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Qu'il fait bon être jeunes dip, quinquas ou universitaires ces temps-ci


D'accord, pendant la trêve des confiseurs, faut pas gâcher la fête, faut pas la ramener avec des nouvelles déprimantes et des statistiques dégringolantes. Mais de là à repeindre le tableau conjoncturel en rose Barbie, il y a comme un fossé que certains franchissent d'une enjambée légère et altière. Invité à tchater sur le site de la Tribune, le directeur général de l'Apec (Agence pour l'emploi des cadres) en a fait un maximum pour rassurer les internautes. Cadres jeunes et vieux, en poste ou pas, soyez tranquilles : tout va bien. C'est simple, plus de bonheur, ce serait indécent.

Lorsqu'un tchateur interpelle le DG sur les difficultés supposées des quinquas à trouver un job, la réponse fuse, rapide comme un bouquet de roses en livraison express : « dans ce contexte de crise justement les employeurs découvrent l'intérêt de l'expérience, il y a une prime pour les 20 ans d'expérience ! Profitez-en. Valorisez-vous et oubliez les jeunes ! » Et d'ailleurs, ajoute Jacky Chatelain à l'adresse d'un autre internaute, « Ils sont moins licenciés que les autres ». Pour la simple raison qu'ils coûtent plus chers à licencier que les autres. Mais le boss de l'Apec passe déjà au suivant.

À celui qui se fait du mourron pour les jeunes diplômés qui recherchent un premier emploi et seraient en proie à « une forte désillusion », il répond : « les jeunes diplômés restent confiants. Ils sont d'ailleurs très enthousiastes quant à leur projet dans notre Booster Tour (du nom des salons Apec dans 8 villes de France, NDLR). » Etre jeune issu d'une école de commerce ou d'ingénieur et chercher un job en 2009, c'est donc super sympa. C'est tout aussi chouette d'être bac + 5 universitaire, à la tête d'un master de sociologie Fu Manchu contemplative, puisque, selon le patron de l'agence, « il n'y a pas de formation inadaptée, il y a des employeurs qui n'ont pas encore compris que l'on n'embauche pas des formations mais des individus avec des compétences. » Les employeurs n'ont qu'à faire un effort, diantre. Et les candidats n'ont qu'à choisir les bonnes entreprises, saperlipopette. Comme ils se doivent de choisir les bons cabinets de recrutement.

C'est, en gros, ce que recommande le DG à celui qui se plaint de leur mépris : « notez les, et évitez les ». Donc, si d'aventure on tombe sur une offre béton, pile poil notre profil, on n'y répond pas si elle émane d'un cabinet « méprisant ». Pas grave, de toute façon, on n'a qu'à se baisser pour trouver un job. C'est tellement vrai que les jeunes dip. sont super enthousiastes rien qu'à l'idée d'arriver sur le marché du travail. Que les quinquas bénéficient de la prime à l'expérience. Et que les universitaires sont des individus, pas des formations à côté de la plaque. C'est vrai dans un monde idéal. Dans la vraie vie, c'est moins sûr.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - Lundi 21 décembre 2009

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr - 2009



Commentaires

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Vos réactions
  • jpeg
    Il est pas un peu agé, le monsieur, pour croire encore aux bisounours?

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  • IZARD
    Cet article donne une image utopique des choses.
    En recherche d'emploi depuis mai/juin de cette année, la cinquantaine, je n'ai pas trouvé de poste en adéquation avec mes compétences.
    La discrimination par rapport à l'âge existe, il ne faut pas se leurrer.
    J'ai plutôt ressenti que l'on recherchait plus de profils junior pour moins les payer.

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  • emmalomb
    Je pense que nous ne vivons pas dans le même monde, toutes les personnes que je connais qui sont sans emploi toutes à bac+5 sont en déprime. Nous cumulons tous des petits boulots garde enfants, sandwicherie, enquête téléphonique tous sans grand espoir pour notre avenir donc que vous soyez démagogue comme nos gouvernants soit, mais ayez au moins un minimum de décence envers les galériens qui ne sont pas de Neuilly sur seine mais les valent largement. Merci

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  • HEDDOUD Philippe
    Si Voltaire était notre contemporain, le maître à penser de Candide serait Monsieur CHATELAIN ! "Tout est au mieux dans le meilleur des mondes" ! Il est toujours plus simple de dire qu'il ne pleut pas lorsque l'on a les pieds au sec ! L'économie de marché mondialisée a profondément affaibli la valeur du travail et par assimilation celle de l'individu au sein de l'entreprise. Le déséquilibre qui en résulte sur le marché du travail ne peut trouver de réponse que dans la nouveauté ou dans la souffrance et la peine ! Soit la société génère une nouvelle économie nécessitant une revalorisation des besoins en main d'oeuvre, soit des événements catastrophiques d'origine humaine ou naturelle diminuent sensiblement les masses en augmentant les besoins ! Les grands discours de nos (pseudo) élites n'y changeront rien ! Malheureusement !

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