Le documentaire La gueule de l'emploi fait le buzz : Cadremploi
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Le documentaire La gueule de l'emploi fait le buzz

Qu'est ce qu'elle a ma gueule de l'emploi ?


Depuis sa diffusion sur France 2 jeudi dernier, le documentaire « La gueule de l'emploi » fait le buzz. Et pas seulement sur le site de la chaîne, où le film de Didier Cros est toujours visible. Mais, depuis trois jours, le landerneau bruisse, les réseaux sociaux résonnent et les recruteurs s'écharpent. Résumons donc de quel bois se chauffe ce beau monde.

Une grande enseigne du monde de l'assurance a autorisé le réalisateur à poser ses caméras pendant deux jours pour filmer, in extenso, une session de recrutement collective pour un poste de vendeur. C'est un cabinet qui se charge de l'opération, assisté par des cadres maison. Face à eux, une dizaine de candidats, qui au bout de deux jours, ne seront plus que deux. Ceux qui seront embauchés.

Évidemment, le doc se transforme rapidement en un remake encravaté d' « On achève bien les chevaux » dont le but est d'éliminer les autres. Tous concurrents afin de décrocher le job, se montrer agressif pour se montrer meilleur vendeur, et prouver que le commercial est un loup pour le commercial.

Évoquant le film, Alain Gavand, dirigeant d'un cabinet de recrutement bien connu pour ses prises de position anti-discrimination, n'y va pas avec le dos de son clavier lorsqu'il en parle sur son blog. Son billet est carrément titré « La gueule de l'emploi ou le recrutement obscène ». Difficile de faire plus explicite. S'ensuit un flinguage en règle des méthodes de recrutement utilisées dans le doc. Comme cette antédiluvienne technique qui consiste à demander à un candidat de vendre un trombone.

Et c'est vrai que cette pratique n'a plus cours dans les RH « modernes» depuis la bataille de Bouvines. Alain Gavand évoque aussi un autre exercice, qu'il juge « lamentable ». Il consiste, tout simplement, à vendre son voisin. Et de rappeler que « l'un des candidats, métis de son état, racontera au réalisateur que cette épreuve l'a mis mal à l'aise au regard du passé esclavagiste ».

Devant ce type de réactions, celle d'Alain Gavand comme de l'ensemble de la presse et des internautes, on se dit que l'assureur et son cabinet RH doivent accuser le réalisateur Didier Cros de tous les maux : de désinformer, de déformer leurs propos et leurs intentions. Pas du tout. En fait, son film a tout d'abord été diffusé sur la RTBF, la chaîne publique belge. Tollé général outre-Quiévrain. L'auteur a raconté au Monde les réactions de l'entreprise et de son prestataire après cette première salve. « Ils ont pensé que j'avais manipulé les images. Mais lorsque je leur ai projeté le film, avant la diffusion sur France 2, ils ont été... rassurés ! »

Signe, s'il en est, de leur sentiment d'être dans le vrai. Dans une tour d'ivoire où ces méthodes sont normales, puisque selon leur lecture du monde où ils vivent et où ils travaillent, il doit en être ainsi.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 10 octobre 2011

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Commentaires

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Vos réactions
  • Philippe
    Bonjour, j'ai vécu ce type de recrutement en condensé sur une demi-journée pour une SSII (Société de Service en Informatique) pour un job d'ingénieur en clientèle (pas de commercial stricto-sensu)il y a quatre ans maintenant.

    A bientôt 30 ans d'expérience dans le secteur, je me suis auto-imposé la discipline lors des tests de présentation de ma voisine que je ne connaissais pas, des entretiens de groupe avec volonté de provoquer de la part des recruteurs,etc .. de conserver le cap, d'avoir le recul pour pouvoir aller au terme du processus à savoir l'entretien individuel qui s'est avéré décevant (salaire, exigences et conditions de travail minables).

    J'en retiens une satisfaction personnelle de résistance au combat, d'adaptabilité mesurée, le tout en étant bien conscient du côté "théatre" de guignol de la situation.

    Si j'avais eu à devoir "manger" en urgence, j'aurais accepté le job, c'est toujours çà de pris ...

    Au final, chacun ayant son réseau social étendu, je ne me prive pas de fusiller la-dite boîte dès que l'occasion se présente, par oral évidemment !

    Aujourd'hui, je zappe direct ce genre d'annonce imprécise; gain d'énergie,de temps,de finance,etc .. pour mon propre bénéfice.

    Bravo à ce reportage qui permet au vu et au su de tous maintenant de savoir !

    Cordialement,

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  • chipio
    je suis tellement écœuré et dégouté ...et ils traitent les salariés en poste de la même façon..;eh oui ... berck

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  • Lectrice du dimanche
    Très bon résumé. Mais ce que j'attends d'un édito c'est qu'il prenne position...

