Le débat sur les 35 heures lancé par Manuel Vals fera-t-il pschitt ?
Qui veut vraiment la peau des 35 heures ?

Ah le beau sujet clivant que voilà . La gauche pour et la droite contre. Sauf que pas du tout. Sauf que, dès que l'on dit « 35 heures », les rangs se dispersent. « 35 quoi ? » Il n'y a plus personne, ni petit ni grand patron. Pourtant, on se disait bêtement que toutes les entreprises françaises étaient vent debout contre les lois Aubry, les RTT et tout le toutim. Mais à lire et écouter leurs représentants, elles s'accommodent plutôt pas mal de ces textes-là , et ne sont pas particulièrement attachées à les « déverrouiller », comme Manuel Valls, du PS, l'a évoqué.
Au Medef, Laurence Parisot joue à la chef indienne et se montre d'une prudence de sioux. « Le thème de la durée du travail n'est pas à l'ordre du jour de l'agenda social 2011, » s'est-elle contentée de déclarer. Et de souligner dans un communiqué, « qu'il faut faire confiance aux partenaires sociaux » dans ces domaines. En gros l'Etat, donc la loi, n'a pas à s'en mêler.
Une réticence à l'abrogation quelque peu surprenante. Sauf si l'on se place du point de vue des grands industriels français, gros cotisants du Medef. A l'instar de Renault et PSA, qui risquent de connaître une année 2011 plutôt difficile. Et quand il y a moins de voitures à fabriquer, mieux vaut avoir des effectifs travaillant pendant 35 heures par semaine, plutôt que 39. C'est toujours ça d'économisé en chômage technique.
Un problème qui ne se pose pas dans les PME où, c'est connu, on déteste les 35 heures. C'est ce que l'on croyait, jusqu'à ce que Jean-Eudes du Mesnil confie au Figaro que « revenir sur les 35 heures consisterait à revenir sur les allégements de charges sur les bas salaires et les PME n'en ressortiraient pas gagnantes. » Allons bon.
Mais il y a bien des opposants quelque part à ces fameuses lois ? Du côté de la fonction publique, bien sûr. L'on sait depuis 10 ans que la durée de travail hebdomadaire a enrayé, notamment, le bon fonctionnement du système hospitalier. Alors qui va remettre en cause ces bonnes vieilles 35 heures dans le public ? La CGT pardi. Mais ce serait pour le syndicat la plus sûre façon de se tirer une balle dans le pied et de voir tous ses cotisants du privé renvoyer leur carte au siège de la Porte de Montreuil. Et comme d'ici peu, les syndiqués risquent d'être plus nombreux dans le privé que dans la fonction publique qui ne va qu'en diminuant, on comprend la réticence.
Et les cadres, alors ? Voilà des salariés qui n'ont jamais travaillé 35 heures par semaine, et qui voient leurs collaborateurs déserter le bureau à 18 heures. Ils ne peuvent donc pas approuver cette durée hebdo de boulot. Sauf qu'elle leur garantit leurs RTT à eux, huit, dix ou douze petits jours par an auxquels ils sont plus attachés encore qu'à leur téléphone mobile. C'est leur seule compensation aux horaires à rallonge. Pas question donc de la supprimer.
Mais alors, qui veut vraiment la peau des 35 heures ? Un Manuel Valls qui a besoin d'exister face à DSK et un Jean-François Coppé qui se doit de grandir face à Nicolas Sarkozy. Et depuis huit jours, on a comme l'impression qu'ils sont un peu seuls au monde.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 10 janvier 2011
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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr


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"Oui, mais vous êtes cadre, vos ouvriers sont ravis, eux !". Ah ! Première nouvelle ! Comme ils ont tous des petits salaires (et oui, comme les clients ne veulent pas payer, dans ce monde mondialisé, le VRAI prix du MadeInFrance), ils gagnent bien plus à faire des heures supplémentaires, majorées et exonérées d'impôts. D'aucun dirait que, justement, ils gagnent plus avec les heures supplémentaires. Certes. Sauf qu'on a redescendu la moyenne annuelle de 40 heures/semaine en 2008 à 37h/sem en 2011. Alors après, vous comprenez qu'ils viennent me voir pour, au choix, a) me dire qu'ils souhaitent qu'on travaille plus, b) qu'ils n'ont même plus assez à gagner pour vivre sans compter sous à sous, ou encore que c) en 10 ans, MALGRE les augmentations annuelles, ils gagnent moins ! (moins d'heures sup & moins de souplesse = moins de sous à la fin de l'année).
En plus, eux, (la chance!) avait droit à des repos compensateurs. La comptable et moi même nous arrachions les cheveux pour faire les plannings, mais au moins, ils n'avaient pas de sous, mais ils avaient du temps. Ces repos compensateurs ont étés supprimés l'année dernière.
Non vraiment, tout le monde a à gagner à faire sauter ce carcan. Les cadres ne travailleront pas plus, mais pas moins, les ouvrier gagneront plus à travailler plus, et au moins, on fera tourner l'économie.
Le travail n'est pas un gâteau à se partager, d'une taille fixe et rigide. Le travail est une BULLE DE SAVON qui GONFLE avec la valeur ajoutée par le TRAVAIL INDIVIDUEL. Plus de gens travaillent, plus ils ont d'argent, plus ils en dépensent. (et réciproquement !) Il n'y a rien d'illogique là dedans, uniquement des hypothèses fausses.
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Source:
http://www.ddtefp57.travail.gouv.fr/inspection/presentation/historique/evolution_duree_travail.htm
source originelle: http://www.ilo.org
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Les 35h n'ont pas leur place sur la scène internationale et expliquer à un investisseur étranger qu'un cadre en France a jusqu'a 50 jours de congés est impossible (même s'il travaille 70h par semaine). Enfin, le chômage n'a jamais baissé, le coût du travail explose, la compétitivité chute (je ne parle pas de productivité mais de compétitivité), le code du travail toujours plus illisible au point d'être un frein à toute décision de créer une entreprise en France. Bref, les 35h n'ont rien apporté de bon.
Certes une minorité a plus de temps pour aller chercher les enfants à l'école (le bonheur), mais une majorité rame soit faute de travail, soit faute d'augmentation de salaire depuis 2000.
Une fois n'est pas coutume, on veut le beurre et l'argent du beurre. Résultat, on n'a ni l'un, ni l'autre.
Sinon, tout va bien
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Bref, encore un sujet purement politique qui alimente surtout les flambées médiatiques. Et sans doute les fous rires cachés de notre président.
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Ce qui fait que cela ne peut changer, c'est que beaucoup de sociétés et d'institutions s'y retrouvent, a commencer par l'Etat français. C'est ainsi que l'on crée du PIB à mauvais compte. Plus il y a d'intermédiaires et plus il y a de PIB, plus il y a de taxes et plus les intermédiaires et l'Etat s'enrichissent. Plus la France s'appauvri !
En atteignant la limite de la concurrence mondiale, la réaction économique de notre société face à la nouvelle concurrence "mondialisée" c'est de délocaliser l'activité (donc le travail)dans ces pays à bas coût de main d'oeuvre afin de continuer a faire les mêmes profits, avec la bénédiction de l'Etat français.
Par conséquence, le coût du chômage pèse encore plus fortement sur les entreprises qui ont choisi ou n'ont pas pu délocaliser. Il n'y a pas de cercle vertueux. La limite de cette fuite des responsabilités c'est l'explosion de notre société, car les grands perdants ce sont les ressources productives du pays, c'est à dire les travailleurs quand ils ne pourront plus percevoir de subsides (anti-révolution) des caisses de solidarité nationales!
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