Réseau professionnel et carrière
Raymond, les cadres vous disent merci

Commerciaux fâchés avec les objectifs, ingénieurs sans résultats, financiers aux comptes de guingois, marketeurs sans idées et communicants sans voix, soyez rassurés. Votre avenir est tracé et votre carrière assurée. À condition de suivre l'exemple d'en haut, de celui qui a tout raté et qui conserve malgré tout son poste très envié : celui de sélectionneur des Bleus.
Les fans de foot le savent. Et les autres ne l'ignorent pas : Raymond la science a resigné jusqu'en 2010. Oui, Monsieur Domenech, ennemi public numéro un depuis la formidable déculotté de l'Euro reprend du service pour le Mondial 2010. Alors que la France entière réclamait sa démission. Comment, après un résultat plus que médiocre, le peut-être futur mari d'Estelle Denis a t-il pu être reconduit dans ses fonctions pour deux ans, une éternité pour un entraîneur ? Mystère et ballon rond, puisqu'on ne sait pas grand-chose des tractations qui ont dû se dérouler entre la FFF (Fédération française de foot), la LFP (Ligue de football professionnel), la DTN (direction technique nationale), l'UEFA de l'ami Platini, et pourquoi pas le Pentagone bushiste et l'ex-KGB poutinien.
On se doute, en tout cas, que le coach des Bleus n'a pas ménagé ses efforts pour activer ses divers réseaux et faire suffisamment de lobbying pour arriver à ce score qu'il n'a jamais obtenu, ni en tant que joueur, ni en tant qu'entraîneur : 19 à 1. Dix-neuf membres du Conseil fédéral ont voté pour son maintien et un seul s'est abstenu. Devant un tel plebiscite, on ne peut que s'incliner.
Et tenter de piquer au stratège quelques idées pour les recycler et aider les cadres penchés sur leur plan de carrière. En premier lieu, ce que môssieu Raymond a semble-t-il parfaitement réussi, outre son sens aigu du réseau sus nommé, c'est à ne pas tout investir dans son job présent mais à miser également sur son avenir. Combien de temps, dans son plein temps, passe-t-il, à travailler son employabilité ? Un quart, la moitié, la totalité ? On ne sait pas. Même si ses résultats récents nous donnent une petite idée sur la question. Une tactique à méditer.
En matière d'objectifs et de résultats, le coach le plus détesté de France a réussi à convaincre ses employeurs, non pas grâce à ses scores obtenus le mois dernier, mais sur ceux qu'il compte décrocher en 2010, lors du Mondial Sud-africain. Une technique à creuser : le coup d'avance, l'échiquier fatal, façon Kasparov.
Autre point important et utile pour tout cadre encadrant : le choix des collaborateurs. Si les anciens joueurs de la période glorieuse, désormais sur la touche, dénigrent aujourd'hui le fiancé d'Estelle, les petits nouveaux, ceux qu'il a lui-même recrutés, ont la reconnaissance du ventre et le soutiennent, à l'instar de Franck Ribéry. Pouvoir compter sur son équipe en cas de coup dur est l'un des basiques du bréviaire de l'ambitieux.
Bon, évidemment, coach Raymond n'est pas non plus l'incompétent intégral que l'on décrit parfois. Il a tout de même réussi à qualifier les Bleus pour l'Euro et à les emmener en finale du Mondial 2006, ce qu'aucun sélectionneur n'avait réussi avant lui, hormis Aimé Jacquet. Encore un enseignement utile pour les cadres en mal de promotion : valoriser ses anciens acquis au maximum, les user jusqu'à la corde pour surfer sur la vague des changements et éliminer ses adversaires plus jeunes qui ne sont là que pour vous piquer votre poste.
Certes, le grisonnant ténébreux a été recadré. Il voit sa reconduction assortie d'une obligation de résultat. On lui demande, en plus, d'être gentil avec les journalistes. Mais qu'est ce que ces deux petits avenants à son contrat de travail, alors que 60 millions de Français tous persuadés d'être eux-mêmes les meilleurs sélectionneurs de l'histoire du football français étaient prêts à le lyncher ? Ce tour de force, car c'en est un que le phénix Domenech a réussi là , ne permettra peut-être pas aux Bleus de se qualifier pour la prochaine Coupe du monde. Mais il inspirera peut-être quelques cadres en disgrâce. C'est toujours ça.


* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.
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Je ne connais pas plus le foot que les 60 autre millions de Français et donc je pense qu'on devrait s'abstenir de porter ces types de jugement alors qu'on ne possède quasiment aucune information : Groupe de presions, sponsors, Etat sans doute, argent, supporters, entraineurs de club... Maintenant que Dodo soit un mauvais communicant c'est certain, mais est-ce que ça en fait un mauvais manager ?
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Ceci dis le commentaire de Xavier Plasson m'a bien fait rire...
Et puis tant pis on attendra 2010 dans l'hiver Sud-Africain ! Deschamps aussi attendra et peut-être même encore trezegoal, car j'ai bien peur que les erreurs d'hier soient celles de demain !
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Mais votre analyse est erronée.
En effet, M. Domenech a bien le 2è meilleur palmarès d'entraineur de l'équipe de France de football de tous les temps.
Je vous laisse imaginer si vous, dans la même situation, après un excellent résultat puis un mauvais, étiez licencié.
Notons aussi que le très bon résultat obtenu en 2006 (finale de coupe du monde) aurait pu être encore meilleur si le collaborateur vedette de M. Domenech (M. Zidane) n'avait pas commis un acte qui, dans un autre secteur économique, lui aurait valu: licenciement pour faute grave, peine de prison, amendes et dédommagements de la part des victimes (celui qui a reçu le coup, la Direction Technique Nationale qui a manqué un résultat et a pu avoir son image ternie, ses collègues qui ont perdu une prime et un gain sur leur carrière...).
Par ailleurs, les pires résultats d'entraineur ont été obtenus par:
1) M. Platini (1 non-qualifications + une élimination au 1er tour): il est aujourd'hui président de l'UEFA
2) M. Houllier (1 non-qualification): il est aujourd'hui Directeur Technique National. Donc, de très mauvais résultats ne ruinent pas forcément une carrière.
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"Comment, après un résultat plus que médiocre, le peut-être futur mari d'Estelle Denis a t-il pu être reconduit dans ses fonctions pour deux ans"
Il n'a pas été reconduit. Son contrat allait jusqu'en 2010 avant le Championnat d'Europe. Et son contrat ne pouvait pas être rompu, car si j'ai bien compris, c'est un CDD, beaucoup plus difficile à casser qu'un CDD.
Il pouvait démissionner mais il aurait alors réintégré la DTN sur un poste classique, à un salaire bien moindre.
La DTN aurait pu lui proposer de quitter son poste, mais il aurait sans doute fallu continuer à le payer au même salaire tout en recrutant un nouveau, sans doute payé au moins autant.
Donc, si on analyse comme vous le faites sur un plan strictement entreprise, la DTN a fait ce que beaucoup d'entreprises font régulièrement: conserver leur personnel qu'elle ne peut pas licencier quelque que soient leurs résultats.
Et le salarié a fait ce que nous aurions tous fais à sa place: il a défendu son intérêt personnel.
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