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  • yann
    @sardy, c'est complètement inadmissible ce qui vous est arrivé. Mais vous auriez dû protester et réagir selon moi. Dans le reportage que j'ai bien analysé, je trouve aussi que la plus part des candidats ne sortent pas de saint cyre ! La plus part ont prit tous ce qu'on leur a dit au premier degrès. Faux pas exagérer non plus ??? ils venaient pour un pose de vendeur et après ils se demandent pourquoi on leur demande de vendre leur voisin (certain l'ont prit au premier degrés) ou des trombones..les seuls personnes qui s'en sont tirés sont l'ancien manager de 50 ans de la fin et la jeune femme. Mais là aussi j'ai trouvé que cet homme faisait tous ce qu'on lui demandait tout en étant conscient de ce qu'il subissait..ridicule, il joue et il critique. si tu aimes pas, tu joues pas. La femme elle a eu le job mais je trouves qu'elle est apparue comme soumise finalement. Moi je trouves que la plus part on manqué d'audace et de courage. Même si on veut un job à tous prix, nos limites sont personnelles et si l'employeur les dépassent alors il devient important de le remettre à sa place et de lui dire. moi j'ai toujours fonctionné comme cela et je n'ai jamais laissé un employeur ou un entretien me laisser un goût amer. J'ai toujours répondu dans le moment ou j'ai pensé qu"il fallait que je le fasse. Globalement j'ai trouvé tous ces candidats bien naïfs même si parfois ils disaient beaucoup de choses justes.

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  • Alex
    Pour être embauché, j'ai connu exactement ca il y a 15 ans. Ensuite j'ai assisté mes chefs lors des entretiens d'embauche. C'était nauséabond. J'ai aujourdhui encore des remords en y repensant. Le rapport de force est trop fort. J'ai adoré quand les jeunes ont commencé a refuser ces types d'entretiens. Les meilleurs embauchés étaient ceux qui ridiculisaient nos méthodes de recrutement. Bravo à ces jeunes.

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  • Maxwell
    ce documentaire m'a pour ma part profondément révolté sur les méthodes ainsi que l'attitude abject de l'ensemble des pseudo recruteurs...
    Je salue l'attitude des deux candidats qui ont eu le courage de partir dés le début.
    Je trouve pour ma part que ces methodes nivellent l'entreprise vers le bas... on prefere la médiocrité au mérite... l'opportunisme des pseudos manager de profiter de leurs position pour tenir une attitude suffisante et irrespectueuse a l'égard des candidats.
    c'est sur, Gan n'aura pas 1 centime de ma part.
    Jamais je ne serais client de tel entreprise qui adoptent de tels pratiques...

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  • dream31
    Je n'ai rien vu de trés nouveau dans ce reportage, cela m'a plutôt amusé car cela m'a rappelé des souvenirs.A prés de 50 ans , je crois que je pourrais écrire un livre sur ce sujet mais je dirais en substance que pour moi , les ressources humaines donnent dans les ressources et peu dans l'humain.

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  • Martin R
    Bonjour Michel C, je n'ai pas vu le reportage non plus et je ne suis pas recruteur.
    Mais que dire des recruteurs qui passent des annonces et font passer des
    entretiens alors qu'il n'y a aucun poste à pourvoir, simplement pour montrer
    aux concurrents que l'entreprise se porte bien ? ou alors pour se constituer
    une base de cv ?
    Que dire aussi de ces recruteurs qui parsent les cv des jobboards (monster et
    compagnies) en faisant leur recherche sur 2 ou 3 mot-clés et qui envoie
    plusieurs milliers d'email aux cv qu'ils ont trouvé par cette méthode alors
    qu'à peine une dizaine de cv correspond réellement au poste ?
    Que dire de ces recruteurs qui sont capables de faire se déplacer un
    candidat de plusieurs centaines de kilomètres alors qu'ils savent
    pertinemment qu'il n'y a aucun poste à la clé ?

    Vous savez Michel C, chacun a sa vision des choses ...

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  • Michel C
    Je n'ai pas vu le reportage, mais je suis recruteur.

    Pour revenir sur certaines pratiques, il est clair que pas mal de personnes sont restés sur des basiques d'il y a 30 ans. pour certains, le recrutement n'a pas évolué avec la société.

    Ensuite pour les annonces republiées, il faut savoir que maintenant, avec l'essor d'Internet, il est facile de postuler. et donc pour une annonce, vous avez 50 retours, dont 48 qui ne correspondent pas du tout au poste, mais auquel les gens ont répondu car il y avait un mot qui les intéressaient dans le descriptif. donc oui, obligé de repasser l'annonce pour avoir 5 candidats intéressants. ceci soit dit, les annonces sont plus dorénavant de la communication externe, parce qu'elles ne rapportent pas de bons profils.

    et tant qu'on y est (je défends un peu ma profession), les candidats qui ne viennent pas sans prévenir (je suis en train d'en attendre un au moment où j'écris, 14 minutes de retard), ceux qui arrivent en retard sans s'excuser, et ceux qui viennent les mains dans les poches juste pour "tester" les marchés, on n'en parle pas.

    Je suis d'accord qu'il y a des abus dans le recrutement d'aujourd'hui, mais il ne faut pas forcément faire d'amalgame.

    bon courage à ceux qui cherchent (pour info, les clients des cabinets de recrutement payent leurs services, donc ils sont forcément plus exigeants...)

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  • sardy
    pharmacienne de métier j'ai subi pire.J'ai prise le train de grenoble pour un entretien à Bourg Saint Maurice pour un poste dans une chaîne de para multinationnale.Mon RDV était à 11 heures.J'ai dû attendre aprés 2 autres candidats au milieu du magasin, le recruteur était en retard.Il faisait chaud, Je suis passée à 13 heures.Sans rien me dire, le recruteur avait installé une chaise à moitié cassée et m'a demandé de m'asseoir.Je me suis retrouvée par terre; Je me suis relevée;Le recruteur continuait l'entretien sans me regarder et regardait la fenêtre.J'ai su plus tard qu'il voulait tester ma capacité à dire non, mais il aurait pu au moins m'aider à me relever.Par ailleurs, mon billet de train ne m'a jamais été remboursé.Jusqu'à ce jour cette boîte cherche toujours des candidats.

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