des femmes et chômage
Quand la natalité va, tout va ?

C'est une énorme claque aux ravis d'un temps jadis où ces dames restaient majoritairement à la maison pour élever leurs enfants et attendre le retour du mari travailleur et aimant. Car selon ces rétrogrades, femme qui travaille n'enfante plus, ou beaucoup moins qu'avant. Sauf qu'une étude de l'Ined (l'Institut national d'études démographiques) vient de les renvoyer au placard de leurs jugements à l'emporte-pièce.
Car, si l'on en croit le document publié par ses chercheurs, c'est l'exact contraire. A partir du milieu des années 90, la fécondité a augmenté en France et dans la plupart des pays de l'OCDE (les 30 contrées les plus riches, donc). Des pays où, justement, les femmes sont majoritairement actives. C'est notamment vrai en France, ou plus de 65% de représentantes de la gente féminine sont au boulot, ce qui ne les empêche pas d'avoir, en moyenne, près de deux enfants chacune.
Du coup, à la lecture de ces étonnantes statistiques, on ne peut s'empêcher de regarder d'un autre œil les différentes politiques familiales appliquées ou envisagées. D'un côté, certains souhaitent mettre en place une forme de rémunération pour les femmes au foyer, quand de l'autre, d'aucuns voudraient plutôt développer les modes de garde. Les deux politiques, diamétralement opposées, étant destinées à développer un peu plus encore la natalité.
Selon l'Ined, la deuxième solution s'impose bien évidemment.
Mais cette étude soulève un autre problème et c'est Frédéric Lefebvre qui s'en est emparé, à sa manière. Le secrétaire d'Etat au Commerce justifiait, le mois dernier, le haut niveau de chômage actuel, par « le fort taux de natalité, beaucoup plus important que dans beaucoup d'autres pays ». Une déclaration qui a provoqué un tollé à gauche et un « no comment » qui en dit long à droite.
Pourtant, l'ex porte-parole de l'UMP n'a pas tort. Selon l'Ined, le taux de natalité en France a commencé à remonter au début des années 90. Et ces enfants des nineties sont précisément ceux qui débarquent actuellement sur le marché du travail. Sauf que, si Frédéric Lefèvre pointe du doigt une des nombreuses causes du taux de chômage, il se garde bien de livrer une solution au problème.
À moins que, pour lui, l'un des remèdes à la crise et au manque d'emplois qu'elle engendre, consisterait à réduire la natalité en France. Si elle est avancée, cette solution risque de provoquer un tollé à côté de laquelle sa déclaration précédente passera pour un aimable discours d'inauguration de kermesse à l'école primaire des petits oiseaux.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 3 octobre 2011
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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr



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Je souhaiterais avoir plus de précision sur la phrase suivante : "C'est notamment vrai en France, ou plus de 65% de représentantes de la gente féminine sont au boulot, ce qui ne les empêche pas d'avoir, en moyenne, près de deux enfants chacune." En effet, dans le paragraphe son sens est ambigu. Car si plus de 65% des femmes ont un emploi professionnel et que l'indice de fécondité moyen des femmes est d'environ de 2 (ce qui ne renouvelle toujours par les générations malgré l'apport conséquent des familles françaises d'origine immigrée) cela ne signifie nullement que l'essentiel de cette fécondité est assumée par les femmes ayant un emploi. D'autant que ce sont peut-être des femmes qui travaillent mais qui ont arrêté pour élever un temps leurs enfants. Pour être plus clair, il faudrait des chiffres montrant l'importance de la part des femmes avec emploi par rapport aux femmes restant à la maison qui ont 2 enfants au moins.
D'autre part encore faudrait-il savoir dans quelles conditions ces femmes élèvent leurs enfants. Mon expérience et certains chiffres soulignent en effet la part croissante de femmes travaillant par obligation (suite à un divorce) pour élever seul leur progéniture (les fameuses familles monoparentales). Il faudrait distinguer donc aussi entre les différents types de femme avec emploi. Est-ce cela que l'on veut encourager ?
Ne pensez pas que je conteste, non j'éprouve seulement la valeur des dires. Cette question m'intéresse beaucoup.
Une autre chose encore : un certain nombre de femmes travaillent par obligation (pour cause de bas salaire, y compris celui du mari) alors qu'elles préfèreraient rester à la maison le temps d'éduquer leurs enfants (au moins les trois premières années). Or, avec une "rémunération de femmes au foyer", c'est à dire la prise en compte de la valeur économique de leur engagement auprès de leurs enfants, elles pourraient faire un vrai choix. Ce qui d'autre part pourrait participer - durant la période de non-emploi - à une diminution du chômage dont vous parlez. Au moins pour celles qui le désirent.
Merci. Marie-Laure
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"Selon l'Ined, le taux de natalité en France a commencé à remonter au début des années 90. Et ces enfants des nineties sont précisément ceux qui débarquent actuellement sur le marché du travail."
C'est un peu facile de faire dire ce que l'on souhaite aux chiffres... car dans le même ordre d'idées on pourrait dire que la raison du chômage vient du baby-boom et du fait que ces vieux s'accrochent à leurs postes.
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Donc si je comprends bien l'analyse, il y a maintenant un double problème : trop de naissances pour pas assez de travail, donc plus de chômeurs, moins de travailleurs, et toujours plus de retraités...
Y a pas un gros gros gros problème là ?
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L'examen des données anciennes montre que les femmes représentaient 37% de la population active en 1901, qu'en dehors des périodes de guerre cette proportion à décru jusqu'à environ 28% dans les années 60 puis est repartie à la hausse pour atteindre aujourd'hui 47% (dont 15 à temps partiel).
Il faut rappeler aussi qu'en 1901 hommes et femmes travaillaient dès l'âge de 12 ans 10 heures par jour, 6 jours par semaine, 52 semaines par an et qu'il n'y avait alors pas de temps partiel. Alors il faut nous lâcher avec des clichés du genre « autrefois les femmes ne travaillaient pas » aussi bien qu'avec les niaiseries du style « pour réduire le chômage, renvoyons les femmes dans les foyers. »
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Je suis ravie d'apprendre la nouvelle. En souhaitant toutefois que les mentalités des entreprises évoluent majoritairement pour aider une employée à concilier sa vie de mère. Certaines solutions ont déjà été développées. Une crèche dans l'entreprise, un temps partiel à 80% (histoire d'avoir les mercredis de libre pour garder les enfants),une plage horaire flexible (commencer plus tôt et finir plus tôt), des avantages financiers par le fonds social (CE) pour favoriser les départs en vacances, l'inscription à un club de sport etc. Qui connait d'autres solutions ?
Merci,
Mélanie
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